Si voyager vous rend fou : ces étranges syndromes qui affectent les touristes

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Jeudi 1er septembre 2022 à 21h30

« On croit qu’on part en voyage, mais c’est le voyage qui fait ou défait », écrit Nicolas Bouvier. Pour certains, découvrir un pays, une nouvelle culture provoque un choc psychologique. Syndrome de Paris, Jérusalem ou Tahiti… Retour sur ces pathologies toponymiques.

« Moi, je suis un imbécile, mais pas jusqu’à voyager pour le plaisir. Ça, non, toujours pas », confiait Gilles Deleuze dans son abécédaire. Pour le philosophe, auteur d’un traité de nomadologie, voyager est synonyme de « casser pas cher ». Abordable ou pas, mais le dépaysement tant recherché par les touristes peut se transformer en véritable choc. La différence des cultures d’une région du monde à l’autre est parfois si grande que certains d’entre eux éprouvent une variété de troubles psychologiques, allant d’un sentiment d’étrangeté prédominant à une arrogance délirante ou à la dépersonnalisation. Ainsi, de nombreux voyageurs du monde sont chaque année victimes du « syndrome du voyageur », comme l’appellent les psychiatres… A ne pas confondre avec le « voyage pathologique », terme psychiatrique qui désigne les déplacements provoqués par des troubles psychologiques préexistants.

Malaise in Paris : la grande désillusion japonaise…

Malaise in Paris : la grande désillusion japonaise…

De ces bouleversements psychologiques, avérés ou contestés, on pourrait aussi faire des étapes d’un tour du monde « malade ». Du syndrome de Florence, ce choc esthétique provoqué par l’abondance d’œuvres d’art, à celui de Paris, la violente désillusion née de la collision entre le Paris rêvé « Amélie Poulainesque » et la réalité. Ou encore le syndrome de Jérusalem, cette psychose qui plonge les pèlerins de la ville sainte dans un délire mystique, comme celui de l’Inde, qui fait perdre toute orientation aux touristes occidentaux… Retour sur les maux de ces voyageurs, leurs découvertes et leurs explications scientifiques . résonances culturelles.

« Pour les Japonais, Paris est la ville lumière, la plus belle ville du monde, la capitale du raffinement et du romantisme. Un mix entre une pub Chanel n°5, des photographies en noir et blanc d’Amélie Poulain et de Robert Doisneau. On passe donc en quelques heures du Paris carte postale aux couloirs sales de Roissy et à la mauvaise humeur du chauffeur de taxi. C’est ainsi qu’il ouvre son témoignage de nouvelle parisienne Eriko Nakamura, ancienne animatrice télé star au Japon.  » Personne ne fantasme autant sur Paris en tant que japonais. Et personne n’est plus choqué par Paris que les Japonais », résume-t-il dans Nââândé !? (Null edition, 2012).

La frustration causée par ce décalage entre la ville imaginée et la ville réelle est loin d’être une expérience isolée. En 1986, Hiroaki Ota, professeur attaché aux urgences psychiatriques de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, identifie la maladie chez de nombreux Japonais qui, profitant du boom économique des années 1980, visitent pour la première fois des lieux prestigieux nippons. « la plus belle ville du monde ». Mais lorsqu’ils atteignent la capitale, le mythe s’effondre. Paris n’a pas les couleurs que l’on voit dans les films de Jeunet, et ses habitants ne conversent pas comme les personnages de Godard sous le Pont des Arts. Au lieu de cela, ils sont bruyants et impolis, loin des manières traditionnelles japonaises.

Ce choc donne lieu aux premiers symptômes connus sous le nom de « syndrome de Paris », note Ota. Ils deviennent d’abord physiques (chaleur soudaine, désorientation…) psychologiques : dépression, insécurité et persécution. On retrouve chez le sujet atteint par le trouble « la persistance d’un sentiment d’admiration excessif et un peu naïf pour la France, contrairement à l’opinion très négative des Français », décrivent les psychiatres Stéphane Quilichini, Bruno Rivet et Pierre Paulin dans la revue Perspectives Psy. Ce syndrome est une forme de phobie sociale acquise, à tel point que certains doivent être rapidement renvoyés au Japon sous la prescription du docteur Ota : « Ne revenez plus à Paris ».

