SÉJOUR LINGUISTIQUE (4/7). « C’est l’heure de l’apéro ! » » : prétendument chic, « globish » ou « global English » écrase notre langue et désespère notre journaliste François Reynaert.

Il est juste de dire que de nombreuses langues sont en déclin. Je vais en prendre un au hasard : sabir. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce mot ne désigne pas un charabia incompréhensible, mais un véritable idiome parlé dans les ports méditerranéens entre le XVIe et le XIXe siècle. Grammaticalement rudimentaire, lexicalement très riche, puisqu’il se composait d’un peu d’espagnol, d’occitan, de portugais, d’italien, ainsi que d’arabe et de turc. Il était utilisé entre les marins, les marchands, les prisonniers de différentes nationalités qui traversaient ces rivages. Au contraire, à cette époque, on l’appelait lingua franca, la « langue des Francs », celle des Francs – les Européens. Il a également été appelé « sabiir » parce que c’est ainsi que la « connaissance » était dite dans cette langue.

C’est à Molière que nous devons les rares traces écrites qui nous restent. Lorsque le faux mufti de la salle essaie de l’impressionner en faisant semblant de faire un « Mamamouchi » de la quiche de ce monsieur bourgeois, il lui parle dans cette langue c.

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