Reportage. Nous avons passé une journée chez les religieuses bénédictines de Rosheim

Au pied du Mont Sainte-Odile, huit femmes vivent au rythme de la règle monastique de saint Benoît. Retiré du monde, mais attentif à son évolution. Ses journées s’écoulent entre la prière et le travail sans être un instant monotones. Nous avons passé une journée avec eux.

Dans la chapelle Notre-Dame du Sacré-Cœur de Rosheim, le silence résonne sous les voûtes de pierre, carillonné par le chant des oiseaux. Sept heures viennent de sonner au clocher du monastère. Une porte s’ouvre sur le chœur. Vêtues de noir, cheveux blancs, les sœurs Marie-Pierre, Anne-Marie, Constance, Mectilde, Thérèse-Marie et Marie Priscille entrent les unes après les autres. Chacun salue l’autel avant de prendre place sur les gradins, sièges en bois placés de part et d’autre, le long des murs. Quelques notes sur un tout petit clavier et les voix des bénédictines s’élèvent ensemble. C’est le début des Laudes.

Une douzaine de personnes sont venues à bord du navire pour assister au deuxième service de la journée. Certains résidents et personnes séjournant à l’hôtel du monastère. Séparé des religieuses par une petite barrière en bois, avec elles en prière. Tout le monde semble être aux aguets malgré l’heure matinale. Mais qui veut vivre au rythme des nonnes, doit accepter de se lever tôt. Pour les veillées, le premier office de la journée à 6h, les sœurs sont généralement ouvertes à 5h30. Le petit déjeuner vient après la cérémonie.

La Règle et la discrétion

La Règle et la discrétion

7 h 20. Lorsque l’office est terminé, les sœurs franchissent la porte du fond du chœur et montent vers le monastère et la salle capitulaire. C’est dans cette petite salle que se tient le chapitre, une réunion quotidienne où l’on discute de l’actualité de la communauté. Il commence par une lecture de la Règle de saint Benoît. Écrit au VIe siècle par le fondateur de l’ordre bénédictin, Benoît de Nursie, ce règlement régit la vie monastique au monastère de Rosheim, mais son application est loin d’être rigide. « Saint-Benoît insiste beaucoup sur la notion de discrétion », explique sœur Marie-Pierre, la prieure – ou chef – du monastère. Il s’agit d’une certaine souplesse dans le respect de la règle en fonction des besoins et des équilibres de chacun. Dernier exemple : l’annulation des veillées pendant la canicule, pour que les sœurs puissent dormir un peu plus longtemps.

Ce jour-là, sœur Marie-Pierre prescrit un passage sur le silence avant de l’expliquer. Un temps de prière commune conclut cette première partie de la rencontre, puis commence une discussion plus informelle sur le programme de la journée. « Nous accueillons deux journalistes qui sont venus vers nous, qui sont venus voir comment nous vivons, glisse malicieusement la prieure dans un de ses larges sourires, avant d’évoquer sur un ton enjoué les travaux qui se déroulent dans le domaine du couvent. peur de Grisette, la chatte du couvent, qui n’ose plus quitter le dessous d’un fauteuil car le premier coup de marteau retentit Deux ou trois mots sur les affaires courantes et la séance est levée Chacune des sœurs quitte la sienne La prieure sort saluer les ouvriers.

8h00 Au deuxième étage du monastère – qui tire son nom de l’espace du monastère, réservé exclusivement aux sœurs, Sœur Anne-Marie est en pleine lectio divina dans sa chambre. Un lit, une armoire, un petit évier et une table meublent la cellule. « Ce moment de la journée est consacré à un temps de lecture et de méditation des saintes écritures, explique sœur Anne-Marie. Aussi un temps de proximité avec Dieu, pour ceux qu’il décrit simplement comme un espace temps dans lequel elle se sent « bien » avec lui. « Comme tu le fais quand tu passes du temps avec ta femme ou ton amant. » Aussi un moment de réflexion. « Aujourd’hui, quel mot dois-je garder pour passer la journée ? Qu’est-ce que je laisse résonner en moi ? », poursuit la religieuse, très pédagogue.