Selon une étude de 2004 co-écrite par Ota, 63 patients japonais (29 hommes et 34 femmes) victimes du syndrome de Paris ont été admis à l’hôpital Sainte-Anne entre 1988 et 2004. L’un d’eux avait vu son alarme se déclencher… un panneau d’affichage dans les couloirs du métro de Tokyo avec le slogan « La France vous attend ». Prenant le signe comme un message personnel, il s’était rendu à Paris où, après quelques jours de frustration, il souffrait d’épisodes de schizophrénie.

Drame florentin : le choc esthétique

Drame florentin : le choc esthétique

Ce phénomène a été spécialement introduit. Par exemple, en 2011, on a pu lire dans le magazine américain The Atlantic qu’une vingtaine de touristes, pour la plupart japonais, venus découvrir Paris, ont dû être renvoyés dans leur pays d’origine après s’être sentis mal dans ses rues. L’auteur de l’article, qui a dû se souvenir avec amertume de sa fuite à Paris, a conseillé de se préparer à la déception, rappelant que « McDonald’s, KFC et autres métros poussent dans la ville comme des boutons d’acné », que « les vols et les agressions y sont monnaie courante » et qu’à Paris « le client n’a pas toujours raison, il existe juste »… Mais la véracité du syndrome ne fait pas l’unanimité chez les professionnels de santé – L’Atlantique ne cite aucune source officielle pour ses chiffres. Pour certains psychiatres confrontés au phénomène, un changement brutal d’environnement culturel peut mettre en lumière des troubles latents chez certains patients qui n’auraient pas été déclenchés dans l’univers familier et sûr du Japon. Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu, a rappelé à Slate qu’il ne faut pas confondre « l’état d’anxiété passager qui peut survenir chez un voyageur en difficulté d’adaptation, et le délire qui provoque des troubles du comportement dans le grand public. Sur la route ». Malgré quelques inquiétudes, Paris reste l’une des destinations touristiques les plus prisées du Japon.

« J’étais déjà dans une sorte d’extase à l’idée d’être à Florence et dans le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombes. Contemplant la sublime beauté, je la voyais de près, pour ainsi dire, la touchais. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les beaux-arts et les sentiments passionnés. Quand je suis sorti de Santa Croce, mon cœur battait la chamade, la vie à la maison était épuisée, je marchais avec la peur de tomber. De passage en Italie en 1817, Stendhal s’arrête à Florence – le nom de la ville, qui sonne déjà comme une promesse de miracles à ses oreilles. Piazza Santa Croce, ses statues antiques, ses bâtiments finement peints… Tout est beau ! Un jeune Grenoblois de 28 ans est saisi d’une émotion violente : l’extase, une joie extrême qui le fait perdre la tête avant de le laisser fatigué et épuisé. Le cœur troublé, absorbé par l’abondance culturelle qu’offre la ville italienne, l’écrivain s’assoit sur un banc et tente de reprendre ses esprits. Critique d’art à ses heures perdues, l’auteur de La Chartreuse de Parme avait encore l’habitude de visiter souvent l’art…

Ce n’est que bien plus tard que l’égarement esthétique du voyageur décrivait une maladie psychosomatique : le « syndrome de Stendhal » ou syndrome de Florence. En 1979, la psychiatre italienne Graziella Magherini a enquêté sur un phénomène au cours duquel des centaines de touristes se sont évanouis devant un tableau d’un maître ancien et ont atterri à l’hôpital Santa Maria Nuovo de Florence. Dans un essai intitulé Le Syndrome de Stendhal, il explique que la plupart des cas étaient des Européens venus seuls. Acquérant les références culturelles nécessaires à l’appréciation des œuvres d’art italiennes, ces dernières sont plus susceptibles d’être influencées par l’offre artistique des musées de la Cité du Lys, alors que les touristes asiatiques ou américains y semblent immunisés. On dit que les touristes qui sont soumis à l’énorme statue de marbre de David après la victoire de Goliath sur David deviennent étourdis et finissent par s’évanouir. La perfection du chef-d’œuvre de Michel-Ange captive les spectateurs plus de 500 ans après son achèvement.

