Antony Jarry s’apprête à disputer le championnat du monde de wingsuit. Grenoblois saute dans le vide depuis près de sept ans.

Par Ugo Maillard

Publié le 23 septembre, 22 h. 17:52

« Je ne suis pas fou ». Quand on regarde le ciel au-dessus de Grenoble, comment imaginer qu’un homme vient de sauter d’un avion. Un saut qui lui permet de traverser les nuages ​​à une vitesse vertigineuse.

Tout a commencé en colonie de vacances

Le nom de cet homme est Anthony. Le natif de Grenoble s’est qualifié pour les Championnats du monde, qui se déroulent aux États-Unis. Immersion au pays des nuages.

Rassurez-vous, vos enfants ne seront pas expulsés d’un avion lorsque vous les déposerez dans des colonies de vacances. Mais en 2010, Antony Jarry débute le parachutisme dans le cadre d’un camp d’été.

De cette passion pour le parachutisme naîtra un véritable amour pour une autre discipline. Après six sauts et un apprentissage théorique, il se jette dans le grand bain. C’est à l’aéroport de Grenoble qu’il vole pour la première fois.

Du parachute au wingsuit

« Le pare-battage m’a donné l’occasion d’apprendre les bases et après 150 sauts, on peut commencer la combinaison ailée », raconte Antony.

La différence ? « Le même saut avec plus de puissance puisque nous avons de la substance. » Un saut en wingsuit est un vol dans une combinaison en tissu, en forme d’ailes. Ce sport, développé dans les années 1990 en France, offre des possibilités étonnantes dans les airs.

« Quand il y a des nuages ​​dans le ciel, on peut s’amuser à les frôler, les traverser et jouer avec eux », explique le passionné. Loin des possibilités offertes par le parachute, Antony nous raconte avoir « quitté cette discipline pour se consacrer à la wingsuit ».

La consécration

A partir de 2018, des compétitions non officielles sont organisées par Antony Jarry et ses amis. Si Antoine dit avoir « commencé la combinaison volante pour s’amuser, avec des amis », l’horizon futur est tout autre.

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L’histoire prend une tournure à laquelle Antony Jarry ne s’attendait pas. L’année 2020 marque le premier événement officiel de wingsuit en France. « En 2021 j’ai établi le record de France de vitesse avec 281 km/h lors des championnats de France », se souvient le Grenoblois de 28 ans.

Trois types de vol en compétition

Cette année les championnats de France se sont déroulés à Nancy. Antony a terminé troisième, une source de fierté et un ticket pour la prochaine étape : les championnats du monde.

Il existe deux catégories principales, la performance et la voltige. Lors des compétitions de performance, l’athlète est seul dans les airs, équipé d’un tracker GPS qui enregistre les données de vol.

Parmi les trois tests on retrouve la vitesse, la distance et le temps de vol.

Les épreuves commencent de la même manière : le sauteur est largué à 3 300 m et plonge jusqu’à 2 500 m. De cette hauteur jusqu’à 1 500 mètres, il doit marcher loin, marcher vite ou planer le plus longtemps possible.

Dans moins de deux semaines, Antony Jarry a rendez-vous aux Etats-Unis en Arizona. L’athlète est occupé par son travail pendant la semaine et utilise ses week-ends pour sauter. Le mois dernier, il a effectué plus de 50 sauts pour cet événement international.

« On se fait peur »

Un « super cadeau » pour ce jeune Isérois en quête de sensations fortes. « Ma participation est un rêve devenu réalité et j’ai encore du mal à y croire vraiment », avoue Antony Jarry.

Accessible à tous malgré la bonne dose d’adrénaline. Antony Jarry ne cache pas une « certaine attirance pour l’excitation, l’adrénaline ». « On se fait peur parfois, mais on n’est pas fous, l’objectif principal est d’être en sécurité à tout moment », rassure le Grenoblois.

Un sport extrême non pratiqué par les têtes brûlées. Antoine compte poursuivre son rêve au pays des nuages.