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MARC FAUVELLE Bonjour Bruno LE MAIRE. BRUNO LE MAIRE Bonjour Marc FAUVELLE. La COP 27 de MARC FAUVELLE s’est achevée hier sur une seule avancée notable, la promesse d’un fonds financé par les pays riches pour aider les pays en développement à payer la facture des dommages climatiques. La France montrera-t-elle l’exemple et contribuera-t-elle à ce fonds ? BRUNO LE MAIRE Oui, mais la France montre l’exemple depuis longtemps, l’exemple d’abord en apportant 6 milliards d’euros de financement climat sur les 100 milliards prévus, l’exemple en maintenant son niveau d’aide au développement, dans l’actuel conjoncture économique, nous aurions pu revoir nos ambitions à la baisse, il nous reste 0,5 % de la richesse nationale qui va aux pays en développement, notamment les pays africains. Je pense que c’est vital, mais c’est un effort auquel la Grande-Bretagne a renoncé, par exemple. Il a dit qu’il couperait son aide au développement, nous la gardons. Ensuite, il faut continuer à travailler là-dessus, c’est-à-dire sur tout l’objectif du sommet finance climat, que le président de la République a annoncé pour 2023. Je reviens tout juste du G20, et j’ai vu jusqu’où pour les pays dans les pays en développement le financement des infrastructures, le financement des énergies renouvelables, l’accès à une énergie bon marché et bas carbone est un enjeu absolument important ; c’est pourquoi l’initiative du Président de la République est absolument décisive pour ces pays. MARC FAUVELLE La Chine devra-t-elle contribuer à ce fonds pour les pays pauvres, était-ce un des points critiques lors de la COP ? BRUNO LE MAIRE Cela reste un tournant important, car la Chine se voit et se présente encore comme un pays en voie de développement, dit-on… MARC FAUVELLE Sur la base de critères qui remontent à 1992… BRUNO LE MAIRE Oui, et on dit, discussion est un soutien, nous, nous sommes plus d’un milliard d’habitants, nous avons encore un taux de pauvreté important, le La Chine est également l’un des principaux émetteurs de CO2 au monde. La Chine a donc une responsabilité sur le climat, qui est une responsabilité très lourde, c’est pourquoi le rendez-vous de 2023 proposé par le président de la République est décisif. Les grands États, la Chine en premier lieu, doivent pouvoir assumer leurs responsabilités, pour cela, nous avons besoin d’un lieu pour en discuter, ce sera le lieu de cette conférence sur la finance climatique. SALHIA BRACHLIA ​​​​Bruno LE MAIRE, c’est déjà la troisième fois en quelques mois qu’il touche au dispositif mis en place pour simplifier l’accès aux aides pour les entreprises confrontées à une explosion du prix de leurs factures énergétiques, dès ce week-end c’est ouvrir une nouvelle porte. Cette fois, c’est sûr, toutes les entreprises dans le besoin auront accès à cette aide ? BRUNO LE MAIRE Oui, toutes les entreprises seront soutenues, pour beaucoup d’entreprises, beaucoup de PME, la situation est extraordinairement angoissante, elle est angoissante pour l’instant, car les factures de 2022 doivent être payées, et c’est encore plus angoissant pour 2023, racontant moi : mais ce qui nous attend pour 2023, je vais pouvoir amortir ces dépenses énergétiques. Je veux donc soulever ce matin un certain nombre de préoccupations dont j’entends parler depuis deux ou trois jours. 1er) : toutes les entreprises peuvent bénéficier de ce guichet qui a été ouvert samedi. Que vous soyez une PME, une ETI ou une grande entreprise, vous pouvez percevoir, selon votre taille, de 4 à 150 millions d’euros. Mais toutes les entreprises sont éligibles, je veux dire… MARC FAUVELLE Donc quelle que soit la taille, mais il y a des critères pour accéder aux aides. BRUNO LE MAIRE Que quelque soit la taille, les critères ont été extraordinairement simplifiés, notamment pour les PME, nous avons supprimé le critère de réduction de profit, avant il y avait un critère de réduction de profit qui était très compliqué à calculer, il a été supprimé, car il était pénalisant par exemple PME. Désormais il n’y a plus que deux critères pour avoir accès à ce compteur, votre facture d’énergie doit