Pour ne pas se laisser berner par de fausses informations entre l’apéritif et l’inscription, franceinfo s’est penché sur quelques mythes.

« Faux Joyeux Noël (Nouvelles) » ? Certaines affirmations entourant la saison des fêtes sont en fait des légendes urbaines. Ces mythes pourraient très bien s’inviter lors de discussions autour du sapin de Noël ou de la dinde. Franceinfo a mené l’enquête sur sept idées reçues.

1Le sapin artificiel est plus écologique

A court terme, non. L’empreinte carbone d’un sapin artificiel est deux à trois fois supérieure à celle d’un vrai sapin de Noël. Selon une étude (en anglais) réalisée en 2009 par la firme québécoise Ellipsos, l’arbre coupé en forêt émet 3,1 kg de CO2, contre 8,1 kg de sa réplique en plastique. Cette différence est principalement due au transport. La quasi-totalité des sapins artificiels sont fabriqués en Asie, alors que la plupart de nos sapins naturels sont cultivés en France. De plus, contrairement aux versions synthétiques, les vrais sapins se recyclent très facilement, limitant encore leur impact environnemental. Surtout si vous avez opté pour un sapin naturel, cultivé près de chez vous, acheté avec son sac de recyclage.

Mais si vous avez déjà un sapin synthétique, ne le jetez pas tout de suite ! Quand on garde son sapin en plastique pendant au moins 20 ans, la tendance s’inverse, selon Ellipsos. L’utilisation d’un arbre artificiel devient alors une meilleure option pour limiter les émissions de CO2.

2Le sapin de Noël est mauvais pour la santé

Connaissez-vous le « syndrome du sapin de Noël », ou syndrome du sapin de Noël ? Le roi des bois vient parfois avec son lot de petits désagréments : nez qui coule, éruption cutanée, asthme. Les arbres naturels sont souvent coupés, transportés et entreposés plusieurs semaines avant d’arriver dans nos salles de montre. Pendant ce temps, ils peuvent développer des moisissures. Une fois à l’intérieur, ceux-ci peuvent provoquer une réaction allergique chez les personnes sensibles.

Plus rarement, les sapins peuvent avoir été en contact avec du pollen, ce qui peut également déclencher des réactions. Pour les personnes sujettes aux allergies respiratoires, il est conseillé de nettoyer le sapin avant de l’installer, et de le jeter rapidement après Noël pour éviter la prolifération des spores.

Quant à l’arbre artificiel en plastique, souvent en PVC (chlorure de polyvinyle), plusieurs études mettent en garde contre un risque potentiel d’exposition au plomb. « Bien que la plupart des sapins de Noël artificiels ne présentent pas de risque significatif d’exposition, dans le pire des cas, un risque substantiel pour la santé des jeunes enfants est tout à fait possible », conclut une étude américaine publiée dans la revue scientifique Journal of Environmental Health. 2005. Cependant, cette pollution n’est pas plus importante que pour tout autre objet en plastique présent dans une habitation.

3Le 25 décembre est le jour de l’année qui affiche le pire bilan carbone

Il est difficile d’isoler la pollution générée au cours d’une seule journée. Une étude réalisée en 2007 par le Stockholm Environment Institute (SEI) estime que les 24, 25 et 26 décembre représentent 5,5 % de l’empreinte carbone annuelle du Royaume-Uni. Selon les chercheurs, la consommation totale durant ces trois jours représenterait jusqu’à 650 kg de CO2 par personne : 26 kg pour la nourriture, 96 kg pour le transport, 218 kg pour l’éclairage et 310 kg pour les cadeaux. Cette empreinte carbone est attribuable à une surconsommation généralisée, mais aussi à beaucoup de déchets. Les nombreux cadeaux non désirés reçus le jour de Noël représentent à eux seuls 4,8 millions de tonnes de CO2 au Royaume-Uni.

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L’étude propose des moyens de réduire votre empreinte carbone pendant les vacances. Il faut par exemple opter pour des guirlandes LED, plus économes en énergie, prendre le train plutôt que la voiture, faire attention au gaspillage alimentaire et surtout acheter moins de cadeaux.

4Les prix baissent juste après Noël

C’est la peur de certains : faire de mauvaises affaires pour les vacances. Pour accomplir le rituel des cadeaux, achète-t-on des produits au prix fort qui seront moins chers le lendemain de Noël ?

Ce fut le cas en 2019, selon une étude du comparateur de prix Idealo. Le phénomène est désormais moins prononcé, en raison de l’inflation, mais aussi « des problèmes d’approvisionnement et des pénuries de semi-conducteurs résultant de la pandémie de coronavirus ». », explique Anna Perret-Silberberg, responsable de la communication chez Idealo, à franceinfo.

Pour Noël 2021, les prix ont en effet été « assez stables » entre mi-décembre et le début des soldes, même si une tendance à la baisse a été constatée « début janvier », analyse Anna Perret-Silberberg. Franceinfo a pu constater cette relative stabilité des prix dans une autre étude en la matière réalisée par le site Le Dénicheur. Le comparateur de prix a analysé plusieurs milliers de produits proposés à la vente en ligne, dans les secteurs de l’électroménager, de la mode (chaussures) et de la technologie (informatique, téléphonie, image et son, etc.). Le périmètre de l’étude porte sur un panel fixe de produits entre novembre 2021 et janvier 2022, excluant donc les nouveaux produits mis en vente entre-temps.

