587 km de navigation depuis le port de Passau en Allemagne, à travers l’Autriche, avant de jeter l’ancre en Hongrie.

C’est un euphémisme de dire que l’empire austro-hongrois a laissé sa marque à Vienne. La capitale de l’Autriche est une page d’histoire, écrite par la dynastie des Habsbourg, grands bâtisseurs et collectionneurs, durant huit siècles de pouvoir. Marie-Thérèse, dite la Grande, et ses nombreux descendants, dont Joseph II, l’un de ses 16 enfants, à l’esprit novateur, firent effectivement construire un boulevard impérial sur le Ring. Il abrite les monuments les plus prestigieux.

L’Opéra National est, bien sûr, le plus ancien du monde. Palais impérial Hofburg, cathédrale gothique Saint-Etienne, manège espagnol, au coeur de la ville, bibliothèque nationale baroque, parlement et ses colonnes, musée Albertina, ancien hôtel particulier, Quartier des Musées, 60 000 m2. Niché dans l’ancienne écurie de la cour, le musée de la Sécession avec sa coupole à la feuille d’or…

Budapest, l’art nouveau contre l’austérité de l’Est

Le bateau est arrivé dans la soirée à Budapest, en vue du troisième plus grand parlement du monde, après la Roumanie et l’Argentine. Des paysages incroyables, de la taille d’une ville. Voyager à travers Budapest, c’est se fondre dans la ville la plus peuplée d’Europe centrale derrière Berlin. C’est retrouver les différents courants de l’architecture, dont l’art nouveau omniprésent.

20% de la population hongroise y vit, soit près de deux millions de personnes. Celui-ci doit sa disproportion, par rapport au territoire du pays, au traité de Trianon, en 1920, qui en confisqua une partie. Le Danube sépare Buda, qui est fière, avec des châteaux médiévaux, des bains turcs et des palais baroques… de Pest, sur la rive gauche, qui est populaire, commerçante, bouillonnante.

En 1873, les jumeaux sont unis. L’histoire n’a jamais cessé d’ébranler la soi-disant perle du Danube, d’origine romaine. Les Huns, les Goths, les Ottomans, les Magyars, les Mongols, les Turcs se sont succédés jusqu’à la dynastie des Habsbourg. Presque entièrement détruite par les bombes de la Seconde Guerre mondiale, elle est devenue une vitrine des politiques communistes pragmatiques de 1947 à 1989. On y trouve encore des traces d’époques agitées, dépassées par le présent controversé.

À Lire  Voyage : où passer ses vacances de Noël en France ?

Le gigantisme peut donner le vertige de la valse de Strauss, mais la ville n’est pas écrasante, aérée avec de larges places et des parcs. Dont le Prater et sa grande roue emblématique, l’ancien terrain de chasse, rendu à ses sujets par Joseph II au grand dam des nobles. On fait le tour de la ville en calèche, sous une couverture et on s’abstient de saluer les touristes de la main royale, avant de prendre un café, à Vienne bien sûr, chez Sacher.

C’est à quelques heures précises en calèche que le château de Schönbrunn, ou la belle fontaine, accueillait la villégiature estivale de la famille impériale et sa cour. 1 500 personnes posent leurs malles dans 1 440 chambres, de Pâques à octobre.

Autant dire que nous nous sommes arrêtés dans un autre monde à Esztergom. Il est difficile d’imaginer qu’elle fut la capitale de la Hongrie du Xe au XIIIe siècle. Même si le chantier sème la promesse de la modernité, on se retrouve propulsé il y a cinquante ans. Après le traité de Trianon en 1920, le Danube devient la frontière naturelle entre la Hongrie et la Slovaquie. L’ancienne banlieue d’Esztergom est maintenant du côté slovaque.

Autre curiosité, la cathédrale néoclassique et austère Saint-Adalbert, la plus grande basilique d’Europe centrale. Le dôme culmine à près de 100 m. Au pays de Viktor Orban, on paiera en forints quelques souvenirs.

Pratique

Avec CroisiEurope, entreprise familiale alsacienne, compte 56 bateaux, tous de taille raisonnable. Ils parcourent les fleuves d’Europe et du monde (Mékong, Afrique, Inde Egypte, Chine, Birmanie, Cambodge…). Le MS Symphonie peut accueillir 106 passagers dans 55 cabines. Les chefs, Lazslo, Gerge et Attila concoctent avec la même joie goulasch hongrois ou confit de canard. Pension complète et boissons à volonté au dîner et au bar. Prochain départ de la croisière, « Le Beau Danube Bleu », six jours au départ de Paris, de Passau à Budapest, le 19 mai 2022. A partir de 1 369 €. www.croisieurope.com.