Karla Meza vit au Canada depuis plus de 20 ans. La Québécoise d’origine mexicaine, aujourd’hui mère, journaliste et réalisatrice de documentaires, a eu une longue carrière dans le milieu financier québécois. Après qu’un accident de voiture lui ait donné le temps de réfléchir, elle décide de réaliser son rêve d’enfant : travailler dans la communication et le journalisme.

Karla Meza a visité le Canada pour la première fois à l’âge de 15 ans. C’était en 1988, lors d’un échange linguistique familial pour apprendre l’anglais à Brampton, en Ontario.

Je suis tombé amoureux du Canada. Je l’ai toujours idéalisée et j’ai toujours eu envie d’y retourner, a confié à Radio Canada International (RCI) la journaliste d’origine mexicaine, qui fait des reportages pour Metro, un quotidien montréalais.

Mais ses parents lui ont donné un avertissement que beaucoup de parents donnent à leurs enfants : il faut d’abord étudier. Karla les a écoutés et a donc étudié l’administration des affaires au Tecnológico de Monterrey, avec les graines du journalisme dans son cœur et dans sa tête. Elle est ensuite devenue entrepreneure dans l’industrie du chocolat. L’envie de revenir au Canada était toujours là : à 21 ans, elle décide de monter dans un avion et d’y rester temporairement… du moins c’était le plan.

Trois mois se sont transformés en six mois, et c’est ainsi qu’elle a rencontré le père de son enfant. Nous ne sommes plus ensemble, mais c’est une des raisons qui m’ont soutenu dans ma décision de rester au Québec. J’avais 21 ans.

Karla a gardé son entreprise au Mexique : après tout, c’est un projet qu’elle a lancé dans le cadre du programme d’entrepreneuriat du Tecnológico de Monterrey.

Son séjour au Québec est donc prolongé, bien que les voyages au Mexique soient constants. Lors de ses allers-retours, elle a pris la décision de rester et lors d’un de ses voyages au Mexique, elle a préparé tous les documents nécessaires pour revenir en tant que résidente permanente.

Karla a demandé aux autorités consulaires l’option d’attendre son certificat de sélection du Québec sur le territoire canadien, ce qu’elles lui ont accordé. Mais à l’époque, ceux qui étaient dans ce processus n’avaient pas de permis de travail comme ils en ont aujourd’hui.

Elle a attendu comme ça pendant un an. Ce parcours m’a beaucoup aidé à comprendre, aujourd’hui en tant que journaliste, les gens que je rencontre et ce qu’ils vivent. Bien que je n’aie pas eu ce parcours difficile, j’ai traversé beaucoup de choses comme l’exploitation et la discrimination…

Pour Karla, toutes les expériences qu’elle a vécues étaient une sorte d’aventure, car elle était convaincue que ce serait temporaire. Mes parents ne le savaient même pas, dit-elle.

Les papiers sont enfin arrivés et Karla avait déjà un travail officiel.

Karla Meza a étudié le journalisme à Montréal après une carrière en finance. A 43 ans, elle décide de retourner à l’université pour réaliser un rêve de jeune fille.

Photo: Cortesía / Dania S. Lemieux

Premières expériences

Karla Meza a commencé à travailler chez Disc America, une société responsable du mastering des CD et des DVD. Elle occupait le poste d’assistante de direction et son espagnol était une valeur ajoutée pour le poste, car l’entreprise contrôlait également une partie du marché alors en croissance de la musique latine aux États-Unis.

Tout n’était pas rose pour la jeune femme puisqu’elle devait aussi répondre aux appels en français. Cela m’a beaucoup dérangé de répondre et de ne pas comprendre ce que les gens disaient. J’ai dû leur dire : « Pourriez-vous répéter cela, s’il vous plaît ? et ainsi j’ai fait, petit à petit… ils ont été patients avec moi.

Plus tard, Karla a été référée pour travailler dans une autre entreprise, également en tant qu’assistante de direction. Ils m’ont recommandé. J’ai vraiment eu de la chance. J’ai travaillé très dur, mais j’ai eu beaucoup de chance.

