Outre son héritage historique de capitale shogunale du Japon entre 1185 et 1333, Kamakura bénéficie d’une topographie idéale. Station balnéaire de la paisible baie de Sagami surplombant l’océan Pacifique, la commune est entourée côté terre par une succession de collines boisées qui lui confèrent un environnement naturel peu urbanisé et agréable à parcourir à pied.

3 sentiers de randonnée à travers la forêt favorisent une manière originale de découvrir Kamakura, permettant de rejoindre un certain nombre de lieux spirituels plus ou moins visités. On s’éloigne donc des foules de touristes qui se concentrent dans les principales rues commerçantes du centre-ville pour gagner en sérénité et en spiritualité.

La marche est possible à tout âge si vous êtes en bonne condition physique. Nous rencontrons également de nombreux retraités japonais qui ont l’habitude de saluer tous les randonneurs qu’ils rencontrent ; une belle façon de s’assurer que tout le monde va bien. On fait tout de même en sorte de partir bien reposé, c’est à dire avec des chaussures de randonnées éprouvées, une gourde, un en-cas, un sac de wifi pour rester accessible l’été et de l’anti-moustique. .

Sur les hauteurs à l’ouest de la ville, la route Daibutsu mène au temple Jochi-ji près de la gare de Kita-Kamakura, à Kotoku-in, célèbre pour son grand bouddha assis. Le parcours balisé de 2,5 kilomètres prend 1h30 sans se presser. Rendu impraticable après le passage du typhon 🌀 Hagibis en 2019, le sentier de randonnée a été rouvert en juin 2020 mais celui de Gionyama, dans les collines à l’est, restera fermé fin 2022, plus de 3 ans après la catastrophe. De cette façon, il est déconseillé d’emprunter les sentiers de randonnée de Kamakura les jours après une forte averse, car le sol glissant et boueux peut être dangereux.

Un sentier perché sur les hauteurs de Kamakura

On entame la promenade Daibutsu dès qu’on passe le Kotoku-in, le long de la route 32 et à hauteur de l’ancien gymnase Daibutsuzaka, abandonné depuis 2002 et sous échafaudage à l’été 2022. On aperçoit un tunnel et un escalier étroit sur le allée qui monte rapidement vers les hauteurs. En quelques minutes nous sommes en pleine nature, sous les arbres et loin du bruit de la ville.

Les élévations sont pourvues de marches en rondins ou en grosses pierres. En été, vous serez peut-être surpris par les immenses toiles d’araignées de Joro qui recouvrent l’étroit passage réservé aux promeneurs. Du nom scientifique, l’espèce Trichonephila clavata, inconnue en Europe, possède de grandes pattes et des couleurs vives, dont une bande jaune et noire pour la femelle. L’araignée Joro, plutôt effrayée, se contente de défendre son territoire et une de ses piqûres s’avère sans danger pour l’homme, sauf en cas d’allergie certaine.

Le chemin de terre se divise ensuite en plusieurs branches pour visiter les petits temples et sanctuaires de la forêt. Quelques panneaux indicatifs en japonais, anglais et coréen permettent de se repérer sans se perdre. Au plus haut de la promenade Daibutsu, profitez d’une vue parmi les arbres pour observer les toits de la ville et les plages 🏖 de la côte de Shonan, jusqu’à la station balnéaire voisine de Zushi à l’entrée de la péninsule de Miura.

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Petits temples et sanctuaires cachés dans la forêt

Voici un bref aperçu des sites spirituels ou historiques que l’on peut voir sur le trek Daibutsu.

Kuzuharaoka-jinja

Fondée en 1887, à la demande de l’Empereur Meiji (1867 – 1912), Kuzuharaoka-jinja dédie le personnage de Hino Toshimoto qui, après sa mort en 1332, devint un kami du bonheur et du savoir, pour ses hauts faits qui marquèrent l’histoire de Japon. Serviteur de l’empereur Go-Daigo (1288-1339), cet érudit participa au renversement du shogunat de Kamakura et fut plus tard exécuté pour sa trahison.

Entouré par la forêt, le sanctuaire présente à l’entrée un grand torii de pierre ⛩️ ainsi qu’un rocher sacré appelé Masaru Ishi 魔去る石 sur lequel on jette de force une coupe (en vente 100¥ (~0,70€)) afin qu’elle breaks , qui est destiné à éloigner les mauvais esprits et à porter chance. Ses constructions sont assez sobres et discrètes ; on remarque en particulier la tombe de Hino Toshimoto, un entrepôt pour le réservoir portable mikoshi et le pavillon principal des chiens.

Parc Genjiyama

Dans la continuité du sanctuaire Kuzuharaoka, le parc Genjiyama Koen s’étend sur un vaste espace vert de 9,5 hectares aménagé pour la promenade. Il fut inauguré en 1965 pour commémorer l’arrivée en 1185 de Minamoto no Yoritomo (1147 – 1199), fondateur du shogunat de Kamakura. La tranquillité du parc est rarement troublée ; au début du printemps, les habitants s’y retrouvent sous les cerisiers en fleurs pour célébrer l’ohanami.

Zeniarai Benten et Sasuke Inari-jinja

Nous atteignons ensuite 2 sanctuaires assez atypiques et donc plus appréciés des visiteurs. Zeniarai Benten, dédié à Benzaiten, l’un des 7 dieux de la chance au Japon, est un parfait exemple de syncrétisme réussi entre bouddhisme et shintoïsme. Les gens s’y rendent pour laver leurs pièces dans le puits sacré en guise de souhait de fortune.

Sasuke Inari-jinja fait partie des sanctuaires dits « mignons », c’est-à-dire kawaii. En effet, il existe de nombreuses figurines de renard 🦊, messager divin du kami Inari, disséminées dans l’enclos spirituel perdu dans la forêt.

Jufuku-ji

Vers la fin du sentier, une des bifurcations conduit le randonneur au temple Jufuku-ji, après avoir traversé un cimetière bouddhiste. Assez mystiquement, cette dernière abrite des sépultures dans des grottes de yagura comme celles de Hojo Masako (1157 – 1225), l’épouse de Minamoto no Yoritomo et de leur fils Minamoto no Sanetomo (1192 – 1219).

Fondée en 1200, Jufuku-ji abrite les premiers Buddha Shaka Nyorai et Shogun Minamoto no Yoritomo. C’est le plus ancien temple zen de Kamakura et appartient à la secte Rinzai, tout comme le grand Kencho-ji. Sous la direction du maître zen Eisai (1141-1215), le temple a été construit sur le site de l’ancienne résidence du père de Yorimoto. Depuis la porte intermédiaire de Chumon, on accède au pavillon Butsuden, fermé au public et dont la dernière reconstruction remonte à 1664.

Depuis le temple Jufuku-ji, il est ensuite aisé de rejoindre en quelques minutes à pied la gare de Jochi-ji et le JR Kita Kamakura, point de départ pour découvrir les grands temples zen du nord de la ville.