Le plus ancien des « départements » des grands travaux de voirie implanté en Aveyron peut se targuer d’un ancrage local fort, d’un attachement solide aux ancrages locaux et d’un soutien permanent de l’ensemble de ses collaborateurs. A Rodez, cette institution de référence mondiale aborde la crise actuelle avec prudence.

Presque centenaire, il tient toujours  : « les » Colas, comme on dit ici, font partie du paysage autant que du patrimoine affectif de l’Aveyronnais. En 1929, on s’emploie à moderniser la piste, « goudronnant » la piste en gravier qui est encore vierge du trafic automobile intense. Le département est large, il restera une référence pour cette entreprise, aujourd’hui filiale du groupe Bouygues, l’un des plus grands groupes de streetwear au monde présent dans de nombreux pays.

Des réalisations phares

En Aveyron, Colas a marqué de son empreinte plusieurs projets, dont la transformation de Rodez en contrat de ville moyenne en 1975 (place d’Armes, rue piétonne), l’aménagement des Costes-Rouges à Onet (1978). déviation de Rignac, Pont-de-Salars, Recoules-Prévinquières, Curlande, et R N88 à quatre voies de Rodez au Tarn. Et nous avons dû oublier.

Fort ancrage local

« Notre force, c’est notre ancrage local, assure Olivier Trouillet. Nous sommes présents auprès de la communauté ainsi qu’auprès de la trentaine d’associations sportives que nous soutenons, notre main-d’œuvre est exclusivement locale, nous sommes une véritable entreprise environnementale. de l’agence de Rodez, défend cette intégration au territoire pour les unités opérationnelles, au sein du groupe Colas, comme les PME autonomes.Fort avec 110 salariés fidèles à domicile depuis 20 ans en moyenne (ce qui est beaucoup pour ce secteur) et « un sens du contact toujours particulier  » sur toute la région qui couvre tous les départements et sections de la Figeacoise. Le Lot. «  Cette proximité et cette fidélité sont importantes, permettant aux interlocuteurs, notre équipe et nos clients, de se connaître ».

En chiffres

1929. C’est l’année de l’implantation de Colas en France, société née auparavant en Angleterre sous l’égide de la compagnie pétrolière Shell. Colas signifie « asphalte froid », un enduit alors utilisé sur les routes à faible trafic. C’est pourquoi l’Aveyron a été choisi en 1929 pour accueillir l’un des trois premiers sites Colas en France. Le terrain d’origine, à Gages, est toujours là et sert de dépôt.

18. C’est le chiffre d’affaires 2022 de l’établissement de Rodez en millions d’euros, qui est relativement stable d’une année sur l’autre. 85% du budget de l’entreprise provient des marchés publics, comme la plupart des entreprises de travaux publics. Et 3,7 % du salaire sont consacrés à la formation des employés. Cela représente à Rodez 1 500 à 2 000 heures par an.

110. Le nombre de salariés du site de Rodez en fait l’une des plus importantes agences Colas de la zone Sud-Ouest. L’âge moyen des travailleurs est de 45 ans. Si les femmes sont représentées dans les bureaux administratifs, il n’y a pas de chantiers, il est regrettable que la direction s’inquiète du manque de candidats, peu attirés (à tort) par les TP.

Intégration sociale par la formation

Une maison fonctionne comme une famille. On y entre tel que l’on est, et on ne peut qu’y progresser  : l’évolution de carrière est très proche à travers le catalogue de formations ouvertes à tous («  Collas Campus  ») pour permettre à ceux qui le souhaitent de monter sur le carreau. Une forme d’intégration sociale en quelque sorte. « Chez Colas, tous les patrons viennent du site, y compris le PDG », glisse Olivier Trouillet. « Vous entrez dans l’amitié et vous pouvez gravir tous les échelons si vous le souhaitez. Et nous encourageons les gens à se former dans ce sens. Dans notre domaine, il y a des aspects qu’on n’apprend pas à l’école. Les managers doivent connaître le quotidien des amis. partagé les tâches, compris le sentiment du métier. Du coup, il n’y a pas de problème majeur dans la chaîne hiérarchique, ce système crée une cohésion d’équipe. »

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Sept alternants actuels et douze coachs de début d’année ont rejoint l’équipe. Un bon moyen d’attirer l’attention des jeunes, c’est que Colas sait aussi proposer des visites d’agences françaises, avec une autre mission pour compléter leur expérience.

Face à la crise

Pourtant, « le recrutement est encore très compliqué en Aveyron. Il faut trouver des personnes qui ont envie de venir ou de revenir ». L’envie d’évasion est trop peu présente chez les candidates, on est freiné par l’image brute des travaux publics. « Pourtant, il faut féminiser notre métier, ça change le rapport d’équipe en mieux », a exhorté Olivier Trouillet.

Si l’heure est à la recherche de main-d’œuvre, plus pour faire face à la crise énergétique, à l’inflation qui en résulte et qui freine les possibilités d’expansion en limitant le budget. « Tenir le cap est compliqué après le Covid et la hausse du prix des matières premières, de l’énergie », reconnaît Olivier Trouillet.

« La construction de routes consomme beaucoup de pétrole et de gaz pour les usines d’asphalte, par exemple. Nous répercutons les coûts sur les clients, qui, la communauté en charge, jouent très bien le jeu et maintiennent les budgets routiers. Nous leur en sommes reconnaissants… Mais le volume est en baisse avec le chiffre d’affaires. Le téléphone pour l’appel d’offres a ralenti depuis cet été, on sent le phénomène maintenant. La peur pour 2023 ».

Innovations et écologie en première ligne

Comment alors occuper le staff  ? « Nous avons su nous diversifier, dans le chantier de construction du réseau, de station d’épuration, de démolition et d’acquisition de l’entreprise ruthène Ferrié. Quant aux gros travaux de terrassement, le marché n’est pas porteur en Aveyron et nécessitera des investissements trop lourds. sur le marché privé pour passer les mois que c’est dur. De toute façon, il y a toujours des hauts et des bas dans nos activités, il faut continuer à croire en nous. »

Dans le secteur des travaux publics, on mesure les progrès réalisés par l’application des nouvelles technologies sur le terrain. Et surtout avec l’utilisation de nouveaux produits répandus sur la route, ce qui est beaucoup moins polluant. Colas est à la pointe dans ce domaine où la recherche et l’innovation priment.

« Réduire l’empreinte carbone est pour nous un maître mot », confirme Olivier Trouillet. « Notre groupe a une politique RSE forte, une responsabilité sociétale d’entreprise pour développer des produits bas carbone. Par exemple, des enrobés tièdes issus de matières recyclées, mais aussi des liants issus de compositions végétales ou minérales et non d’hydrocarbures, comme le Végécol… Et nous développer également des matériaux plus drainants, répondant aux besoins de l’environnement ».

Ainsi, Colas recycle l’ancienne couche d’usure, rabotée lors de la réfection de la chaussée, en l’utilisant dans un procédé moins consommateur d’huile. La marque a également lancé récemment le concept de route photovoltaïque Wattway, dont une nouvelle version est en préparation.