« Suivre ce pourquoi on a été créés« 

« Suivre ce pourquoi on a été créés« 

La conversation tourne au silence, mentionné au cours du chapitre et nécessaire pour soutenir la prière et le souvenir. « Habituellement, nous ne nous parlons pas », explique Nunn. Sauf quand on travaille, ou quand on a besoin de communiquer. C’est la fameuse discrétion.

« Il est important de comprendre que nous ne sommes pas là pour adhérer à un ensemble de lois et de règles. Nous ne sommes pas dans le respect absolu d’une discipline, mais dans l’observance d’un certain nombre de principes. » moins le respect de la règle de saint Benoît à la lettre, que celui de l’esprit du texte.

Mais qu’est-ce qui pousse une femme à choisir de se retirer du monde pour consacrer sa vie à la prière et au travail ? « Une petite voix », pour la soeur Anne-Marie qui explique avoir reçu « un appel » à l’âge de 17 ans. Mais n’être entré dans les ordres qu’à l’âge de 35 ans. « J’aimais faire la fête, j’allais aux foires de Séville. Je sortais beaucoup et je me disais que la vie monastique n’était pas pour moi. J’étudiais, trouvais un travail qui gagnait très bien ma vie, rencontrais des garçons. Mais plus je atteint les objectifs que je m’étais fixés, plus je sentais grandir un vide en moi. Si elle connaissait le monastère bénédictin qu’ils y séjournaient déjà, ce sont finalement les marchés de Noël que la « Femme attirée vers l’Alsace, qui s’était juré soigneusement de ne jamais aller plus au nord que Montpellier. Et elle a découvert le monastère de Rosheim, qu’elle a choisi. « Je ne suis pas venue ici parce que c’était le rêve de ma vie », s’amuse-t-elle. Mais je pense qu’il est important d’écouter ce qu’il y a au fond de nous et suivre ce pour quoi nous avons été créés. »

Treize ans après avoir prononcé ses vœux, sœur Anne-Marie est loin d’être lasse de cette vie. Régulièrement, certes, mais pas sans soulagement. « Il y a un temps pour tout au monastère. Pour la prière, pour le travail. Seul ou entouré de la communauté. C’est une vie très équilibrée et très équilibrée.

9 heures C’est l’heure de la messe. La robe blanche des prêtres contraste avec l’habit noir des sœurs. Cette fois, la réunion compte une quinzaine de personnes dans le navire.

Une boulangerie dans le couvent

Une boulangerie dans le couvent

10h00 Les bénédictins sont au travail. Au rez-de-chaussée du monastère, Sœur Thérèse-Marie nettoie l’atelier pour les hôtes. Depuis 1962, Notre-Dame du Sacré-Cœur de Rosheim fait partie de la trentaine de monastères français qui produisent ces petits pains ronds sans levain, consacrés par les prêtres au moment de l’Eucharistie. Vêtue d’une blouse blanche sur son habit noir, la religieuse de 66 ans nous montre toutes les machines, du pétrin au four, qui est équipé de plusieurs fers. Recette? « 20 litres d’eau et 21 kilos de farine pour un gâchis ». La cuisson varie selon que l’on souhaite obtenir des hosties blanches ou dorées. Mais en été, le four est éteint pendant un ou deux mois pour éviter les chaleurs inattendues. Sœur Thérèse-Marie la garde. « J’ai été formée à ce poste par la sœur en face de moi », explique celle qui démonte et remonte les pièces du four avec une force et une aisance troublantes.