avoir augmenté de 50% entre 2022 et 2021, c’est le cas de presque toutes les entreprises quand on voit aujourd’hui hui le coût de l’énergie, et d’autre part , votre facture énergétique doit représenter 3% de votre chiffre d’affaires, car nous voulons simplement cibler les aides sur les plus vulnérables. MARC FAUVELLE Mais c’est exactement le chiffre… SALHIA BRACHLIA ​​3%… MARC FAUVELLE Ce deuxième chiffre qui inquiète particulièrement le CPME, qui vous annonçait ce week-end, 3% des dépenses en 2021, soit avant explosion… BRUNO LE MAIRE Non , nous avons écouté les préoccupations du CPME, j’ai travaillé au quotidien avec François ASSELIN, avec le CPME pour répondre à leurs préoccupations, ce n’est pas 3% de CA en 2021, c’est 3% de CA au moment de la présentation de la candidature, c’est-à-dire… SALHIA BRACHLIA ​​donc en 2022… BRUNO LE MAIRE En novembre 2022. Car évidemment, sinon, le critère n’aurait pas de sens. Alors nous avons répondu à ces inquiétudes, cette fenêtre, c’est simple, toute la complexité sera gérée par l’état, c’est énorme et ça va être rapide, les paiements se feront en 15 jours à 3 semaines pour les entreprises qui n’auront qu’à déposer leurs factures au guichet « impots.gouv.fr ». Alors première inquiétude que j’entends ici et là, toutes les entreprises sont concernées, deuxième inquiétude, on me dit : oui, mais c’est pour 2022, que se passera-t-il en 2023, et effectivement, la boulangerie r, la boucherie, la petite entreprise de BTP dit : bon ok j’ai de l’aide pour 2022, mais c’est 2023 qui m’inquiète, je rappelle qu’en 2023 il y aura une réduction immédiate des factures pour toutes les PME de l’ordre de 25%, donc on a appelé avec le premier ministre l’amortisseur énergétique des PME. Enfin, la troisième préoccupation que j’entends partout et, les entreprises françaises seront moins protégées que les allemandes… SALHIA BRACHLIA ​​on allait en parler… MARC FAUVELLE 200 milliards… BRUNO LE MAIRE Non, les entreprises françaises seront autant protégées que les entreprises allemandes … MARC FAUVELLE Mais vous avez mis 10 milliards d’euros, les Allemands viennent d’en mettre 200. BRUNO LE MAIRE Oui, mais les Allemands ne mettent pas 200 milliards d’euros pour soutenir les entreprises, ils mettent 200 milliards d’euros pour soutenir les entreprises et les familles , sur lequel, je vous le rappelle, nous Français avons déjà investi plus de 110 milliards d’euros en 2021, 2022, 2023. Dans cette dotation de 200 milliards, vous avez aussi un soutien à l’énergéticien allemand UNIPER, pour 40 milliards d’euros. Alors comparons ce qui est comparable. SALHIA BRACHLIA ​​Mais ce n’est pas ce que dit Geoffroy ROUX DE BEZIEUX, le patron du MEDEF, qui était à votre place jeudi dernier, il est inquiet, il dit : il y a de la concurrence déloyale. BRUNO LE MAIRE Mais c’est la responsabilité de Geoffroy ROUX DE BEZIEUX, du patron de l’UIMM, Eric TRAPPIER, de François ASSELIN, le patron de la CPME, de défendre les entreprises, ils sont parfaitement dans leur rôle et je les comprends. .. SALHIA BRACHLIA ​​​​Mais il se trompe quand Parlez-vous de concurrence déloyale? BRUNO LE MAIRE Je suis ici pour répondre à leurs préoccupations. Je leur garantis que nous appliquerons les règles de la concurrence en Europe, et les règles de la concurrence en Europe, et elles ont été fixées par la Commission européenne, il y a un cadre pour cette aide, nous ne pouvons rien faire, nous ne pouvons pas avoir un pays qui prend en charge ses entreprises à 100% sur leur facture énergétique et un autre qui n’aurait droit qu’à 50 ou 60%, les règles seront les mêmes pour tout le monde, nous ferons en sorte qu’elles soient respectées et que les entreprises françaises soient également soutenues en tant que sociétés allemandes. J’aurai l’occasion d’en discuter ce soir avec le ministre allemand de l’Economie, Robert HABECK, je le vois ce soir, je verrai le ministre des Finances jeudi, nous avons travaillé côte à côte avec le L’Allemagne avec un seul objectif : défendre nos entreprises françaises et allemandes au même niveau et, croyez-moi, le véritable enjeu n’est pas la concurrence avec l’Allemagne. Le vrai argument, c’est