Pour une bonne somme d’argent, vous pouvez maintenant apprendre à marcher sur le feu et apprendre à contrôler votre «  énergie vitale  » et votre «  feu intérieur  » lors de séminaires organisés par les plus grands gourous du développement personnel… Née en Inde il y a des milliers d’années, cette pratique ésotérique s’est exportée sur tous les continents.

Ses traces se retrouvent aussi bien en Chine qu’en Grèce et en Nouvelle-Zélande. Comme il est d’origine religieuse, il était pratiqué principalement par une minorité d’initiés : prêtres, brahmanes et oracles, qui gardaient le secret entourant sa mise en œuvre. Dans certaines régions, il servait également d’épreuve, d’épreuve finale pour prouver l’innocence avant le jugement divin. Si l’accusé se brûlait la plante des pieds en marchant sur des braises, il était immédiatement condamné.

Piétiner des braises « comme si c’était de l’eau »

Dans les biographies de nombreux saints, la résistance au feu s’explique par une intervention miraculeuse. Selon Henri Broch (1), professeur de biophysique théorique et fondateur du Laboratoire de Zététique (l’art du doute), le moine Pietro Aldobrandini aurait parcouru le chemin du feu au XIe siècle, lui valant la vénération de Saint Pierre Ignace. D’autres croyants étaient admirés parce qu’ils pouvaient marcher sur les braises « comme si elles étaient de l’eau ».

Marcher sur des braises ne serait finalement qu’une question de motivation.

Bien qu’ancestral, ce rituel est encore pratiqué dans les régions d’obédience hindoue, notamment en Inde et à la Réunion. La coutume veut qu’elle ait lieu à la fin de l’année et qu’elle soit dédiée à la déesse Pandialé. Dans la mythologie hindoue, la marche sur le feu est associée à cette divinité qui prouva sa virginité à son futur mari en traversant les braises sans se brûler. Pour devenir digne d’elle, les participants purifient leur âme en s’abstenant de tabac, d’alcool, de viande et de relations sexuelles pendant quinze jours avant la cérémonie.

Cette épreuve, dérivée de son nom scientifique «  pyrobatie  », du grec pyro («  feu ») et batein («  marcher  »), consiste pour le candidat à marcher pieds nus et sans courir un chemin de charbons ardents d’une dizaine de mètres de long. Il a généralement lieu la nuit afin que tout le monde puisse voir clairement que les braises brûlent et qu’il n’y a aucune tromperie. Apparemment, cette immunité « surnaturelle » a fait couler de l’encre chez les commentateurs, notamment les colons anglais qui ont été confrontés pour la première fois de leur vie à des fakirs qui marchaient sur des braises. Une fois l’hypothèse de la protection divine écartée, c’est l’hypothèse parascientifique de la transe qui a longtemps été l’explication de ce petit miracle. Les marcheurs recevraient une formation spirituelle spéciale et seraient capables de surmonter la douleur physique par la force de leur volonté.

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Température et chaleur ne veulent pas dire la même chose

Cette explication justifierait l’importation de cette pratique aux États-Unis par des leaders du développement personnel comme Tony Robbins, l’organisateur de séances géantes de marche sur le feu au cours desquelles il initie ses « fidèles » à la reprogrammation neurolinguistique de leur esprit, la PNL selon lui. à transmettre. « pouvoirs illimités » à eux. Marcher sur des braises ne serait finalement qu’une question de motivation. Un petit détail réfute cependant cette hypothèse : l’absence constatée de stigmates physiques. Tous les témoins rapportent qu’aucun dégât n’est visible sous les pieds des promeneurs après la traversée. Cependant, la gestion de la douleur ne peut pas prévenir les brûlures cutanées. Alors comment expliquer rationnellement marcher sur le feu ?

Henri Broch identifie trois facteurs qui expliquent cette expérience. Premièrement, le charbon sur lequel marchent les marcheurs est un mauvais conducteur de chaleur. Il en stocke moins que d’autres matériaux et le transporte plus lentement. En fait, température et chaleur ne signifient pas la même chose. Si vous ouvrez le four pendant qu’il chauffe, vous ne serez pas brûlé par l’air à 200°C qui en sort, et vous ne vous blesserez pas trop si vous touchez le poulet à l’intérieur. si vous touchez un récipient en métal. De plus, le temps qu’un promeneur passe à marcher sur les braises est minime, chaque pied en contact avec eux pendant seulement cinq ou six secondes, pas assez de temps pour brûler la peau. Ainsi nos fakirs marchent sur les braises comme s’ils marchaient sur des cailloux, mais on n’y voit que du feu. Demandez-leur de marcher sur des plaques de métal à 800°C et voyez si leur esprit ne faiblit pas…

Les isolants tels que les retardateurs de flamme, les cornes ou l’eau jouent également un rôle. Si vous jetez de l’eau sur une plaque tiède ou chaude, elle s’évaporera immédiatement, mais si vous la jetez sur une plaque chauffante, elle formera des perles qui mettront beaucoup plus de temps à disparaître car une couche de vapeur se déposera entre la plaque et l’eau . . Ce phénomène, associé à l’état sphéroïde, peut expliquer certains miracles du feu, comme ceux de saint François de Paul, qui pouvait tenir dans ses mains du charbon de bois blanchi ou des tiges de métal blanchi. Apparemment, tant d’expériences qui ne peuvent pas être reproduites à la maison…