Le grand stress indien : méditation sans frontières

Le grand stress indien : méditation sans frontières

Encore une fois, la pathologisation du phénomène fait débat, ses effets ne s’inscrivent pas dans le glissement appelé « parcours pathologique » en psychiatrie, qui accompagne un épisode de délire. Donner à un syndrome le nom d’une ville, ici Florence, tend à faire du lieu un élément pathogène, comme le faisait la médecine psychiatrique au XIXe siècle avec la théorie des miasmes transmettant la maladie mentale. Cependant, la description du syndrome de Florence reflète l’intensité que peut atteindre l’expérience esthétique et les mystérieux effets somatiques que l’art peut avoir sur nous.

Une randonnée de yoga dans l’Himalaya ou une retraite spirituelle dans un ashram du Kerala, en Inde, est une destination populaire pour les voyageurs en quête d’initiation et d’expériences spirituelles. Mais l’aventure des Julia Roberts, qui ont décidé de changer le cours de leur existence en allant méditer près de la vache sacrée, n’est pas toujours heureuse.

Plusieurs médecins ont décrit le phénomène de désorientation sévère chez les étrangers occidentaux en Inde, allant de la confusion à des états maniaques et des délires psychotiques. « Un voyage en Inde aurait une capacité particulière à bouleverser notre expérience familière », notent le médecin Benoît Dutray et le chercheur Stéphane Moulin dans une revue de L’Autre (2005), après avoir recueilli les témoignages de voyageurs français en Inde. en 1999-2001. A la recherche de « l’Inde intemporelle », beaucoup d’entre eux se sont crus aventuriers dans une terre mystique. « Le voyage émotionnel pendant le voyage en Inde serait un entrelacement de mythes de terra incognita (l’Inde nouvellement découverte était elle-même de l’éternité) et une expérience d’étrangeté troublante », décrivent-ils. L’un des témoins raconte par exemple les rêves étranges qu’il ne voit qu’en Inde, la foule incessante dont il ne comprend pas les mouvements, les regards curieux des Indiens qui lui demandent de la photographier « comme si [il était] Brad Pitt ». jusqu’à ce qu’il développe des « sensations d’inflation mégalomane »…

Croyant atteindre un pays où l’harmonie et la spiritualité sont omniprésentes, le premier contact des touristes avec l’Inde est parfois accueilli avec une forte déception. Encore une fois, c’est la juxtaposition du pays mythique et de la réalité qui provoque un « choc culturel » différemment géré par les voyageurs. Terme inventé par l’anthropologue canadien Kalervo Oberg dans les années 1960, il fait référence à une expérience très stressante de désorientation physique et psychologique. Cela est particulièrement vrai pour les voyageurs et les étrangers qui sont obligés de trouver de nouvelles directions dans un environnement inconnu.

Dans leur étude, Benoît Dutray et Stéphane Moulin décrivent des expériences de choc culturel violent. Madeleine dit que chaque Indien qu’elle rencontre se gratte l’entrejambe en la regardant dans les yeux, « elle y voit une provocation, un complot organisé contre elle ». Un autre patient est venu consulter deux médecins car il a vécu son voyage en Inde comme un « voyage sur tapis roulant » à une vitesse incontrôlable et cela télescopait les images d’un vieux conflit familial. « Il s’est posé la question de manière ambivalente, se demandant s’il aurait dû faire face à ces pensées sans le voyage en Inde », commentent-ils.

