Comment optimiser sa maison pour la rendre moins énergivore ? Une question qui se pose de plus en plus souvent dans ce contexte d’inflation et de sobriété. Mais qu’en est-il si vous souhaitez effectuer des travaux de rénovation pour une maison existante ? Quelles sont les étapes à suivre et les éléments d’épargne à privilégier ? On fait le point avec Stéphen Mure, architecte spécialisé dans l’habitat passif.

Une dimension péjorative est généralement attribuée au terme « passif ». Mais lorsqu’il s’agit de la consommation énergétique d’une maison, le mot a un sens plus que positif. En fait, on dit qu’une maison ou un appartement qui nécessite très peu de consommation d’énergie (le cas échéant) est « passif ». En plus de l’habitat bas carbone, l’habitat passif repose sur l’apport de chaleur extérieure (soleil) et intérieure, suffisante pour maintenir l’espace de vie à la température ambiante, sans recours à des radiateurs. Le processus inverse fonctionne également en été, où l’air frais est conservé à l’intérieur, éliminant ainsi le besoin de climatisation.

Ce concept d’habitation, qui fonctionne principalement grâce à un système d’isolation et de ventilation optimisé, suscite de plus en plus d’intérêt à mesure que les prix de l’énergie et le pouvoir d’achat, qui sont affectés par l’inflation, augmentent. Plusieurs professionnels du secteur n’hésitent pas à le présenter comme « une solution d’avenir ». Un bel exemple verra bientôt le jour dans le quartier de La Confluence à Lyon, qui accueillera un bâtiment sans chauffage, ventilation et climatisation : une première en France.

Si vous pouvez construire une maison passive lors de son achat, il est également possible de faire une démarche de rénovation pour une maison déjà existante. Mais concrètement, comment ça se passe ?

« Il y a quelques pré-requis avant la rénovation pour faire des bâtiments passifs : Par exemple, il est préférable que la forme du bâtiment existant soit simple, c’est-à-dire avec un volume carré ou rectangulaire, car il est plus facile de recouvrir la surface avec des matériaux qui permettent d’isoler le toit, les murs et le sol de manière parfaitement continue. Une orientation sud est également très importante, car nous comptons sur le chauffage naturel du soleil via la baie vitrée. »

Chasser les trous d’air

Si vous habitez déjà le logement, la première chose à faire est de vérifier tous les points où l’air est susceptible de passer. L’essentiel est bien sûr les fenêtres, qui peuvent être changées en triple vitrage. Une solution moins onéreuse consiste également à installer des rideaux épais ou à changer les joints.

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La deuxième étape importante consiste à isoler les murs. Même s’ils sont épais, ils ne peuvent vraiment pas assurer une fonction isolante suffisante, surtout s’ils sont en pierre ou en béton. Il est possible d’isoler l’espace de vie par l’intérieur, par exemple en installant des panneaux isolants en laine de bois ou en ouate de cellulose sur les murs ou contre les cloisons.

Optimiser sa ventilation

Si votre habitation est bien isolée, il est important d’installer un système de ventilation de type VMC pour filtrer les particules extérieures et maintenir votre habitation à température ambiante. « L’habitat passif se concentre sur deux aspects : minimiser les besoins de chauffage en hiver, et réduire les besoins de refroidissement en été. Pour atteindre ces deux objectifs, nous allons installer un système de ventilation double flux dans toutes les pièces. La ventilation double flux est presque un incontournable dans l’habitat passif : il consiste à filtrer l’air frais extérieur en hiver.Grâce à un deuxième moteur, l’air extérieur neuf va faire circuler par de petites canalisations l’air pollué de l’intérieur.Ce mécanisme chauffe l’air avant qu’il ne soit soufflé dans la pièce.En l’été, le processus s’inverse, ce qui refroidit le logement », explique Stéphen Mure.

Un autre point important pour rendre une maison complètement passive est qu’il n’y a pas de pont thermique dans la maison, c’est-à-dire un défaut d’isolation dans la structure d’un bâtiment : « Dans un bâtiment classique, il est quasiment impossible de faire le croisement entre une plaque et une plaque isoler . concrètement, il y a alors une déperdition de chaleur à ce niveau. Ceci est plus facile à mettre en oeuvre dans les appartements en construction. Mais dans le cas des appartements existants, l’isolation doit être réalisée soit par l’extérieur, ce qui nécessite l’accord du toute la copropriété, ou de l’intérieur du sol au plafond », précise l’architecte stéphanois.

Enfin, et on y pense peut-être moins, la chaleur résiduelle des appareils électroménagers (four, lave-linge, ordinateur, etc.) contribue également à maintenir la maison à la bonne température. « En passif, on fait des calculs thermiques dans lesquels on intègre la chaleur résiduelle des appareils électroménagers, diffusée naturellement dans l’appartement. Dans le cadre d’un logement passif, le nombre de calories économisées est important, alors que l’apport dans un filtre thermique est assez négligeable. « , précise Stéphen Mure.