Carpentras lance ce mercredi sa quatrième bourse permis de conduire pour aider les jeunes à financer leur permis. Le coût de cette formation est l’un des freins pour certains candidats, selon Patrick Maujard, propriétaire d’une auto-école à Orange et président de la branche « Auto-écoles » au sein du Conseil des Professionnels Automobiles du Vaucluse.

Invité ce matin de France Bleu Vaucluse, il explique que le Vaucluse « est un département où économiquement les jeunes sont relativement stressés et il est difficile de garantir une formation jusqu’au bout ». Il craint aussi des annulations de dates d’examens dans les prochaines semaines, en pleine cinquième vague de l’épidémie de Covid et s’il n’y a pas assez d’inspecteurs.

France Bleu Vaucluse : Comment se porte votre secteur en pleine cinquième vague de l’épidémie ?

Patrick Maujard : Le secteur se porte relativement bien. Les candidats sont toujours présents pour passer l’examen du permis de conduire. Bien sûr, nous vivons au rythme de la crise des conditions sanitaires, de la disponibilité des inspecteurs, de la disponibilité des enseignants. Nous manquons actuellement de moniteurs de conduite et les cours sont basés sur leur disponibilité. De plus, en raison des conditions sanitaires, nous pouvons nous arrêter avec des demi-journées complètes pour que les cours de conduite soient annulés au dernier moment.

Faut-il craindre dans les semaines qui viennent, dans les mois qui viennent, des annulations d’examens ?

Nous y sommes très attentifs, car nous sommes en flux tendu au niveau de la disponibilité des inspecteurs dans le Vaucluse. Certains ont des besoins de protection supplémentaires alors ils prennent leurs distances et prennent des soins médicaux. Mais en réalité nous sommes très anxieux et très attentifs.

On estime qu’il manque 150 inspecteurs sur le plan national. Il en manque aussi en Vaucluse ?

Oui et effectivement, donc on travaille beaucoup au niveau de l’organisation professionnelle. Bien sûr, la première étape consiste à passer les tests du permis de conduire : plus il est facile pour les étudiants de conserver leur permis de conduire, moins ils ont besoin d’inspecteurs. Nous essayons également de travailler sur la réduction du coût des permis de conduire, mais aussi sur la disponibilité et le nombre d’inspecteurs des permis de conduire, qui font défaut au niveau national et dans notre département.

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Le Vaucluse est aussi l’un des départements où le taux de réussite est le plus faible de France. Comment ça s’explique ?

Le coût du permis de conduire est un élément important. Aujourd’hui, la première formation coûte 1 250 euros, mais il est rare qu’un étudiant puisse présenter son permis de conduire avec le minimum prescrit de 20 heures. En effet, dans le Vaucluse, nous sommes un département où économiquement les jeunes sont relativement stressés et nous avons des difficultés à garantir la formation jusqu’au bout. Ainsi, une formation incomplète conduit également à plus d’erreurs.

Carpentras vient de lancer sa quatrième bourse au permis de conduire, pour aider les jeunes à financer leur permis. Le coût est-il encore un frein pour certains candidats ?

Oui, et on voit que les parents repoussent de plus en plus l’âge du permis de conduire de leur enfant. La profession s’est efforcée de réduire le coût du permis de conduire en mettant en place diverses pratiques : conduite accompagnée, conduite accompagnée, conduite accompagnée. Tout cela contribue un peu à la baisse du prix du permis de conduire, mais nous travaillons aussi sur le financement du permis de conduire avec un euro par jour, qui peut monter jusqu’à 1 200 euros, avec un rajout de 400 euros, si c’est dans le cadre de l’Agrément n’est pas toujours suffisant pour un euro par jour.

Il est également possible d’utiliser le CPF, le compte personnel de formation. De nombreux jeunes qui ont une activité professionnelle ont la possibilité de la financer en tout ou en partie. Et les organisations professionnelles s’emploient également à assurer la transmission du CPF des parents aux enfants. Mais c’est compliqué à mettre en place pour le moment.

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur fait partie des régions tests sur le dispositif « Rendez-vous permis », censé faciliter la prise de rendez vous en passant par une plateforme sur Internet. Est-ce que dans les faits, ça facilite vraiment les choses pour les candidats ?

Ça ne facilite pas beaucoup les choses… Mais c’est un système qu’il fallait mettre en place et qu’on a mis en place. La profession s’est toujours adaptée aux différents modes de répartition des places d’examen. Auparavant, les places d’examen étaient attribuées à une auto-école en fonction de leurs résultats. Plus ils présentaient d’étudiants qui votaient pour leur permis, plus ils avaient de places. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui, les places d’examen sont attribuées aux auto-écoles en fonction de leur capacité de formation. Par exemple, une auto-école avec cinq professeurs aura 25 places. Ainsi les places sont attribuées en fonction du potentiel de l’établissement d’enseignement, de conduite, de formation en formation.