De l’autre côté du couloir, Sœur Marie-Priscille surveille la découpe automatisée des hosties sur une machine ultramoderne. Tout est robotique. En quelques minutes, les 38 planches superposées se transforment en petites tranches de pain. Trié par Sœur Mectilde quelques instants plus tard, sur un rouleau. Les invités sont ensuite cuits à la vapeur et prêts à être livrés. Le monastère a vendu 2,7 millions l’an dernier.

12h Sœur Mectilde a arraché son tablier blanc et attend sur une chaise au milieu du couloir du premier étage. Un œil sur sa montre. « Elle ne sera pas punie », s’exclame la prieure. Elle est notre sœur réglementaire. « Celui qui sonne la cloche pour annoncer les offices. Un métier facile ? Moins qu’il n’y paraît. » Il faut savoir anticiper, y réfléchir en travaillant ou en priant et prendre un peu d’avance. Tout le monde ne peut pas faire ça. Clin d’oeil de Sœur Mectilde derrière la prieure. « Généralement, on appelle ceux qui sont du genre à arriver en gare une heure avant le départ du train de peur de le rater. Il est précisément l’heure et Sœur Mectilde sonne la cloche. « Les sœurs savent qu’elles ont dix minutes pour monter se changer ou finir ce qu’elles font. Elle n’avait pas fini sa phrase quand sœur Constance et sœur Anne-Marie ont monté l’escalier en courant.

Un lieu ouvert sur le monde

Un lieu ouvert sur le monde

12h30 L’office de midi vient de se terminer et les sœurs montent au couvent en procession, tranquillement, solennellement, pour entrer dans le réfectoire. Sans un mot, ils déjeunent en écoutant des enregistrements de prières ou des émissions liturgiques et se servent mutuellement. Un rituel loin d’être anodin : « C’est une manière pour nous de nous mettre au service de nos sœurs », explique la prieure.

De notre côté, nous sommes invités à déjeuner à l’hôtel, l’autre grand bâtiment à l’intérieur des murs du monastère. Cet ancien internat pour filles entièrement rénové compte aujourd’hui douze chambres, une salle à manger et deux salles de conférence. Pour une capacité totale de 25 couchages. Il y a à la fois des groupes en démarche spirituelle et des individus en séjour touristique. « L’accueil des voyageurs, et surtout des pèlerins, fait partie des services que doivent rendre ceux qui suivent la Règle de saint Benoît », explique la prieure qui nous rejoint une demi-heure plus tard.

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Pour le fondateur de l’ordre, le monastère est un lieu « retiré, mais pas coupé du monde ». Plutôt l’inverse. C’est même un lieu « ouvert sur le monde » et ses évolutions. Outre les visiteurs, les sœurs de Rousheim accueillent également des écoliers à l’heure du déjeuner, et des groupes de jeunes se préparant à la communion et à la confirmation, avec lesquels elles échangent plus que de simples questions religieuses. « Dans le dernier groupe, on m’a demandé si on pouvait accueillir une sœur trans dans la communauté. Les jeunes étaient surpris que je connaisse ces réalités et qu’on puisse en parler ».

Outre la gastronomie, le monastère accueille également des internes, des jeunes femmes admises au monastère, vivent au rythme des sœurs et partagent leur quotidien. « Nous recevons des lettres régulières et nous vérifions la demande », a expliqué la prieure. Nous avons accueilli 14 personnes au cours des douze derniers mois. Certains viennent ici pour une retraite spirituelle, d’autres font une pause dans leur vie. D’autres encore observent la vie monastique dans le cadre d’une réflexion pour entrer dans les ordres.

Si tel est le cas, ils deviendront aspirants pendant un an, puis postulants pendant un an avant de faire deux ans de noviciat. A la fin de cette période, s’ils veulent toujours entrer au monastère, ils feront des vœux temporaires avant de les renouveler définitivement trois ans plus tard.

