Les dépanneuses, prêtes à être livrées, sont entassées sur le parking de Besse et Aupy à l’entrée de Ribérac. Derrière le grand atelier de tôlerie est recouvert de bâches noires. Quelques salariés se sont rassemblés devant les grilles fermées, dégoûtés : « Je suis né ici, c’était mon premier métier », a détendu Mickaël. Il fait partie de l’entreprise, qui fait partie des cinq premiers constructeurs de véhicules tracteurs en France, depuis 22 ans. Ce mardi 3 octobre, il pourrait être limogé. La société est portée devant le Tribunal de Commerce de Périgueux et risque la liquidation judiciaire.

La production n’a jamais repris après l’orage du 20 juin

L’orage de grêle du 20 juin a littéralement dévasté l’entrepôt de 4 000 mètres carrés. Les plafonds se sont effondrés, les machines ont été inondées et l’amiante a été éparpillée partout. L’inspection du travail a interdit aux 32 salariés de reprendre le travail, et la production a été arrêtée pendant trois mois : « C’est comme si une bombe avait été posée. Un million d’euros de travail à recommencer. Apparemment au niveau des assurances. » ce n’est pas supporté », explique le responsable commercial. « Il ne couvre que 100 000 euros. Et on ne comprend pas pourquoi la direction n’a pas revu ce contrat d’assurance complètement dépassé. On ne comprend pas ce qui nous arrive. »

Faut regarder à l’intérieur, c’est comme si tu posais une bombe – Mickaël

Le personnel est en colère contre la direction. Le PDG leur a annoncé dans un courriel lundi dernier qu’il déposerait le bilan alors que des négociations ont commencé avec la mairie, les collectivités locales et la préfecture pour tenter de trouver de l’aide, voire un repreneur. L’entreprise est en difficulté depuis quatre ans mais vient de remporter une très grosse commande pour la construction de 60 dépanneuses pour le ministère de l’Intérieur, pour les sociétés CRS de Paris pour les JO de Paris 2024.

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Un contrat de 60 dépanneuses pour les CRS

« On voit que notre carnet de commandes est plein depuis plus d’un an, on a ce très gros marché qu’on ne peut pas servir parce qu’on ne peut pas recommencer à travailler. Et on n’a pas l’argent pour recommencer » explique Céline, une autre employée. Les 32 salariés espèrent que le tribunal de commerce mettra l’entreprise en redressement judiciaire et non directement en liquidation judiciaire. Mais il faudrait trouver un repreneur prêt à investir des centaines de milliers d’euros pour réparer les dégâts de grêle ou récupérer les machines chargées d’amiante.

D’autres entreprises ont subi le même préjudice et ont repris leur activité depuis le début – Nicolas Platon

De son côté, la commune du Périgord Ribéracois a demandé à la région de chercher un repreneur même après une éventuelle liquidation de l’entreprise. Pour Nicolas Platon, maire de Ribérac, « c’est un travail qui a très bien fonctionné. Il faut tout mettre sur la table aujourd’hui, notamment les orientations des dirigeants, car aujourd’hui on ne comprend pas. D’autres entreprises de Ribérac ont subi les mêmes dégâts et elles ont repris leurs activités depuis le début. Nous voici dans une situation qui soulève de nombreuses questions. Contacté par France Bleu Périgord, le PDG de la société n’a pas répondu à nos sollicitations.