La société cosnoise DevCSI porte un projet de campus pour les développeurs informatiques, pour leurs besoins et les besoins des autres acteurs économiques du bassin. Et donnez aux jeunes et aux talents des raisons de rester ici !

« Que Cosne sera une smart city » ? Une « ville intelligente », liée notamment à l’amélioration de la qualité des services urbains. Il ne faut pas en rire, Abdelilah Sanif n’en rit pas de toute façon. Partageant des idées à la minute car « il y a toujours des choses à inventer et à développer », le PDG de la société DevCSI peaufine l’un de ses « coups de cœur »: ouvrir une école de développeurs informatiques, les bases d’un campus numérique. « Nous voulons en septembre 2023, au plus tard en janvier 2024. »

Gratuit et tout profil

« Ils disent que le numérique n’est viable que pour les villes intelligentes. Il faut se débarrasser de tout ça. Avec le numérique, vous pouvez travailler n’importe où. Et ici à Cosne, la validation des processus peut se faire directement, sans étapes, explique Abdel. Le besoin est là aussi. On sait qu’il est très difficile d’amener des talents à Cosne. »

Ensuite, « on les forme et ils restent. De plus, « l’école, on la veut gratuite et tous profils, tant que les élèves sont motivés ». Puisqu’ils sont censés gérer.

« Que nous ayons 100 % de placements dans le local. »

Chaque année, entre 10 et 12 demandeurs d’emploi, reconvertis et étudiants viseront un titre de développeur + 3 délivré par le ministère du travail. La ville ne propose actuellement que des BTS post-bac. Le plan : « Que nous ayons 100 % de placements au niveau local. »

Avec 12 employés occupés avec une offre clé en main de maintenance ferroviaire et de soutien logistique, DevCSI a déjà prouvé ses capacités en informatique et sur le marché face à d’énormes concurrents. CSI signifie « conception de systèmes d’information ». S’attendant à se développer et donc à recruter prochainement des développeurs, l’entreprise disposera à l’avenir de formateurs internes sur le campus. « C’est pourquoi l’autofinancement est possible. Mais à condition que les accords gagnants, sur lesquels les deux dernières années se soient concentrées.

« Pas que pour nous »

« On ne veut pas faire une école rien que pour nous, pas un CFA d’entreprise », explique Abdel. Candidatures, tests de projets d’entreprises locales devenant partenaires : le champ s’ouvre. Geficca Cosne a déjà un écho des besoins éducatifs. L’AdebCosne pousse derrière. Et pourquoi ne pas s’en tenir à plus de contenus sociaux, des parkings connectés pour les mairies à tester ? « Le but est que ce soit un gagnant-gagnant. »

La forme start-up est proche de l’écosystème numérique à créer (innovation, travaux pratiques dynamiques pour que les « stagiaires » soient similaires dans l’entreprise mais pas physiquement). « Le but est d’apprendre et de pratiquer. Nous testons un projet et le donnons dès qu’il est viable. »

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Loin des cours de com’

Que le client ne sait pas toujours ce qu’il veut, que le cahier des charges n’est pas toujours figé, que les interactions apprenant-client peuvent aller jusqu’à l’insulte (de la part de ce dernier), « on n’apprend pas ça avec les cours de communication ». Oui Abdel sait aussi que lorsque de nouvelles initiatives arriveront, « il construira un autre bâtiment ». Il est prêt à être construit, tout seul.

« Le profit de l’entreprise, nous le réinvestissons. »

En rachetant, il y a un an, les 400 m2 des anciens locaux de la Caisse primaire d’assurance maladie – qui dispose désormais d’un bureau permanent au centre social et culturel, à deux pas -, le PDG pensait à l’agrandissement de sa boîte et l’école avant. Celle-ci accueillera d’abord la patte du « L » du côté de la rue Binot. « C’est pourquoi nous avons construit tout cet espace. »

Ce bâtiment sera arraché aux promoteurs et servira à faire venir des jeunes. De même, DevCSI n’a pas été vendue, malgré les sollicitations d’investisseurs étrangers. Car « ce n’est pas une entreprise financière pour faire du profit mais pour créer de la valeur ajoutée. Le profit, nous le réinvestissons ». Locale, s’il vous plaît.

La Geficca, intéressée « Le projet d’école des développeurs, bien qu’il existe déjà des écoles, à Nevers par exemple, pour permettre de rapprocher les industriels du bassin et accompagner leur transition vers le numérique. » Abel Kaichouh, l’un des dirigeants de la société Cosnois voit Geficca ( spécialiste de la transformation de pièces en caoutchouc), que « de nombreux métiers sont en tension, et le métier de développeur notamment à l’ère numérique, connectée et demain du métaverse. Nous avons de la chance, en collaboration avec DevCSI, entreprise située à Cœur bassin de Loire avec une réelle expertise dans ce domaine. Bien que nous n’utilisions pas ces profils directement, nous les utilisons avec des partenaires (comme DevCSI). »

« nous nous construisons »

Sarl unipersonnelle créée par Abdelilah Sanif à l’âge de 23 ans en 2003, DevCSI a lancé Olistic, la première plateforme de gestion logistique, de maintenance et d’assistance disponible en mode ferroviaire (outil et conseil). Après avoir perdu son gros client, la SNCF (premier employeur d’Abdel), l’entreprise a récemment tourné le dos en misant sur la recherche et le développement. Les négociations de marché de 2023 vous ont fait sourire. Travail avec le tramway de Rabat (Maroc), avec la Caff espagnole qui construit les nouvelles rames électriques régionales françaises Intercités, sillons optimisés pour le RER de Toronto (Canada), contacts internationaux au salon Innotrans : l’intérêt de la modélisation des données « propriété » au fil 20 à 40 ans, capitalisé. « On peut absorber 3 clients de plus, après il va falloir recruter et ça peut être exponentiel », témoigne l’ancien major de l’école CS2I Nevers. DevCSI recherche des succursales à l’étranger. « Nous nous construisons et croyons en notre croissance. »