Un bonheur à partager

C’est le chemin qu’a suivi Sœur Marie-Pierre avant de devenir prieure. « Je suis arrivé au monastère après une longue résistance à l’appel », se souvient celui qui a découvert « l’Eglise et le Christ » à travers le catéchisme. « C’est à la suite d’un mouvement que j’ai vécu comme étant élevée. En grandissant, j’ai réalisé que ce bonheur que je pouvais trouver, je ne pouvais pas le garder pour moi. Ma vie devait devenir une caisse de résonance pour l’amour de Dieu. » Selon elle Etudiante à Strasbourg – et surtout diplômée à Sciences Po – la jeune femme a exercé pendant plusieurs années la direction générale des services d’une commune. Consacrer sa vie à Dieu allait au-delà du reste. Elle a finalement prononcé ses vœux en 2004.

Plus qu’une règle, c’est avant tout une communauté que les sœurs choisissent lorsqu’elles entrent dans les ordres. Des compagnons avec qui ils passent leur vie – et leur mort, dans le cimetière à l’intérieur des murs du monastère. Les aspirants prennent généralement le voile là où ils ont commencé leur voyage. « Avec le temps, la communauté devient la famille de chacune de nous, et la famille de chacune devient celle de la communauté », explique la prieure, qui connaît bien les proches de toutes ses sœurs.

Une boutique au monastère

15h Les travaux se poursuivent au monastère. Tandis que Sœur Mectilde s’occupe du service des repas et de la préparation des chambres de l’hôtel, Sœur Anne-Marie gère la bourse depuis son bureau informatisé au premier étage du couvent. Lorsque les sœurs prononcent leurs vœux perpétuels, elles doivent « avoir mis de l’ordre dans leurs affaires », comme le veut la règle. Cela signifie : ne rien posséder. Vêtements, chaussures, brosse à dents, livres, mots croisés… les religieuses se tournent vers la sœur économe si elles ont besoin de quoi que ce soit. Mais ce système suppose également des flux de trésorerie.

L’activité hôtelière ne pouvant être rentable en raison de son taux d’occupation, c’est la production des hosties qui a longtemps été la principale source de revenus du monastère. Mais avec la crise sanitaire, les ventes ont chuté drastiquement, passant de 5,2 millions d’hosties vendues en 2018 à 2,7 millions en 2021. Lors du premier confinement, les bénédictins de Rosheim ont même perdu la totalité de leurs revenus. C’est là que l’entreprise monastique est née. « On a commencé à coudre et à vendre des masques », se souvient sœur Anne-Marie. Les gens venaient à notre rencontre pour acheter quelque chose et une chose en entraînant une autre, nous avons commencé à proposer d’autres choses. »

Installée dans la réception de l’hôtel, la boutique propose désormais gourmandises, confiseries – roses de Sainte Odile et biscuits préparés par les sœurs – icônes, livres, bien-être et artisanat d’art. En plus de l’économat, la sœur Anne-Marie gère les composantes de ce magasin et l’accueil des clients aux heures d’ouverture avec quelques bénévoles. Ils démarchent également les entreprises pour accepter de vendre certains produits en magasin. Une forme de parrainage pour ceux qui acceptent.

« A la fin de la première saisie, le vigneron Rolly-Gassman a accepté de nous faire une cuvée spéciale », se souvient Nunn. La vente nous a permis de financer une partie des travaux de rénovation du monastère ». Outre l’aspect mercantile, c’est aussi une autre forme d’ouverture sur le monde pour les sœurs. « Quand la plupart des gens viennent chez nous, ce n’est pas seulement pour acheter. Ils viennent aussi nous raconter leurs histoires, partager leurs histoires », explique la sœur

Anne-Marie, qui pousse les murs pour trouver où installer de nouvelles étagères et travaille également sur la boutique en ligne du monastère. Ces derniers devraient prochainement proposer leurs produits sur Monastic Crafts, un site de vente en ligne exclusivement de produits fabriqués dans les monastères.