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L’Inde a-t-elle une force perturbatrice mystérieuse, un ingrédient qui obscurcit notre direction ? Jusque dans les années 1970, on avait tendance à associer ces délires psychotiques à la consommation de psychotropes… Pourtant, selon Régis Airault, ancien psychiatre au consulat de France à Bombay, l’expression « syndrome indien » a largement contribué à la vulgarisation . , il n’est pas exagéré de dire que le pays de Gandhi peut rendre « les Occidentaux fous ». A plusieurs reprises, il renvoya des Français qui avaient perdu une jambe dans leur patrie. Dans son livre Mad About India, Western Delusions and Oceanic Feelings (Payot & Rivages, 2016), le médecin décrit les décompensations psychiatriques de ces voyageurs après avoir été complètement désorientés par les scènes de la vie quotidienne indienne, la foule et son bruit, la pauvreté et le dénuement. . la présence physique de la mort… Il raconte par exemple qu’une jeune fille s’était mise à embrasser des vaches sacrées lors d’un voyage humanitaire, et qu’une autre venue quelques mois en Inde pour se ressourcer avait failli se noyer. essayant de nager pour rejoindre ses parents en France.

A Jérusalem, le voyageur attendu comme le messie

A Jérusalem, le voyageur attendu comme le messie

« Ces impressions contradictoires, ces sentiments opposés qui existent en un instant et ‘réveillent vos émotions’, c’est ça l’Inde », écrit-il. « Voir un homme vêtu de blanc, d’un blanc immaculé, sorti de la boue, dans le pire bidonville, où , en cinq minutes, tu serais noir de la tête aux pieds, c’est l’Inde : la pureté pousse sur l’abject. La vie et la mort côte à côte ». Ou comment le rêve d’un voyage initiatique en Inde commence par l’offrande de sa boussole…

Un homme errant pieds nus près du Mur des Lamentations qui a soudainement enlevé ses chaussures de randonnée. Un autre, vêtu d’une toge en lin volée dans un hôtel voisin, s’agenouille devant le pilier du Dôme du Rocher où Mahomet est monté au ciel, l’emplacement du centre du monde, selon la religion musulmane. selon les juifs de la région. Et ce couple qui se met soudain à prêcher parmi les touristes, comme en mission divine.

Ces scènes ne sont pas rares à Jérusalem. Chaque année, le centre psychiatrique de Kfar Shaul, dans la vieille ville, reçoit des dizaines de touristes atteints d’un mystérieux délire : le « syndrome de Jérusalem », notamment lors des grandes fêtes religieuses et des chauds mois d’été. Syndrome de Stendhal en forme d’expérience religieuse : trop de minarets, de flèches, de sanctuaires, de symboles religieux et de bibelots saints syncrétiques mal digérés sur les étals des marchands… Trop d’attente même pour les pèlerins, tous accablés de leurs prières et de leurs plaintes. C’est au psychiatre allemand Heinz Herman que l’on doit la paternité de l’expression « syndrome de Jérusalem ». Dans les années 1930, il a commencé à l’utiliser pour désigner la névrose des pèlerins voyageurs écrasés par le fardeau religieux d’une ville du Moyen-Orient. Victimes de troubles dissociatifs, ils se considèrent comme des saints, des prophètes ou la Vierge Marie… En août 1969, un chrétien australien de 28 ans qui s’était porté volontaire dans un kibboutz entre en transe : convaincu de ce qui va se passer. Lorsque le Messie arrivera, il mettra le feu à la mosquée Al-Aqsa. Un « hotspot » névrosé, les médecins regardent attentivement le mur des lamentations, à la recherche de lumières dangereuses…

L’échec de Robinson à Tahiti

L'échec de Robinson à Tahiti

Le Dr Moshe Kalian, psychiatre au ministère israélien de la Santé et spécialiste du syndrome de Jérusalem, fait remonter les premières observations des manifestations de ce trouble au XIXe siècle. Il rapporte que dans la plupart des cas l’atmosphère religieuse de Jérusalem n’est pas la cause principale des crises, les visiteurs psychotiques étaient souvent conduits vers la ville sainte par des « motifs délirants dérivés de leur croyance religieuse », qui ne jouaient que sur l’exaltation mystique de la ville. rôle révélateur dans leurs déboires. Mais il arrive que certaines personnes vivent ce syndrome sans antécédent psychiatrique. Selon une étude réalisée en 2000 dans le British Journal of Psychiatry par le Dr Yair Bar El, ancien directeur du centre psychiatrique de Kfar Shaul, la plupart de ces patients sont protestants et issus de familles très religieuses. Selon lui, le phénomène s’explique par le fait que « les protestants adressent leurs prières à un Etre intangible, tandis que les catholiques font intervenir un prêtre, médiateur tangible ».

