Pour combattre les préjugés sur les troubles psychiatriques, mais plus largement pour parler de santé mentale, pilier du bien-être, les semaines d’information sur la santé mentale sont organisées chaque année.

La 33e édition débute ce mardi 11 octobre avec une programmation riche et variée dans les secteurs Thiers et Ambert (voir ci-dessous) autour d’un thème d’actualité : l’environnement.

« Il faut diaboliser le cancer du sein » : rencontre avec une Thiernoise (Puy-de-Dôme) en rémission

Marlène Grand-Ravel, psychiatre depuis 2019 dans les hôpitaux de Thiers et d’Ambert, interviendra lors d’un ciné-débat le 17 octobre. Elle rappelle le rôle essentiel de l’environnement sur la santé mentale et donne quelques conseils pour assurer votre bien-être mental.

Avoir une bonne santé mentale est étroitement lié à l’environnement qui nous entoure ?

« Pour beaucoup, la santé mentale, c’est le fait d’avoir ou non une maladie mentale. Mais en fait, la santé mentale, c’est d’abord le sentiment de bien-être, de pouvoir se réaliser. Donc ça touche tout le monde. Et l’environnement dans lequel on le vit clairement a de l’influence. On le sait depuis longtemps, mais on s’intéresse plus à la crise climatique, puis à la crise sanitaire. Sur le territoire, il y avait une angoisse importante chez certains habitants ou chez les patients que nous suivions , à cause du confinement, du manque de lien social. Il y a eu une augmentation des pensées suicidaires, des troubles du sommeil et de l’anxiété.

Mais le Covid nous a aussi permis de savoir tout ça. On s’écoute plus. Les tabous sont levés sur la santé mentale Dr Marlène Grand-Ravel, psychiatre au centre hospitalier de Thiers.

Parce que la dépression n’est pas une maladie rare, environ 30% des personnes ont un épisode dépressif à un moment donné de leur vie. »

Quels sont les bienfaits de la nature sur notre santé mentale ?

« Des études ont montré que passer du temps dans la nature améliore l’attention et la mémoire, le stress est mieux géré, mais aussi l’impulsivité. »

Vos soins aux patients incluent-ils davantage de contacts avec la nature ?

« Actuellement nous n’utilisons pas la sylvothérapie (soins au contact des arbres, ndlr) dans nos pratiques. Mais l’équithérapie, qui nous vient du Canada, se développe beaucoup, notamment en pédopsychiatrie pour les troubles du spectre de l’autisme.

Pour les adultes, on travaille avec la méditation, c’est une autre façon de se connecter à l’environnement, au moment présent. Nous pratiquons également l’hypnose, pour les troubles bipolaires par exemple, et la sophrologie.

Ces méthodes permettent de limiter le recours aux anxiolytiques pouvant générer une dépendance. »

Une nouvelle forme d’anxiété est apparue avec la crise climatique. L’avez-vous déjà remarqué lors des consultations ?

« Les gens ne consultent pas pour ça, mais lors de la discussion, le sujet revient régulièrement. Ils s’inquiètent de l’évolution de la société, entre la guerre en Ukraine, le réchauffement climatique, les attentats… Et on ne peut pas donner de réponse. Eco- L’anxiété est un signal d’alarme à ne pas négliger. Nous créerons des groupes de discussion entre professionnels de la santé pour travailler sur ce sujet.

Quels conseils donnez-vous pour maintenir une bonne santé mentale ?

« L’essentiel est de ne pas hésiter à en parler quand on ne va pas bien, que ce soit à ses proches ou à son médecin.

Il existe des applications de méditation intéressantes qui vous apprennent à faire des exercices de respiration. Je conseille aussi à mes patients de débrancher la télévision, pour éviter l’accumulation d’actualités et son lot de mauvaises nouvelles.

L’activité physique est essentielle, même s’il ne s’agit que d’une promenade, pour prendre l’air. Ce sont des gestes simples qui influent sur le bien-être. »

Intervention. Lors du ciné-débat à Courpière (voir ci-dessous), Marlène Grand-Ravel abordera le sujet de la schizophrénie : « C’est une pathologie qui fait peur, mais il n’y a pas plus de violence chez ces personnes que dans l’ensemble de la population. Le but de cette soirée est de déconstruire les idées reçues. »

À Lire  Pourquoi mettez-vous de la farine au réfrigérateur? Vous n'avez jamais pensé à cette astuce astucieuse

Rencontres sur la santé mentale, en Livradois-Forez

Secteur d’Ambert

Mardi 11 octobre. Atelier naturel de l’enfant. De 9h à 11h, à la Maison des Enfants de Cunlhat. Fabriquer des liniments maison, déchiffrer les étiquettes des produits pour bébé… Accès gratuit.