la concurrence avec les Etats-Unis d’Amérique, qui ont un prix de l’énergie 5 à 10 fois inférieur à ce que nous avons en Europe, alors regardons plutôt le vrai risque, le vrai risque, c’est l’effondrement de l’énergie prix aux États-Unis et un prix beaucoup plus élevé en Europe. Concentrons-nous sur les vrais problèmes. SALHIA BRACHLIA ​​Alors, quand Emmanuel MACRON reçoit ce soir les 50 plus grandes entreprises européennes basées en France, est-ce pour les convaincre de ne pas délocaliser ? BRUNO LE MAIRE C’est pour leur rappeler que nous avons des atouts, nous avons par exemple en France, je vous le rappelle, la moitié de la facture des entreprises qui bénéficient d’un prix de l’électricité plus bas, ça s’appelle l’ARENH, c’est un atout stratégique que la France a, c’est de leur rappeler que dans quelques jours nous irons à Washington, et nous défendrons les intérêts français et les intérêts européens face à l’Inflation, Reduction Act, c’est-à-dire la législation américaine, qui ne permet que la défense des entreprises américaines. L’Europe a ses ressources, la France a ses ressources, nous sommes devenus le pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe. Et nous avons l’intention de le rester. MARC FAUVELLE Bruno LE MAIRE, son collègue du gouvernement, Olivier DUSSOPT, présentera en quelques minutes aux partenaires sociaux le dispositif adopté par le gouvernement dans la réforme de l’assurance chômage qui envisage de réduire la durée des indemnités de chômage lorsque le chômage baisse, est-ce une sanction mesure pour les chômeurs ? BRUNO LE MAIRE Non, c’est une juste mesure pour l’emploi. Et je vous rappelle que depuis plus de 5 ans nous enregistrons des succès notables en matière d’emploi, que l’on peut attribuer à Emmanuel MACRON, nous avons un taux de chômage un peu supérieur à 7 %, c’est le niveau le plus bas que nous ayons atteint depuis des années. Nous avons un nombre d’apprentis jamais atteint depuis des décennies en France, nous sommes sur la voie du plein emploi… MARC FAUVELLE Mais disons, par exemple, à quelqu’un qui a été licencié pour motif économique : on raccourcit la durée de votre allocation pour vous pousser à trouver un travail plus rapidement ? BRUNO LE MAIRE Ce que je vois aujourd’hui, Marc FAUVELLE, c’est une situation incompréhensible, dans laquelle il y a des entreprises qui manquent de main d’oeuvre, dans le bâtiment, les travaux publics, la restauration, l’hôtellerie, enfin, je vois des entrepreneurs qui cherchent désespérément du travail et qui ne peut pas le trouver. Et d’autre part, les règles d’assurance chômage qui ne changent pas, donc je pense qu’il est juste et nécessaire de changer ces règles d’assurance chômage, de manière souple, comme le propose Olivier DUSSOPT. Quand ça va mieux, on resserre les règles, quand ça va moins bien sur le plan du travail, on protège davantage. Le but ultime est le plein emploi, et croyez-moi, les derniers mètres… SALHIA BRACHLIA ​​​​Mais vous proposez, Bruno LE MAIRE… BRUNO LE MAIRE Les derniers mètres seront les plus difficiles à atteindre, car atteindre 7 % est déjà un résultat magnifique, atteindre 5% de chômage, c’est-à-dire le plein emploi, serait un exploit, étant donné que cela ne s’est pas produit en France depuis le début des années 1970, soit depuis un demi-siècle, eh bien, malgré tout, nous avons mettre toutes les ressources de notre côté, plus de formations et de qualifications, nous le faisons, plus d’accompagnement à l’apprentissage, nous le faisons, et des règles plus strictes sur l’assurance-chômage… SALHIA BRACHLIA ​​​​Vous stressiez… BRUNO LE MAIRE Quand les temps vont bien. Nous le ferons. SALHIA BRACHLIA ​​​​Vous mettiez en évidence les postes vacants par rapport au nombre de chômeurs indiquant actuellement le chômage, mais si les qualifications ne le sont pas de même que les postes que vous recherchez, que dites-vous à un plombier, eh bien, vous devez devenir, je ne sais pas, serveur dans un restaurant, vous devez prendre ces emplois, même s’ils ne sont pas qualifiés ? BRUNO LE MAIRE Je dis simplement que nos compatriotes ne comprennent pas que lorsqu’il y a une telle pénurie de