« Que vienne le jour où je m’évade dans la forêt d’une île océanienne, y vis dans l’extase, la paix et l’art. Entouré d’une nouvelle famille, loin de cette lutte européenne après Là, à Tahiti, je peux, le silence de la belle forêt tropicale nuits, écouter la douce musique murmurante des mouvements de mon cœur dans un amour en harmonie avec les créatures mystérieuses de son entourage. Enfin libre, libéré des soucis d’argent et capable d’aimer, de chanter et de mourir. En février 1890, Paul Gauguin partage avec sa femme le rêve de s’évader dans un coin de paradis à la végétation luxuriante, à l’eau turquoise et au sable blanc… Tahiti, la « destination rêvée » des continents encore vivement colorés à la Une. agence de voyages.

A côté du mythe d’une île plantée au milieu de l’océan Pacifique se trouve le mythe de Robinson. Mais pour les réfugiés volontaires, l’île déserte tant convoitée montre souvent sa dureté : fortes variations climatiques, isolement et immensité d’une nature vierge et rebelle. Dans une étude consacrée aux voyages pathologiques à Tahiti, des psychiatres du Centre hospitalier de la Polynésie française dressent le portrait de Robinson, qu’on pourrait qualifier de « finister » ou d’explorateur du bout du monde : il part à la recherche du mystérieux. des lieux reculés et difficiles d’accès, sur les traces des « gardiens du grand secret » des civilisations perdues… Le profil de « Bougainville » se dessine également, aveuglé par le « mythe de la nouvelle Cythère » : il estime que il trouvera Tahiti, Samoa ou Tonga, une île paradisiaque, où règne une morale libre, notamment en matière de sexualité, et qui est capable d’abandonner les conventions occidentales dans son rapport au « bon sauvage » – une vision complètement biaisée et exotique qui le prépare à une désillusion violente.

Le syndrome d’Island, parfois appelé « syndrome de Tahiti » ou « syndrome de Mayotte », s’apparente à une lune de miel qui a mal tourné, selon le psychiatre Régis Airault. Au bout de quelques semaines ou mois, « le voyageur se retrouve prisonnier de son fantasme insulaire, avec un sentiment de fermeture, d’angoisse, une expérience dépressive, une expérience de persécution », explique-t-il dans une revue Haut Conseil en Santé (n°76 , 2001). Certains tentent d’échapper à ce mauvais pressentiment en consommant des substances enivrantes (alcool, cannabis, etc.), d’autres par des aventures sexuelles (la maison de plaisir de Gauguin, etc.) ou en s’investissant à outrance dans leur travail.

Une infirmière d’un centre hospitalier de Polynésie française interrogée par Slate en 2011 avouait n’accepter que quatre ou cinq routards dans son service, de jeunes métropolitains avec des pathologies psychiatriques préexistantes. « Ils arrivent à un nom qui les fait rêver, à un mythe, explique-t-il. Ils se disent : ‘Pourquoi ne pas essayer de recommencer ailleurs ?’ et j’espère mettre autant de distance entre eux et leurs problèmes qu’entre les grande ville et Tahiti. » Ensuite la réalité : vie chère, marché du travail saturé, pollution. « La pathologie refait alors surface car ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent, poursuit l’infirmière. Ils décompensent et finissent à l’hôpital en état de crise, en mode ballonnement forcené. »

A la fin du voyage, le routard n’est pas à l’abri d’un autre mal : ne parle-t-on pas aussi du « syndrome du retour » ? La phase de réhabilitation peut être plus ou moins douloureuse et atroce selon le fossé culturel entre le pays visité et le pays d’origine. Comme autre effet secondaire résultant de cette confrontation entre les attentes du voyageur avant le départ et la réalité vécue sur le terrain. Dans cette longue liste de pathologies toponymiques, citons aussi quelques syndromes peu susceptibles de toucher les voyageurs, comme le syndrome de Stockholm ou de Lima, qui décrivent la relation empathique entre un gardien de prison et son otage, ou la mystérieuse Havane, fléau sans frontières qui sévit actuellement n’attaque que les diplomates…

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Quel est le synonyme de syndrome ?