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Dans les jours avant et après Noël, « on va observer pour la première fois une première baisse des prix fin novembre qui correspond au Black Friday », analyse Romain Gavache, directeur de Price Finder. « L’indice mondial des prix a augmenté rapidement en décembre, bien qu’il soit resté à un niveau inférieur aux prix du Black Friday. » Après Noël, les prix ont fluctué, à la baisse comme à la hausse, mais « sont restés dans la même zone » que la période précédente, et cela, jusqu’aux soldes d’hiver, autour du 12 janvier .

Peut-on encore s’attendre à de meilleures remises dans les prochains jours ? Il ne le fera probablement pas. Le ralentissement de la production dû à « la politique du zéro-Covid en Chine » et à « l’inflation » devrait « limiter davantage la baisse des prix », estime Anna Perret-Silberberg.

5Le père Noël a été inventé par Coca Cola 

Avec son costume rouge et blanc, aux mêmes couleurs que la marque, et les campagnes publicitaires qui le promeuvent depuis les années 1930, le Père Noël ressemble à une création tout droit sortie du service marketing de Coca Cola. Mais cette idée est fausse, explique Nadine Cretin, historienne des fêtes et traditions. La marque n’a eu que « le mérite de fixer son image dans l’imaginaire du monde », précise le spécialiste à franceinfo.

Les origines du Père Noël, bien plus anciennes, sont liées à Saint Nicolas. L’évêque a vécu à Myre, en Asie Mineure, entre le IIIe et le IVe siècle. Au Moyen Âge, ses reliques sont ramenées en Italie puis en Lorraine. Le culte autour de saint Nicolas recouvre alors certains éléments de la mythologie germanique comme « la capacité de voler dans les airs sur un cheval », inspiré des pouvoirs du dieu Odin, explique Nadine Cretin. Saint Nicolas incarne alors un personnage synonyme de « pourvoyeur de générosité, qui distribue des gâteaux, le jour de sa fête ».

Mais c’est outre-Atlantique que Saint Nicolas devient Père Noël, souligne Nadine Cretin. Son culte est arrivé en Amérique du Nord au 17e siècle grâce aux premiers colons européens. Puis l’homme perdit ses « attributs d’évêque », lorsqu’en 1822, un pasteur américain écrivit un poème qui évoquait « Saint Nick » pour ses enfants. Clement Clarke Moore imagine « l’arrivée des gobelins ou du traîneau de rennes », décrit l’historien. Dans les années 1860, Thomas Nast, un illustrateur américain d’origine allemande, fait ressembler le Père Noël à un vieil homme ventru. Il a établi sa résidence au pôle Nord. Enfin, en 1931, pour Coca Cola, l’illustrateur américain Haddon Sundblom fige l’image traditionnelle du « Père Noël » en l’habillant de son iconique costume.

6Jésus est né le 25 décembre

Pour les catholiques, le 25 décembre est l’une des dates les plus importantes du calendrier liturgique, celle de la naissance du Christ. Historiquement, cependant, rien n’indique que Jésus soit né ce jour-là. « C’est une date fixée arbitrairement et mentionnée pour la première fois par l’Église latine en l’an 354 », précise Nadine Cretin.

Selon le site internet de l’émission « Le Jour du Seigneur », dans l’histoire du christianisme, la naissance de Jésus a été associée à d’autres dates, comme le 25 mars, jour de l’équinoxe de printemps, qui symbolisait durant l’Antiquité le  » renaissance de la terre », ou le 6 janvier qui correspond à l’Epiphanie. Aussi, chez les chrétiens orthodoxes, Noël est célébré le 7 janvier, ce qui correspond au 25 décembre dans le calendrier julien.

Pour les catholiques, le choix du 25 décembre, selon Nadine Cretin, aurait été décidé pour remplacer la date de la commémoration de la naissance du Christ par celles d’autres fêtes païennes associées au solstice d’hiver, comme « la fête du Soleil invincible ». « . Soleil invincible), lié au dieu Mithra, une divinité orientale ou les Saturnales », explique l’historien. A l’occasion de ces festivités organisées en l’honneur du dieu Saturne, les romains se réunissaient pour manger et, comme aujourd’hui à Noël, il était d’usage d’échanger des cadeaux entre convives.

7Les fêtes de Noël sont marquées par un nombre plus important de suicides

La saison des fêtes peut conduire à un sentiment exacerbé de solitude pour certains. Cependant, il n’y a plus de suicides le soir du Nouvel An et le 25 décembre. La période la plus à risque est en réalité après Noël, selon une étude menée par l’OMS entre 1989 et 1996. Analysant une base de données de 24 388 tentatives de suicide, les auteurs de l’étude publiée en 1999 ont conclu qu’il y a « moins de tentatives de suicide que prévu ». . avant Noël » et observent « 40% de tentatives de plus que prévu après Noël ». Ce phénomène serait lié à un désenchantement à l’issue des fêtes de fin d’année, un « effet promesse non tenue ».

Malgré de nombreuses études démontrant qu’elle est fausse, cette idée reçue continue d’être diffusée dans les médias. Une analyse récente de l’Université de Pennsylvanie le montre. Les données des autorités sanitaires américaines en 2021 soulignent cependant que le nombre de suicides a culminé en août avant d’atteindre son plus bas niveau… en décembre.

Si vous avez besoin d’aide, si vous êtes inquiet ou si vous faites face au suicide d’un membre de votre entourage, il existe des services d’écoute anonyme. La Helpline Suicide est joignable 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. Plus d’informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.