Dieu dans une boite de Jazz

16h30. Au deuxième étage du monastère, sœur Marie-Éliane travaille des dizaines de chants grégoriens dans sa chambre. A 89 ans « et demi », le doyen du monastère se remet d’une mauvaise chute, qui l’empêche pour l’instant de descendre à la chapelle ou de manger avec ses sœurs. Mais ne la rendez pas moins alerte.

La religieuse a découvert sa vocation à Paris dans les années 1950, face à Guerlain », où elle se souvient avoir rencontré Joséphine Baker une ou deux fois. « Le soir on va dans des clubs avec des amis pour écouter du jazz. Duke Ellington, Armstrong… J’ai aidé à organiser les concerts. Et dans cette bande il y avait un petit noyau de catholiques pratiquants. Moi, j’avais quitté l’église à 14 ans, mais en l’ayant régulièrement, j’ai commencé à lire les pères de l’église, les grands croyants, la Bible, et j’ai été très séduit. Je suis tombé sur des paroles qui m’ont laissé perplexe. »

Comme d’autres bénédictines, sœur Marie-Éliane a d’abord hésité à répondre à ce qu’elle ressentait comme un appel. « Je ne me voyais pas dans une vie contemplative. Et puis j’avais envie de m’épanouir : j’envisageais d’enseigner ou de travailler dans le soin », se souvient la religieuse. Mais en 1962, elle prend le voile dans un couvent parisien, avant d’arriver à Rosheim quelques années plus tard, en raison de sa fermeture.

Soixante ans après son entrée dans les ordres religieux, sœur Marie-Éliane est philosophe sur le renoncement à la vie monastique. Le couple, la maternité… et le jazz. « J’ai rencontré le chant grégorien », se réjouit-elle avec un sourire éclatant. Et j’ai découvert d’autres possibilités, d’autres beautés qui existent dans ce monde. »

17h Dans la sacristie de l’église – une petite pièce attenante où sont rangés les objets liturgiques – Sœur Constance prépare le calice, les croix et le bassin sur un petit plateau, avant les vêpres.

A 25 ans, cette novice issue d’une famille catholique pratiquante de Picardie est la benjamine du monastère de Rosheimer. C’est lors d’un voyage en Argentine dans le cadre de ses études en génie des matériaux qu’elle réalise qu’elle est aussi appelée à prendre des commandes. « Je m’en souviens bien : c’est le 22 août 2018 que le Seigneur m’a appelée. Je m’étais déjà posé la question auparavant, mais jusque-là elle ne m’avait jamais semblé plausible. Elle est venue deux ans plus tard, à l’âge de 23 ans, en tant que postulante au monastère de Rosheim, après avoir obtenu son diplôme.Quand elle évoque son parcours, la jeune femme insiste sur la place de la foi dans ce choix de vie.

« Je n’ai pas pris cette décision parce que je voulais quitter le monde et la société de consommation », sourit celle dont le choix a été salué par ses proches. « C’était surtout douloureux pour mes amis qui ne croient pas en Dieu. Pour eux, entrer au monastère, c’était un peu comme aller en prison », explique-t-elle en riant.

Au cours de sa formation, la jeune femme a eu l’occasion de passer du temps dans un monastère avec un groupe de postulantes venues de toute la France. « Ils étaient 4 ou 5 qui avaient à peu près mon âge, entre 25 et 30 ans. C’était très agréable de discuter avec eux et de découvrir que nous partagions une expérience commune. Je me suis dit « je ne suis pas fou ». des années après avoir commencé son parcours pour devenir bénédictine, sœur Constance est en paix avec son choix : « C’est une joie qui m’anime », explique-t-elle au son de la cloche.

17h30, heure des Vêpres. Le pélastest office du jour, avant les complies vers 20 heures. Entre les deux, les sœurs ont prévu un temps libre entre elles, dans leur très beau jardin, réservé à la communauté. A côté de la porte, ils ont déjà préparé le jeu de Mölkky.