main-d’oeuvre dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment, les travaux publics, l’agroalimentaire, on a quand même un taux de chômage de 7%, et qu’il nous faut donc une politique globale, notre politique ne se limite pas à la réforme de l’assurance chômage, mais elle est nécessaire, elle est juste et je soutiens pleinement le travail fait par Olivier DUSSOPT, il y a aussi du travail à faire sur la formation et les qualifications , nous le faisons, pour orienter les gens vers les emplois disponibles, et il y a aussi un travail à faire sur l’apprentissage et, sur l’école professionnelle, ce que nous faisons aussi, et toutes ces mesures que nous poursuivons avec beaucoup de détermination doivent apporter nous au plein emploi en 2027. Croyez-moi, le jour où la société française aura le plein emploi, ça ira très bien Tant mieux pour tous les Français et pour la nation française. MARC FAUVELLE Dès janvier, Bruno LE MAIRE, les remises à la pompe laisseront place à un nouveau système dont les contours sont encore un peu difficiles à définir. Elisabeth BORNE précise qu’elle touchera environ la moitié des familles, sur quels critères ? BRUNO LE MAIRE Alors, c’est normal car ce n’est pas encore définitivement arbitré… MARC FAUVELLE Vous ne le connaissez pas vous aussi ? BRUNO LE MAIRE Bon, on en discute, on le fera dans les prochaines semaines, ce qui est sûr c’est qu’on passe d’un dispositif générique, la remise à la pompe de 30 centimes d’euro pour tous ceux qui utilisent leur propre véhicule à un appareil ciblé. C’est conforme à la philosophie que je poursuis depuis plusieurs mois maintenant, de dire qu’après le grand choc de 2022, b il faut aller vers des appareils ciblés qui prennent en charge les plus fragiles. Donc des mesures plus justes et plus efficaces. MARC FAUVELLE Alors pas seulement les ouvriers ? BRUNO LE MAIRE On verra, nous sommes… BRUNO LE MAIRE Retraité, inactif… SALHIA BRACHLIA ​​Parce qu’on a entendu les gros… les gros rouleurs… MARC FAUVELLE Les chômeurs… SALHIA BRACHLIA ​​​​Ce qu’a dit Gabriel ATTAL… BRUNO LE MAIRE Je ne vais pas préjuger de ce que seront les discussions que nous aurons avec Gabriel ATTAL, avec le Premier Ministre, tout ça, en parfaite intelligence pour trouver la meilleure cible possible pour cette allocation carburant qui sera mise en place au 1er janvier 2023, et qui remplacera la remise globale, qui a, à mon sens, comme principale. en même temps, donc c’est vraiment une mesure qu’on prend en urgence pour soulager les français et amortir le choc inflationniste, mais au fond on donne la même chose à ceux qui ont beaucoup d’argent et à ceux qui n’en ont pas, donc je pense il faut le changer et d’ailleurs nous n’avons pas l’intention de financer les pays producteurs de pétrole. Or, une indemnité générale est une allocation qui finance les pays producteurs de pétrole. SALHIA BRACHLIA ​​Parlant d’inflation, Michel-Edouard LECLERC, le patron des magasins du même nom, s’attend à une inflation à deux chiffres pour janvier prochain, tirée par les prix alimentaires, eux aussi en hausse. A-t-il raison ? BRUNO LE MAIRE Non, il n’a pas raison, on n’aura pas une inflation à deux chiffres sur tous les produits français en 2023, je ne crois pas à cette hypothèse… SALHIA BRACHLIA ​​Mais on voit la fin de la vague, toi voyez-vous, la fin de la vague inflationniste? BRUNO LE MAIRE Je vais être très précis, l’inflation à 2 chiffres, ça existe déjà pour les produits alimentaires. Alors je suppose que c’est de ça que Michel-Edouard LECLERC parle… MARC FAUVELLE 12%… BRUNO LE MAIRE Mais l’inflation pour toute l’année 2022, en France , sera d’un peu plus de 5%, c’est beaucoup pour ceux qui la soutiennent, surtout lorsqu’il s’agit de produits alimentaires, mais c’est quand même le niveau d’inflation le plus bas de la zone euro, grâce à l’anticipation dont nous avons fait preuve avec le président de la République , en établissant le bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz. L’inflation est-elle toujours à un niveau très élevé ? Oui, est-ce extraordinairement difficile pour tous nos compatriotes ? Oui, surtout sur les prix alimentaires… SALHIA BRACHLIA ​​Va-t-il augmenter pour l’année prochaine ? BRUNO LE MAIRE Là où effectivement il y a une inflation à deux chiffres, mais toute notre politique, notamment l’objectif d’aide, vise à faire en sorte qu’en 2023, l’inflation diminue, et cela reste notre hypothèse de travail centrale, l’inflation doit diminuer au cours de 2023. MARC FAUVELLE Emmanuel MACRON a fait une promesse, c’est le dividende salarié car le travail – c’est sa formule – rapporte plus. Geoffroy ROUX DE BEZIEUX, encore lui, pardon, qui était à votre place jeudi dernier, le patron du MEDEF, dit ne pas comprendre ce que c’est précisément, qu’aujourd’hui il y a déjà les dispositifs, la participation, l’intéressement, la prime Macron, qui ne comprend toujours pas ce qu’est le dividende des employés. Pouvez-vous l’éclairer et nous éclairer en même temps ? BRUNO LE MAIRE Je vais essayer, le principe du dividende salarial c’est que lorsqu’une entreprise a les moyens de verser un dividende à ses actionnaires, elle doit augmenter la rémunération de ses salariés… MARC FAUVELLE Verser aussi des dividendes ou pas ? BRUNO LE MAIRE Bref, le dividende salarié est un gain pour tout le monde, quand il y a un profil pour l’entreprise, un gain pour les actionnaires, eh bien, ceux qui gèrent l’entreprise doivent être les salariés, c’est-à-dire qu’ils peuvent en bénéficier, et là aussi, je reviens sur la philosophie qui nous guide, le travail doit payer, c’est le leitmotiv de toute notre politique économique et sociale depuis plus de 5 ans i avec le Président de la République… SALHIA BRACHLIA ​​​​Quelle est la différence entre intéressement et participation ? BRUNO LE MAIRE Alors, tout d’abord, quand je dis que le travail doit payer, là encore je veux clarifier un certain nombre de malentendus, la première rémunération du travail c’est le salaire, et le salaire doit rester, avant tout je voudrais que nous ne pas croire que les mécanismes de partage de valeur que nous voulons mettre en place soient là pour remplacer les nécessaires augmentations de salaire, je le répète… SALHIA BRACHLIA ​​Vous demandez des augmentations de salaire depuis des mois… BRUNO LE MAIRE Non, mais c’est très important, parce que je vois là aussi, je suis là aussi pour répondre à un certain nombre de soucis, je vois les soucis de ceux qui disent : mais, tu toucheras des primes, des intéressements, à défaut de salaire augmentations, non, en plus des augmentations salariales nécessaires, je répète que toutes les entreprises qui peuvent ont besoin d’augmenter leurs salaires, et je remercie les entreprises qui ont déjà augmenté les salaires de plus de 4% en 2022, et nous ne sommes pas au la fin de l’année. Ensuite, on complète ce salaire qui reste, je le répète, la base, la base de la rémunération, de l’intéressement, de la participation, de l’actionnariat salarié ; nous sommes le pays développé qui fait le plus dans ce domaine. Donc on a débloqué l’intéressement en France, on l’a simplifié avec la loi Pacte, vous avez 60% de salariés en plus sous la loi Pacte qui bénéficient d’un dispositif d’intéressement qu’on a simplifié et sur lequel on a supprimé une taxe de 20% . Et enfin, le dividende salarial… MARC FAUVELLE A qui s’adresse le dividende salarial, Bruno LE MAIRE, est-il pour toutes les entreprises ? BRUNO LE MAIRE C’est le troisième étage… MARC FAUVELLE Seuls les adultes ? BRUNO LE MAIRE Bon, l’idée c’est pour le plus d’entreprises possible, on sait que… MARC FAUVELLE Le maximum, et ce sera obligatoire ? BRUNO LE MAIRE Là aussi, on dit Seulement franchement, le vrai point c’est pour les petites entreprises, ce n’est pas pour les très grandes entreprises… MARC FAUVELLE Aujourd’hui elles ne versent pas de dividendes… BRUNO LE MAIRE Les grosses entreprises et les sociétés, je ne les citerai pas, mais en général, les salariés, ont l’intéressement, la participation, l’actionnariat, visent à toucher le plus grand nombre de salariés, y compris, et c’est le défi, les plus petites entreprises, les PME, qui sont confrontées… SALHIA BRACHLIA ​​​​Mais c’est bien ce que Geoffroy ROUX DE BEZIEUX dit, ils n’ont pas les moyens, les petites entreprises pour verser des dividendes… BRUNO