Dans un été marqué par la chaleur, la persistance du Covid-19 et le manque de personnel médical, comment s’organise la régulation médicale, premier maillon de la chaîne sanitaire ?

« Tu es avec un homme de 65 ans qui est sous le choc, n’est-ce pas ? » demande une assistante médicale réglementaire du Samu du Rhône, à Lyon. Dès que le 15 est marqué, le travail doit commencer rapidement. « Vous composez le 15, vous rencontrez les assistants de régulation médicale (ARM), qui vont immédiatement identifier s’il y a urgence essentielle ou non, explique David Pinero, le chef de service adjoint. Les assistants enchaînent les appels. En moyenne à 95 % choisir. augmenter les taux dans les 30 secondes. »

>> Hôpitaux : triage des patients, rémunération des médecins, gestion des lits… Que propose la « mission flash » pour passer l’été en crise

Un défi en période chargée comme ce mois de juillet, avec « environ 1 400, 1 700 dossiers par 24 heures et des pointes à 2 500 le week-end. Si on compare avec la même période l’an dernier, on a une augmentation. »

Le gouvernement le répète : ne vous rendez pas aux urgences, mais composez le 15, pour éviter d’engorger les services d’urgence. Depuis qu’ils sont au chômage cet été, « les urgences de Givors, par exemple, ferment tous les soirs, j’imagine par manque de personnel, poursuit David Pinero. Quand tous les services vous disent qu’ils n’ont plus de brancards pour recevoir les patients, il faut trouver l’orientation. »

Les problèmes de planification sont répandus. Il est situé dans la salle de régulation des médecins généralistes. Ils traitent les appels qui ne sont pas essentiellement urgents. « Sur le papier, c’est effectivement bien de vouloir réduire le nombre de passages aux urgences, mais les mesures ont été annoncées très tardivement et on ne peut pas, début juillet, trouver des médecins régulateurs pour venir renforcer les effectifs. », estime Pierre Boyeldieu, l’un des docteurs de la réglementation.

À Lire  Les hommes consultent de plus en plus pour une baisse de libido

« La période du 15 juillet au 15 août est compliquée. Nous ne sommes parfois qu’un médecin sur quatre dans la journée pour les appels de tout le Rhône. »

Pierre Boyeldieu, médecin régulateur

« La conjonction d’horaires déficitaires, pic Covid et médecins de ville en vacances, va augmenter le temps d’attente », estime Pierre Boyeldieu.

Pour prendre en charge le Samu, l’hôpital public a mis en place des contrats d’été de médecins libéraux en renfort et appelle des étudiants pour compléter les effectifs. Mais cela ne durera pas, craint Raymond Le Moign, le directeur général des Hospices civils de Lyon. « Le Samu 69 saura s’en sortir. La difficulté sera peut-être plus redoutable à la rentrée en matière de prévision et de gestion des horaires. »

Un million de communications transitent par le Samu 69 chaque année. L’un des plus importants de France qui tient la route, non sans fatigue.

Le Samu du Rhône « face » aux milliers d’appels reçus du 15 – Reportage de Mathilde Imberty