Passer aux énergies décarbonées est devenu un défi existentiel pour l’UE, qui fait face à trop de risques et d’incertitudes sur son approvisionnement en gaz, estime le think tank Shift Project dans un rapport publié mardi.

Alors que la reprise des approvisionnements en gaz russe est incertaine, l’UE doit se préparer à une « sévère concurrence avec l’Asie », gros importateur de gaz, voire à des déficits chroniques du marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL). ), note le rapport. publié le 6 décembre. Car la Chine, le Bangladesh, l’Inde, le Pakistan… veulent tous que le gaz sorte du charbon, et les besoins nets d’importation de l’Asie dépassent ceux de l’Europe.

Outre des prix élevés, cette concurrence a des conséquences géopolitiques, avec, par exemple, des économies vulnérables d’Europe du Sud et d’Asie qui en souffrent déjà, prévient cette analyse de risque, réalisée sous l’égide du ministère de la Défense et sur la base de données du société d’intelligence économique Rystad Energy.

Des prix exceptionnels au moins jusqu’en 2024

Des prix hors norme au moins jusqu’en 2024

Rystad table sur des prix exceptionnels en Europe au moins jusqu’en 2024. Mais en raison d’éventuelles tensions sur le GNL, ce « retour à la normale pourrait ne pas se produire », conduisant à terme à une « destruction de la demande », y compris la disparition de pans de l’industrie, selon à cette analyse

Au-delà de la guerre en Ukraine, le rapport souligne une situation structurelle, due à « presque deux décennies de baisse de la production de gaz en Europe (mer du Nord britannique et néerlandaise), et au retard tout aussi long de la sortie des énergies fossiles ».

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« Il y a un droit d’état des lieux à faire sur la politique énergétique européenne », estime Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project, qui parle d' »aveuglement dont on paie les conséquences ».

Quant au GNL, le développement des capacités de production sera « la variable de premier ordre », indique le rapport, au Qatar ou aux Etats-Unis, ainsi que la capacité de l’UE à créer des infrastructures de regazéification, un facteur d’incertitude. jusqu’au moins 2025.

Solution : agir à la demande et décarboner son énergie

Une solution : agir sur la demande et décarboner son énergie

Pour M. Auzanneau, l’Europe est « dos au mur », avec la solution d’agir à la demande et de décarboner son énergie.

« La transformation vers une économie à faible consommation d’énergie et de matériaux, avec le développement de sources d’énergie à faible émission de carbone, semble être un défi existentiel pour l’UE, en raison de l’ampleur des risques et des incertitudes que notre situation fragile accumule », conclut. le rapport.