Son troisième employeur était Desjardins, où elle a passé 11 ans dans divers postes. Elle était enfin dans le domaine dans lequel elle avait étudié, ce qui la fascinait également. J’aime la finance et les affaires. J’ai ce côté très fort, mais j’aime aussi beaucoup tout ce qui touche à la communication.

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Une passion pour le journalisme

Karla Meza en pleine production à l’INIS, où elle a reçu une subvention de Netflix.

Photo : Cortesia / Tarek Bendahmane / INIS

Karla voulait être journaliste quand elle était adolescente. Quand elle a dit à sa famille et à ses amis qu’elle se spécialisait en administration des affaires, ils ont répondu : Quoi ? Au moment de l’inscription, bien que passionnée de journalisme, elle tombe amoureuse des cours bilingues en marketing international. Cela a totalement changé son destin.

Après avoir démarré une entreprise au Québec et avoir eu un accident de voiture qui l’a forcée à arrêter sa vie bien remplie, la journaliste, qui est aussi mère célibataire, a décidé de retourner à l’université. Quelque chose qu’elle avait toujours voulu faire, mais une vie aussi occupée qu’elle ne permettrait pas.

Alors elle s’est dit, tu sais quoi ? Je ne veux pas perdre cette étincelle de ce que j’aurais pu devenir si j’avais été journaliste, parce que c’est ce que je voulais faire quand j’étais petit.

C’est ainsi qu’à 43 ans, Karla s’inscrit au certificat en journalisme de l’Université de Montréal, un certificat d’un an qu’elle complète à la vitesse de l’éclair. Le passage en classe, en plus de tout l’apprentissage qu’elle a acquis dans ce monde qu’elle aimait depuis l’enfance, a conduit Karla à choisir un autre certificat en recherche. Et comme il n’y a pas deux sans trois, dit-elle, elle a entamé un autre certificat en collaboration internationale. Elle n’a pas encore complété ce dernier car elle travaillait déjà à temps plein au Devoir et devait ensuite gérer son temps différemment.

Au Devoir, Karla s’est consacrée à couvrir des histoires d’immigrants dans la région de Québec. Elle a publié une soixantaine de reportages en pleine pandémie. Mais ce n’était qu’un projet de neuf mois, et une fois terminé, la journaliste a eu la possibilité d’écrire sur des sujets généraux, ce qu’elle a refusé.

Un moment propice pour Nu Ulew

Selon Karla Meza, c’était la bonne décision de dire au revoir au Devoir car c’est alors qu’elle a reçu sa première bourse pour terminer son documentaire Nu Ulew (Mon pays en français), qui a été projeté dans le cadre de festivals au Canada, mais également au Mexique et en Californie, aux États-Unis.

J’avais besoin de temps pour terminer mon documentaire car j’avais tout tourné au Guatemala il y a un an et demi et j’avais tout arrêté car j’avais besoin de la subvention. Ils me l’ont donné la première fois que je l’ai demandé et ça m’a donné des ailes », a-t-elle déclaré à Radio Canada InternationalRCI.

Le film est sorti au printemps 2022 au Cinéma Rendez-vous Québec et a ensuite été projeté au Festival international du film péruvien.

Le documentaire montre le quotidien de Pablo Nimamac, un travailleur agricole temporaire qui travaille dans les champs du Québec depuis 2008. Pablo est également agriculteur dans sa ville natale et cultive des fraises avec sa famille, un exploit en partie possible grâce au travaux effectués au Canada.

De nouvelles voies

Karla Meza travaille actuellement pour Métro, un journal local de Montréal, où elle travaille avec un comité de citoyens et continue de couvrir les questions d’immigration et de diversité.

En plus d’écrire ses reportages, le journaliste et documentariste prévoit également pas moins de trois projets, dont un long métrage.

Karla travaille maintenant au Journal Métro et a pas moins de trois projets à réaliser, dont un long métrage.

Photo: Cortesía / Dania S. Lemieux

Lors de son entrevue avec Radio Canada InternationalRCI, Karla a été interrogée sur sa perception du développement de la diversité dans les moyens de production artistique, compte tenu de sa longue expérience et de sa vie au Québec.

Remarque : ce rapport est également disponible en espagnol