Le zona se présente comme une éruption douloureuse unilatérale sur une partie du corps, due à la réactivation du virus de la varicelle. Les principales complications du zona sont les douleurs très invalidantes qui peuvent persister des mois voire des années après l’épisode aigu. Explications du Pr Eric Caumes, infectiologue.

Définition : qu’est-ce qu’un zona ?

« L’herpès zoster est la réactivation du virus Varicella-Zona (VZV). La première fois que notre corps rencontre ce virus, généralement pendant l’enfance, il provoque la varicelle, une maladie généralement bénigne. Le virus reste à l’état latent dans les ganglions neurologiques sensibles et se réactive dans le territoire d’innervation du ganglion à l’occasion d’un stress, d’une diminution de l’immunité cellulaire, due notamment à l’âge, d’une immunosuppression… », définit le Pr Eric Caumes, infectiologue à l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris. « Cette maladie neurologique a une expression cutanée », précise le spécialiste.

Est-ce fréquent ?

Le zona est une maladie fréquente qui touche chaque année près de 300 000 personnes en France, souvent âgées de plus de 50 ans. Le zona touche une personne sur 10 de plus de 80 ans.

Quelles sont les causes du zona ?

Le zona est une maladie virale causée par le virus varicelle-zona (virus varicelle-zona ou VZV). Après une infection par la varicelle dans l’enfance, le virus peut être « dormant » dans certains nœuds nerveux et se réactiver sous forme de zona, plus souvent chez les personnes de plus de 50 ans. Plus une personne est âgée, plus elle est susceptible de développer un zona.

Le zona est-il lié au stress ?

Le zona n’est pas directement lié au stress. Mais un stress important peut être un déclencheur de la réactivation du virus zona-varicelle, tout comme d’autres causes d’immunité cellulaire réduite, comme le cancer, les traitements immunosuppresseurs, etc.

Quels sont les premiers signes d’un zona et quelles zones du corps sont concernées ?

La névrite, inflammation d’un nerf, est associée à une manifestation cutanée unilatérale localisée sur le territoire qui correspond au trajet du nerf et se manifeste par des lésions érythémateuses (rouges) avec des vésicules regroupées en bouquet dans un second temps. Chaque lésion forme une croûte puis se dessèche en deux semaines.

La zone située après la racine nerveuse affectée est douloureuse, avec des sensations de brûlure ou une perte de sensibilité. Une légère fièvre peut accompagner la lésion cutanée. La partie du corps la plus touchée est généralement un côté de la poitrine.

Le zona peut également toucher la région dorso-lombaire, le bas-ventre, le cou. L’herbe peut atteindre le nerf optique : c’est le zona ophtalmique. Elle se manifeste par des larmes, des yeux rouges, une sensibilité anormale à la lumière, des troubles visuels. « Les shinges peuvent atteindre d’autres paires de nerfs crâniens », ajoute le professeur Caumes.

Existe-t-il des zonas sans éruption cutanée ?

« Le zona sans rash, sine herpete, qui ne donne que des douleurs neurologiques est extrêmement rare », renseigne le Pr Eric Caumes qui précise que le diagnostic de ce zona sans rash est très difficile.

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Quels sont les symptômes du zona intercostal ?

La moitié du temps, le zona touche le thorax : c’est le zona intercostal. Elle est signalée avant l’apparition de l’éruption de la poitrine d’un seul côté, avec des sensations de brûlure. Ensuite, la plaie cutanée apparaît comme une tache rouge qui se couvre alors de cloques.

Est-ce une maladie contagieuse ?

Le zona n’est pas transmis. D’autre part, le liquide contenu dans les vésicules qui contiennent le virus Varicella-Zona, le zona peut donner la varicelle à des personnes qui ne l’ont jamais eue. Il faut donc éviter tout contact avec des personnes n’ayant jamais eu la varicelle, surtout s’il s’agit de nouveau-nés, de femmes enceintes ou de personnes immunodéprimées.

Quels sont les traitements du zona selon sa sévérité ?

« On ne traite pas tous les zona, et notamment chez les moins de 50 ans », rapporte le Pr Eric Caumes. En revanche, les personnes qui ont un zona après 50 ans, qui présentent d’autres facteurs de risque de complications ou de zona ophtalmique sont traitées par des antiviraux intraveineux ou oraux : aciclovir, valaciclovir. « Ces médicaments doivent être débutés le plus tôt possible dès l’apparition des symptômes, dans un délai maximum de 48-72 heures », précise l’infectiologue. Le but de ces traitements est de réduire la fréquence des complications et des douleurs post-herpétiques.

Comment soulager les douleurs ?

La douleur du zona peut être soulagée par des antalgiques courants (paracétamol associé à un opiacé).

La prise en charge des douleurs post-zostériennes repose sur les antidépresseurs à visée antalgique, les agonistes des canaux calciques, les agonistes opioïdes, l’application de capsaïcine sous forme de patch et de lidocaïne sous forme de plâtre.

Est-ce grave d’avoir un zona ? Dans quels cas consulter ?

Il est important de consulter car le zona peut être compliqué, surtout chez les personnes de plus de 50 ans, et les traitements peuvent réduire la fréquence des complications. « L’une des principales complications très fréquentes du zona est la douleur post-zostérienne ou la douleur post-zostérienne », indique l’infectiologue qui précise qu’au-delà de 70 ans on estime que 50% des personnes atteintes de zona souffrent de douleurs post-zostériennes.

« Ces douleurs post-zona sont très invalidantes et difficiles à gérer, comme toutes les douleurs, souligne le médecin. Les autres complications du zona sont principalement des atteintes neurologiques, la plus grave est la méningo-encéphalite, atteinte du système nerveux due au virus zona. La seconde cause de méningo-encéphalite après herpès », informe le Pr Caumes. Le zona peut entraîner des infections cutanées secondaires.

Le zona ophtalmique peut être compliqué par une cécité unilatérale.

Quels sont les bons gestes à adopter en cas de zona ?

Le professeur Eric Caumes vous recommande de ne pas gratter la lésion, de laver la zone atteinte avec de l’eau et du savon surgras. Des compresses d’eau froide sur la lésion peuvent soulager les démangeaisons.

Peut-on prévenir le zona ?

Il existe un traitement préventif du zona : le vaccin ZOSTAVAX. Ce vaccin à virus vivant atténué est recommandé pour les personnes âgées de 65 à 74 ans. Une seule dose est nécessaire. « Ce vaccin est efficace pour réduire la fréquence du zona, même chez les personnes qui en ont déjà eu, et pour réduire la fréquence des douleurs post-herpétiques », informe le spécialiste.

Entretien avec le Pr Eric Caumes, infectiologue à l’Hôtel-Dieu de Paris, novembre 2022.

Rapport du Conseil Supérieur de la Santé Publique : Vaccination des adultes contre le zona – Localisation du vaccin Zostavax® (en date du 25/10/2013, publié le 12/11/2013)