Réunis le vendredi 30 septembre à Aurillac, les conseillers départementaux ont à l’ordre du jour (une trentaine de rapports, tous adoptés à l’unanimité et sans débat), tant les observations finales de la Chambre régionale des comptes (CRC) sur les exercices budgétaires depuis 2015 ont suscité quelques commentaires. de la faction d’opposition Union de la gauche et des écologistes. Dans ce rapport d’une centaine de pages, la CRC attire notamment la vigilance des responsables du ministère sur le niveau « inquiétant » de l’endettement, et les incite à « prendre toutes les actions susceptibles de contenir et de réduire ».

1.323 € par habitant

Au président du département Bruno Faure (LR), qui invite l’assemblée à se pencher sur la situation financière de la commune d’un point de vue plus général, Pierre Mathonier (PS) oppose une présentation « un peu trop courte ». Et de citer les 1 323 € par habitant, représentés par le poids de la dette dans le Cantal 2020, « le double du niveau moyen observé pour des départements comparables ».

« Certes ça s’est amélioré en 2021 avec une capacité d’autofinancement améliorée, du fait des DMTO (droits de mutation à titre onéreux, frais de notaire, notice éditoriale), mais c’est très instable année après année, surtout avec le gel de la DGF, prévu dans le projet de loi 2023 du gouvernement. Quels sont Vos engagements quantifiés pour réduire la dette ? »

Pierre Mathonier (Union de la gauche et des écologistes)

Les réactions de la majorité départementale

Pour Gilles Combelle (majorité départementale) « ce n’est pas la dette, mais notre capacité à sortir de la dette qui est importante, 6,3 ans en 2021 contre près de 11 ans en 2020 ».

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Quand Bruno Faure confirme que le niveau d’endettement du département n’est pas évité, il précise par exemple que « la CRC inclut dans son calcul les 17 M€ de TVA qui nous sont versés par ailleurs ». Et contre Pierre Mathonier, le montant des investissements par habitant que le Cantal réalise chaque année. Comme les presque 3 millions d’euros votés quelques instants auparavant, qui serviront à construire un nouveau restaurant universitaire sur le campus d’Aurillac.

« Je ne prends pas les recommandations du CRC comme une obligation. On nous dit de faire, nous sommes prudents. Je ne lis pas aussi pessimiste que vous. »

Bruno Faure (Président LR du Département)

« Recours à l’emprunt pour investir »

Vincent Descœur (majoritaire du département), à la tête de la commune jusqu’en 2017, se souvient ce qui a rendu possible cet endettement. « Oui, on a recours à des prêts, mais pour des investissements sur lesquels on peut compter aujourd’hui pour se développer, et ça n’inclut pas le CRC » : « 19 millions d’euros dans le flux du plan très élevé », « un campus universitaire, et si le département n’avait pas pris cette décision, cela ne nous permettrait pas d’accueillir prochainement un Master 2 spécifiquement pour le domaine de la microbiologie », « des partenariats public-privé pour la réalisation de deux tronçons sur des routes départementales », « un bail emphytéotique pour la restructuration du collège »… La question de la dette devrait de nouveau être au centre des discussions lors des orientations budgétaires, qui seront débattues en novembre prochain.

La feuille de route de Bruno Faure (Les Républicains), nouvellement élu président du département du Cantal