LE MAIRE Si c’était simple, ça se saurait et ça se serait fait depuis longtemps. Le défi… MARC FAUVELLE Désolé, j’essaie de comprendre… BRUNO LE MAIRE La question est importante pour les salariés, mais elle est difficile à mettre en œuvre car la cible la plus importante est justement les salariés des petites et moyennes entreprises, ils ont des des difficultés dont il faut tenir compte, mais rémunérer les salariés, faire en sorte que le travail garantisse la dignité et la capacité de construire sa vie, qui reste au cœur de ce que nous voulons construire avec le président de la République. MARC FAUVELLE Mais y aurait-il un personnage automatique ou pas ? BRUNO LE MAIRE Mais le président a été très clair dans sa campagne… MARC FAUVELLE Soit chaque entreprise fera ce qu’elle veut… BRUNO LE MAIRE Non… MARC FAUVELLE Une entreprise qui fait des bénéfices fera forcément… BRUNO LE MAIRE Ce n’est pas au menu… MARC FAUVELLE Donc il y aura un mécanisme obligatoire… SALHIA BRACHLIA ​​Automatique et obligatoire. BRUNO LE MAIRE Ce n’est pas au menu. Ce n’est pas l’engagement pris par le président de la République, et je pense qu’il est dans notre intérêt, comme toujours, de respecter la parole qui a été donnée, la parole qui a été donnée lors de la campagne 2022, c’est que le mécanisme du dividende salarié serait vaut pour tout le monde. SALHIA BRACHLIA ​​​​Bruno LE MAIRE, de nombreux maires augmentent la taxe ta sur l’immobilier, expliquant ainsi que l’Etat ne les aide pas assez face à l’inflation, reprend-on finalement d’une main aux propriétaires ce que l’on donne de l’autre à tous les Français ? BRUNO LE MAIRE Non, l’État aide les collectivités locales et je le dis très fort, nous aidons, nous avons discuté avec les collectivités locales, nous mettons maintenant en place un filet de sécurité immédiat qui couvrira 70% des augmentations de dépenses pour l’énergie ou l’approvisionnement des collectivités locales. En 2023 nous augmenterons la contribution globale de fonctionnement pour les communes, ce n’était pas arrivé depuis des années. Nous avons mis en place un coussin de prix, nous avons mis en place un fonds vert de 1,5 milliard d’euros à la demande d’Elisabeth BORNE, la Première ministre, nous faisons le nécessaire pour les collectivités locales. SALHIA BRACHLIA ​​​​Est-ce à dire que ces augmentations ne sont pas justifiées, les augmentations de la taxe foncière, ne sont-elles pas justifiées? BRUNO LE MAIRE Chacun assume ses responsabilités, mais il m’est facile de tout confier systématiquement à l’État, l’État a aidé les collectivités locales, c’était son devoir, mais il a rempli son devoir qui était de protéger les collectivités locales contre l’augmentation des dépenses énergétiques et alimentaires, notamment pour les cantines scolaires. MARC FAUVELLE Ce n’est pas ce que disent ces maires. BRUNO LE MAIRE Non, bien sûr, je sais. MARC FAUVELLE Ce n’est pas ce que dit Anne HIDALGO qu’à Paris on augmente la taxe foncière de 50 %. BRUNO LE MAIRE Oui, mais Anne HIDALGO n’a qu’à imputer sa gestion désastreuse à la ville de Paris et non à l’Etat. MARC FAUVELLE Mais vous savez qu’il y a aussi des Verts qui sont dirigés, des communes qui sont dirigées par votre majorité, je pense à la commune de Poissy dirigée par une mère d’En Marche qui augmente la taxe foncière de 20%. Elle doit également être consciente de vos appareils. BRUNO LE MAIRE Les maires exercent leurs responsabilités dans des circonstances que je sais difficiles pour tout le monde, mais l’inflation c’est dur pour tout le monde, c’est dur pour les familles, c’est dur pour les entreprises, on en a beaucoup parlé, c’est dur aussi pour l’Etat, qui je le rappelle aujourd’hui absorbe plus de 55% du choc inflationniste, c’est l’état qui absorbe le plus le choc inflationniste, c’est dur aussi pour les collectivités locales, nous sommes à leurs côtés, nous sommes à leurs côtés pour les aider, et toutes les mesures que je viens d’évoquer ont été négociées avec les collectivités locales pour les autorités locales. SALHIA BRACHLIA ​​Le cadre de RTE alerte sur le risque élevé de tension sur le réseau électrique en janvier, il pourrait y avoir