Pour protéger les mineurs, Facebook et Instagram interdiront les contenus ciblés en fonction du sexe. Cette mesure est positive, mais pas suffisante pour protéger les jeunes des dérives sur les réseaux sociaux.

Comment protéger les adolescents des dangers des réseaux sociaux ? Utilisées à bon escient, ces plateformes peuvent être de formidables outils de communication et d’ouverture sur le monde. Ils peuvent également entraîner des risques d’abus chez les utilisateurs les plus vulnérables, comme les adolescents. Alors que des voix s’élèvent contre les géants des réseaux sociaux pour mettre en garde contre leur toxicité et leur cynisme, la société Meta riposte et annonce de nouvelles restrictions sur la publicité destinée aux mineurs.

Meta interdit les publicités ciblées genrées

Dès février prochain, Instagram et Facebook interdiront les publicités sexuellement ciblées pour les moins de 18 ans afin de protéger le jeune public :

Nous reconnaissons que les adolescents ne sont pas nécessairement aussi bien armés que les adultes lorsqu’il s’agit de décider comment leurs données seront utilisées dans un contexte publicitaire, encore plus lorsqu’il s’agit d’articles disponibles à la vente.

Depuis l’été 2021, les publicités ciblées en fonction des intérêts ou de l’historique de navigation des utilisateurs mineurs sont interdites sur les plateformes de l’entreprise :

L’âge et l’emplacement seront les seules informations que nous utiliserons pour leur diffuser des annonces. Connaître l’âge et l’emplacement nous aide à nous assurer que les adolescents reçoivent des publicités, des produits et des services adaptés à leur âge près d’eux.

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À partir de mars 2023, les adolescents pourront également limiter eux-mêmes leurs publicités. Ces mesures en évitant de cibler trop précisément les mineurs leur permettraient d’échapper à des contenus potentiellement dangereux, inappropriés et/ou trop chers.

L’impact des réseaux sociaux sur les adolescents

Une étude de trois ans portant sur 169 étudiants américains âgés de 12 à 15 ans a récemment mesuré l’impact psychologique du réseautage sur les adolescents. Elle a révélé que plus un adolescent était accro aux réseaux, plus il dépendait de la validation de ses pairs. Cette étude montre que les plateformes pourraient fragiliser les adolescents en construction, mais, comme indispensables, les moyens publicitaires prévus par Meta ne traitent pas cette partie du problème. Pire, selon Frances Haugen, lanceuse d’alerte et ancienne administratrice de Facebook, le réseau social est parfaitement conscient de ces risques et les ignore, privilégiant ses profits à la sécurité de ses membres.

Cela ne signifie pas rejeter les plateformes sociales, mais être conscient de la cupidité des entreprises et des annonceurs qui sont toujours prêts à s’enrichir au détriment des plus vulnérables. Heureusement, des voix s’élèvent pour dénoncer ce cynisme. Aux États-Unis, le réseau d’éducation publique de Seattle a récemment porté plainte contre plusieurs géants de l’Internet, dont Meta, pour avoir prétendument porté atteinte à la santé mentale d’adolescents. Cette plainte pourrait avoir de nouvelles conséquences sur la réglementation imposée aux différents réseaux sociaux.

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