Le jeune homme admet qu’il « n’a pas encore compris ». Dylan Vanmaele a connu une consécration fin octobre à Lucerne, en Suisse. Le Strasbourgeois de 22 ans a remporté le WorldSkills, qui correspond aux Jeux olympiques des métiers d’art. Face à 21 adversaires venus du monde entier, il a été sacré champion du monde en service de restauration. Le premier en quarante-six éditions pour la France.

« Je ne suis pas serveur, comme je l’ai lu plusieurs fois », précise le gagnant dans un sourire. « Cela me semble un peu simpliste, car je suis aussi majordome, barista, sommelier et barman. Confiant sans être prétentieux, l’ancien élève du lycée hôtelier d’Illkirch-Graffenstaden (Bas Rhin) sait où il veut aller et a toujours moyens.

Ce n’est pas son premier titre dans la profession. Meilleur Apprenti de France en 2018, Champion National Jeune Maître d’Hôtel en 2018, puis en Europe dans le même domaine en 2019… Bref, Dylan Vanmaele a eu une carrière fulgurante depuis qu’il a trouvé sa voie. Loin des poêles et autres pianos de cuisine.

« Beaucoup trop bavard pour rester en cuisine »

« A l’origine, j’avais commencé dans la cuisine, mais j’étais trop bavard pour y rester », s’amuse-t-il. « Je me suis réorienté vers le restaurant car j’aime partager, côté relationnel, côté psychologique, être avec les clients. Et toutes les techniques que vous devez maîtriser. » Car le jeune homme, d’origine japonaise par sa mère, ne se contente pas de mettre les plats sur la table. Flambés, pièces de viande, préparation de cocktails et conseils vins font également partie de la carte.

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Il a pu le prouver lors du « Twenty Two Hour Test » à WorldSkills. « Par exemple, j’ai dû préparer des cafés « pas n’importe comment », décanter un vin italien, en goûter d’autres avec des commentaires de sommelier, flamber des gambas… » Sans oublier la « coupe d’un saumon fumé où il faut savoir lire le journal par » et un « service anglais ». Qui consiste à tenir une grande assiette dans la main gauche et à servir les convives de l’autre. « Il devait peser environ 2,5 kg, c’était physique », raconte l’Alsacien, qui était accompagné d’un meilleur ouvrier de France, Pascal Obrecht, mais aussi d’un préparateur mental. « Sans eux, je n’y serais pas arrivé. 🇧🇷

A peine de retour, Dylan Vanmaele est déjà de retour dans la salle. Après son année au service du protocole de la ville de Strasbourg, il intègre la Maison Villeroy, un luxueux hôtel particulier à Paris. « Je suis majordome là-bas, ça me permet de toucher dans beaucoup de domaines », apprécie le jeune homme, « heureux et épanoui ». « C’est aussi une responsabilité de prendre ce titre de champion du monde », ajoute-t-il, évoquant gentiment l’un de ses prochains objectifs. « Pourquoi ne pas aller dans une grande maison à l’étranger… » Généralement, le Strasbourgeois parvient à ses fins.