Hausse du prix de l’énergie, installations difficiles des jeunes agriculteurs, agribashing, le sénateur de l’Orne Vincent Ségouin évoque le sujet dans lequel il travaille.

Par Mathilde Simoen

Publié le 30 sept. 22 à 18h02

Vincent Ségouin, sénateur de l’Orne élu en 2018 et membre des Républicains, s’est exprimé sur le projet de loi qu’il a soutenu pour la rentrée. Les députés travaillent actuellement sur les questions énergétiques, impactant les particuliers, les professionnels et la société.

Énergie

On a un effet ciseau qui menace les petits budgets, donc c’est important pour nous d’être au contact des citoyens, mais on voit bien que le prix du carburant, le prix du chauffage et de l’électricité est une grande préoccupation pour les ménages car ce sont des surcoûts et ils se demandent comment ils vont pouvoir compenser.

L’État limite les hausses de prix de l’énergie pour les particuliers jusqu’au 31 décembre.

« Je pense que nous allons continuer à suivre ce plafond, c’est ce qui a un peu ralenti l’inflation pour nous. En France notre inflation est élevée à 5,8%, mais au Royaume-Uni c’est plus de 10% », a déclaré Vincent Ségouin.

Les villes et les entreprises n’ont pas de limites de prix. Il existe aujourd’hui une réelle inquiétude dans la commune :

L’avantage de nos communes rurales c’est qu’elles sont bien gérées, bien sûr on n’est jamais content de payer des tarifs majorés, mais quand on a les moyens de les payer c’est plus acceptable que quand on n’en a pas.

« Pour l’entreprise, non seulement le rattrapage de l’URSSAF et des prélèvements sociaux pendant les années Covid, mais aussi le PGE qu’il a fallu remplacer et l’actuelle hausse incontrôlée des prix de l’énergie », s’est émue la sénatrice de l’Orne.

Le Trésor est en train de fondre en ce moment et il ne s’agit pas de perdre des affaires et des emplois et d’entrer ensuite dans des temps sombres.

Vincent Ségouin envisageait qu’il fallait faire quelques concessions :

Agriculture

« Il faut en quelque sorte revoir notre consommation. Ne devrait-on pas revenir à un système simple ? Nous devons trouver des solutions pour réduire la consommation à la maison, mais aussi dans les entreprises et les collectivités qui ont commencé à réfléchir à ce problème. »

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Vincent Segouin est membre du groupe d’étude Agriculture et alimentation et réfléchit sur des sujets touchant le secteur tels que la relève des jeunes, l’agriculture et la désinformation.

« La question importante, c’est l’assurance contre les aléas climatiques. Aujourd’hui, notre constat est qu’un grand nombre d’exploitations ne sont pas reprises par des jeunes car ils perdent une récolte sur cinq, quand ils additionnent toutes les pertes annuelles », a informé le sénateur.

Il y a donc un besoin d’assurance, mais le sujet est compliqué, car il faut trouver un équilibre financier pour chacun.

Un texte qui redéfinit les actions de chacun entre l’Etat, les assurances et les agriculteurs vient d’être rendu public. Les experts calculent l’impact et les hypothèses de tarification avec une catastrophe croissante.

« C’est un sujet sur lequel je me suis beaucoup investi et qui est important pour nos jeunes car si on veut que nos exploitations soient reprises et qu’on ait des exploitations de référence en termes de qualité, il faut apporter une réponse rapide sur ce sujet », a déclaré le sénateur de l’Orne.

On entend souvent parler d’agribashing, ce qui inquiète Vincent Ségouin :

« C’est un sujet de désespoir chez les jeunes, qui a suscité des doutes dans la profession. C’est une question de pratique brutale alors que l’agriculture s’est toujours efforcée d’être fine, d’être technique en France. »

« Bien sûr, en aviculture intensive, on peut comprendre que c’est considéré comme une pratique révolue, mais ce n’est pas lié aux besoins des consommateurs. On veut tous avoir des poulets élevés en plein air, mais cela a des coûts de production et tout le monde n’a pas envie de payer plus », conseille Vincent Ségouin.

Si on ne l’achète pas en France, on l’achètera ailleurs.

« L’important à retenir, c’est que nous avons la ferme la plus saine du monde, celle qui utilise le moins de produits phytosanitaires, d’hormones de croissance et d’antibiotiques », a conclu la sénatrice de l’Orne. « Jusqu’à présent, nous avons augmenté l’importation de produits sans voir ce qui s’est réellement passé là-bas, de sorte qu’il y a un déséquilibre. »