des coupures, paie-t-on aujourd’hui la grève dans les centrales électriques qui a retardé la maintenance ? BRUNO LE MAIRE Non, je ne dirais pas ça, je voudrais surtout saluer le travail des salariés d’EDF. MARC FAUVELLE C’est en partie ce qu’a dit RTE, c’est intéressant que vous disiez… BRUNO LE MAIRE Ce que je vois c’est qu’il y a des salariés d’EDF qui travaillent jour et nuit aujourd’hui pour remettre en marche les réacteurs à l’arrêt, ils pourraient être ingénieurs, ils peuvent être ouvriers, ils peuvent être soudeurs, donc je suis du côté des gens qui travaillent. SALHIA BRACHLIA ​​​​Cependant, il y a un retard. MARC FAUVELLE Je suis du côté de tous ces salariés d’EDF qui travaillent. Aujourd’hui, nous sommes certains que nous pourrons passer le mois de décembre sans difficulté, nous nommerons mercredi le prochain président d’EDF, Luc REMONT, en conseil des ministres, pour qu’il soit immédiatement au travail, et son premier responsabilité est la reprise de l’activité de tous les réacteurs nucléaires français dès que possible. Et croyez-moi, on s’en occupera. SALHIA BRACHLIA ​​​​Vous avez mis la pression sur Luc REMONT. BRUNO LE MAIRE Je ne mets de pression sur personne. Mais chacun a des responsabilités, et vous devez être à la hauteur des responsabilités qui vous ont été confiées. MARC FAUVELLE Faudra-t-il demander aux Français de nouveaux efforts, notamment en janvier, pour réduire l’énergie ? BR UN LE MAIRE Ils le font déjà. Tout d’abord, je saluerai peut-être les efforts qui ont été faits par les français, on nous a demandé d’économiser, il y a eu 5 à 7% de consommation d’énergie en moins en corrigeant des variations saisonnières, comme on l’a dit, depuis qu’on a jours qu’ils étaient plus chauds que nous avons aujourd’hui. Alors les Français ont entendu le message, ils sont responsables, ils sont engagés dans cette réduction, il faut continuer dans cette voie. SALHIA BRACHLIA ​​​​Bruno LE MAIRE, regarderez-vous le match des Bleus demain soir ? BRUNO LE MAIRE Alors, demain soir je reçois les maires, mais on va installer des écrans de télévision pour pouvoir suivre le match, oui. SALHIA BRACHLIA ​​​​Une victoire des Azzurri serait bonne pour les Français, et donc bonne pour l’économie, c’est ça que tu veux ? BRUNO LE MAIRE C’est toujours sympa de gagner la coupe du monde, mais je ne fais pas le lien entre les victoires sportives et les victoires économiques, les victoires économiques, nous en avons beaucoup, nous avons une économie française plus résiliente que la plupart des pays européens, nous avons une inflation, je le répète, qui est la plus faible de la zone euro, on a un chômage qui continue de baisser. Donc les victoires économiques sont déjà là, et dans les circonstances très difficiles que nous traversons, on verra ce que dira le Fonds monétaire international, qui est en train de faire le point sur la situation de l’économie française, et qui tirera ses conclusions dans quelques jours, mais ce que je constate, c’est que la France continue de résister dans des circonstances où d’autres pays souffrent beaucoup plus. MARC FAUVELLE Puisqu’on parle du FMI, Bruno LE MAIRE, il s’avère que le poste de directeur général du FMI sera disponible dans deux ans, vous pouvez dire aux Français avec certitude si Emmanuel MACRON me fait confiance, je serai le à la tête de Bercy jusqu’à cinq ans ? BRUNO LE MAIRE Avant tout, ma fonction actuelle est celle de Ministre de l’Economie et des Finances, et que ce n’est pas mon habitude de me jeter. Plus ce sera difficile, plus je serai appelé à exercer mes seules responsabilités de ministre de l’Économie et des Finances. MARC FAUVELLE Tu ne veux pas partir ? BRUNO LE MAIRE Je n’irai certainement pas… MARC FAUVELLE Vous ne rêvez pas de Washington tous les matins ? BRUNO LE MAIRE Je ne partirai certainement pas en temps de crise. J’ai affronté la crise du Covid, j’ai affronté la crise des gilets jaunes avec le président de la République, j’ai affronté la crise de l’inflation aujourd’hui, quand il y a une crise ça ne démarre pas. MARC FAUVELLE Merci Bruno LE MAIRE, bonne journée. Source : Service d’information du gouvernement, 22 novembre 2022