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Rém. Le terme est parfois synonyme. de la maladie. SYNT.

  • Quels sont les différents syndromes ? Classification médicale
  • Syndrome chromosomique.
  • Syndromes neurologiques.
  • Les syndromes pneumologiques.
  • Syndromes néphrologiques.
  • Syndromes hématologiques.
  • Les syndromes infectieux.
  • Les syndromes psychiatriques.

Quel est le synonyme du mot symptôme ?

Autres syndromes non classés.

Quel est le sens du mot syndrome ?

Synonyme : avertissement, annonce, allusion, manifestation, signe, présage, révélateur, signal, présage. â Littérature : prodrome, stigmate.

Quelle différence entre un syndrome et une maladie ?

Ensemble de plusieurs symptômes ou signes associés à un état pathologique spécifique, qui, lorsqu’ils sont regroupés, peuvent guider le diagnostic. 2. Figuratif. Ensemble de comportements caractéristiques d’un groupe de personnes ayant vécu la même situation traumatisante : le syndrome du Vietnam.

Quel est le syndrome de Stockholm ?

Si un symptôme fait référence à un signe ressenti par un patient (fièvre, douleur, etc.), un syndrome est un ensemble de plusieurs symptômes pouvant indiquer la présence d’une maladie.

Cela montre la tendance des otages, qui ont longtemps partagé la vie de leur geôlier, à sympathiser avec eux et à adopter leur point de vue. L’histoire du syndrome a commencé avec le hold-up d’une banque prise en otage à Stockholm en 1973 par deux évadés de prison qui ont pris en otage quatre employés.

Comment savoir si on a le syndrome de Stockholm ?

Qu’est-ce que le syndrome de Stockholm ? Le syndrome de Stockholm se caractérise par : ⺠La création d’un lien d’affection, d’empathie positive, de compréhension mutuelle voire d’amour entre la victime et son agresseur, qui se développe de manière inconsciente et involontaire.

Quel est l’inverse du syndrome de Stockholm ?

Symptômes du syndrome de Stockholm Perte de l’esprit critique, la victime ne remet en cause aucune des actions de l’agresseur. Empathie positive envers son ravisseur, la victime s’identifie à son agresseur. Confirmation éthique et morale des actes de l’auteur.

Comment savoir si on a l’anhédonie ?

Le syndrome de Lima est l’opposé du syndrome de Stockholm. Dans ce cas, les preneurs d’otages ou les agresseurs sympathisent avec leurs victimes et deviennent réceptifs à leurs demandes et à leurs besoins.

Symptômes d’anhédonie Indifférence caractéristique des patients vis-à-vis des relations sociales ; manque d’émotions positives; Perte d’affection pour la famille et les amis ou incapacité d’être aimé; Perte de satisfaction dans diverses activités.

Pourquoi je ne ressens plus d’émotions ?

Pourquoi ai-je l’impression de ne plus rien ressentir ? L’anhédonie se caractérise par le fait de ne pas ressentir d’émotions positives et est en fait un système de défense créé par notre cerveau. L’alexithymie, en revanche, est un trouble qui rend le patient incapable de distinguer ses émotions.

Comment sortir d’une anhédonie ?

L’anhédonie est donc une défense de notre cerveau qui nous empêche de nous sentir anxieux, mais nous empêche également de ressentir des émotions positives. Ne pas souffrir est un isolement émotionnel qui finit par être une torture car il nous empêche de vivre.

Quand on a plus envie de rien faire ?

L’anhédonie est un symptôme difficile à traiter. « Les médicaments ont une efficacité relative. Les plus efficaces contre l’anhédonie sont les antidépresseurs qui fonctionnent avec la dopamine (un neurotransmetteur).