Atelier « Bien dans l’assiette, bien dans la tête ». De 9h30 à 11h, au Centre Alimentaire d’Ambert (337 bis avenue des Croves du Mas). Accès gratuit, sur inscription au 04.73.72.64.88.

Mercredi 12 octobre. Café des proches. De 10h30 à 12h00, à la médiathèque de Cunlhat, café-débat autour notamment du harcèlement scolaire.

Cinéma-débat. De 10h30 à 12h30, au collège de Saint-Germain-l’Herm. Projection du film La Croisade, suivie d’un débat avec une psychologue et une art-thérapeute, pour les lycéens et leurs parents. Entrée pour les parents 5,50 €.

Le même film sera projeté en soirée, de 20h30 à 22h30, à la salle des fêtes de Cunlhat, suivi d’un débat. Le même prix.

Jeudi 13 octobre. Lecture en groupe. A 18h30, à la médiathèque d’Arlanc, proposition de lecture collective par l’association La Brèche d’un livre qui traite de l’effondrement écologique. Accès gratuit, inscription au 04.73.95.86.53.

Dimanche 16 octobre. Course sensible. A 14h30 du soir, sur le parking du Moulin Richard-de-Bas à Ambert. « Parcours-sentez », une invitation à ressentir la nature en vous et autour de vous. A 16h00, conférence éco-psychologie sur le « besoin de nature », proposée par l’association Nature environnement Livradois-Forez. Libre.

Mardi 18 octobre. Cinéma-débat. A 19h30, au cinéma La Façade d’Ambert. Projection du film À une folie, suivie d’un débat animé par l’Unafam, psychologue du CMP pour adultes et psychologue médiatrice en santé mentale du CH d’Ambert. Accès libre et gratuit.

Samedi 22 octobre. Journée découverte. De 9h à 17h, à la médiathèque de Cunlhat. « La géobiologie : une solution pour mieux vivre son habitat et son environnement ». Avec le Centre d’Echange et de Recherche Géobiologique d’Auvergne. Gratuit et sur inscription au 04.73.72.31.84.

Jeux. De 15h à 18h, à la ludothèque d’Églisolles, après-midi jeux organisés par l’association La Brèche, sur le thème : « Etre parents en temps de crise climatique et environnementale ». Accès gratuit, renseignements et inscriptions au 04.73.95.86.53.

Secteur de Thiers

Mercredi 12 octobre. Passer d’une banque à l’autre. A 14h, à l’Orangerie de Thiers, 5 km de parcours de découverte de l’eau et de la nature. Gratuit, inscription au 04.15.80.00.06.

Jeudi 13 octobre. Espace obligataire dans un quartier. De 14h à 16h, devant la Maison pour tous du quartier Molles-Cizolles à Thiers, les habitants viennent échanger sur leurs préoccupations et leurs soucis quotidiens. Animation proposée par EPE 63. Infos au 06.68.87.50.12.

Samedi 15 octobre. Atelier climat frais. De 14h à 17h, à l’Atrium de Thiers. L’atelier collaboratif permet de comprendre l’essentiel des problématiques climatiques. Inscription au 06.84.32.73.80.

Lundi 17 octobre. Cinéma-débat. A 20h30, au cinéma Rex de Courpière, projection du film À la folie suivie d’un débat animé par un psychiatre et un psychologue du CH de Thiers, de l’Unafam et de l’EPE 63. A partir de 15 ans, entrée au chapeau

Mercredi 19 octobre. Cinéma-débat. A 20h30, à la maison villageoise de Puy-Guillaume, projection du film La Croisade, suivie d’un débat. A partir de 12 ans, entrée 5,50 € (billet Ciné-Parc 3,50 €).

Jeudi 20 octobre. Conférence. A 20 heures du soir à l’Atrium de Thiers, sur le thème « Dis-moi où tu es » ! » : outils de médiation qui permettent le recueil de récits de vie, pour démontrer l’intérêt des approches géographiques pour les secteurs sociaux et médico-sociaux. Accès libre.