A l’heure où il est fortement recommandé à la planète de prendre le train, les usagers quotidiens de Lille-Bruxelles et inversement sont désemparés par les nouveaux horaires, rapportent nos confrères de La Voix du Nord. A partir du 11 décembre, le dernier TGV Bruxelles-Lille part à 18 h 17. Trop tôt pour de nombreux salariés.

Au départ de Lille-Europe, « la suppression du TGV de 18h08, qui existe depuis de nombreuses années, va créer une période de plus de 2h30 sans train entre l’Eurostar de 17h30 (accessible aux abonnés) et le TGV suivant 20h08 (régulièrement en retard) », ont-ils écrit dans un communiqué.

Les navetteurs mécontents

Et dans l’autre sens, depuis Bruxelles Sud, le TGV vers Lille sera supprimé à 19h17, le dernier sera à 18h17, ce qui est trop tôt pour de nombreux salariés. Prenez Vladimir Sestovic, directeur de la communication d’une association : « Mes bureaux n’étant pas à côté de la gare de Bruxelles-Midi, je devrai partir à 17h30 – 17h45. En Belgique, nous travaillons au moins 38 heures par semaine. »

Sans oublier le fait que pendant plusieurs semaines les abonnés ne pourront plus prendre leurs réservations (au coût de 3€, exigé pour chaque train emprunté) aux bornes installées en gare, mais ils devront passer par le ticket Bureau. « Il peut y avoir jusqu’à 40 minutes de file d’attente, témoigne V. Sestovic. Ce qui m’inquiète aussi c’est que tout le monde se rabat sur le 18h17 qui est déjà bien rempli ! »

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La réaction de la SNCF

Dans ce cas, la SNCF n’a pas voulu supprimer les trains qui roulaient à vide. L’entreprise nous explique avoir pris cette décision pour « améliorer la production et la régularité » et « pour répondre aux clients longue distance, qui sont les plus nombreux. » Traduction d’un expert du dossier : « La qualité de service n’était plus aussi avec des retards et des annulations réguliers, et ces trains sont des TGV reliant Lyon, Bordeaux ou Marseille, passant souvent par Roissy. Et il y a une révision globale de l’offre.

Pendant ce temps, les navetteurs sont préoccupés par leur équilibre travail-vie personnelle. « Certains vont déjà à Tournai en bus ou en voiture avant de prendre l’équivalent d’un TER. Il a un nouveau frein. Les gens risquent de prendre leur voiture, d’arrêter de travailler à Bruxelles ou de déménager », craint Arnaud Vanhelle, président de Train Life, l’association des navetteurs travaillant à Bruxelles. Dans les institutions européennes, mais aussi dans le secteur tertiaire, le secteur privé ou en tant qu’enseignant…

Cette décision porte un nouveau coup dur à la liaison ferroviaire Bruxelles-Lille : depuis 2019, Thalys ne s’arrête plus à Lille et les abonnés n’ont plus accès aux Eurostars au départ après le dernier TGV. « Il y a quelques années il y avait un Bruxelles-Lille toutes les heures entre 17h et 21h, maintenant il n’y en a plus que deux », répond Arnaud Vanhelle.

Les navetteurs préconisent la création d’un service régulier international de type « TERGV » entre la métropole lilloise et la capitale de l’Europe.