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MARC FAUVELLE

Bonjour Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE

Bonjour Marc FAUVELLE.

MARC FAUVELLE

La COP 27 s’est terminée hier avec un seul pas en avant notable, la promesse d’un fonds financé par les pays riches pour aider les pays en développement à payer la facture des dommages climatiques. La France montrera-t-elle l’exemple et contribuera-t-elle à ce fonds ?

BRUNO LE MAIRE

Oui, mais la France montre l’exemple depuis longtemps déjà, l’exemple d’abord en apportant 6 milliards d’euros de financement climat sur les 100 milliards prévus, l’exemple en maintenant son niveau d’aide au développement, dans la situation économique actuelle , nous aurions pu revoir nos ambitions à la baisse, nous avons encore 0,5 % de la richesse nationale qui va aux pays en développement, notamment les pays africains. Je pense que c’est vital, mais c’est un effort auquel la Grande-Bretagne a renoncé, par exemple. Il a dit qu’il couperait son aide au développement, nous la gardons. Ensuite, il faut continuer à travailler là-dessus, c’est-à-dire sur tout l’objectif du sommet finance climat, que le président de la République a annoncé pour 2023. Je reviens tout juste du G20, et j’ai vu jusqu’où pour les pays développer le financement des infrastructures, le financement des énergies renouvelables, l’accès à une énergie bon marché et décarbonée est un enjeu absolument important ; c’est pourquoi l’initiative du Président de la République est absolument décisive pour ces pays.

MARC FAUVELLE

La Chine devra-t-elle contribuer à ce fonds pour les pays pauvres, était-ce l’un des points de friction lors de la COP ?

BRUNO LE MAIRE

Cela reste un tournant important, car la Chine se voit et se présente toujours comme un pays en développement, dit-on…

MARC FAUVELLE

Sur des critères remontant à 1992…

BRUNO LE MAIRE

Oui, et ils disent, avec des arguments à l’appui, nous, nous sommes plus d’un milliard de personnes, nous avons toujours un taux de pauvreté élevé, la Chine est aussi l’un des premiers émetteurs de CO2 au monde. La Chine a donc une responsabilité sur le climat, qui est une responsabilité très lourde, c’est pourquoi le rendez-vous de 2023 proposé par le président de la République est décisif. Les grands États, la Chine en premier lieu, doivent pouvoir assumer leurs responsabilités, pour cela, nous avons besoin d’un lieu pour en discuter, ce sera le lieu de cette conférence sur la finance climatique.

SALHIA BRACHLIA

Bruno LE MAIRE, c’est déjà la troisième fois en quelques mois qu’il touche au dispositif mis en place pour simplifier l’accès aux aides pour les entreprises confrontées à une explosion du prix de leurs factures énergétiques, à partir de ce week-end une nouvelle porte. Cette fois, c’est sûr, toutes les entreprises dans le besoin auront accès à cette aide ?

BRUNO LE MAIRE

Oui, toutes les entreprises seront soutenues, pour beaucoup d’entreprises, beaucoup de PME, la situation est extraordinairement angoissante, elle est angoissante pour l’instant, car il faut payer les factures de 2022, et c’est encore plus angoissant pour 2023, en me disant : mais qu’attendre 2023, je pourrai amortir ces dépenses énergétiques. Je veux donc soulever ce matin un certain nombre de préoccupations dont j’entends parler depuis deux ou trois jours. 1er) : toutes les entreprises peuvent bénéficier de ce guichet qui a été ouvert samedi. Que vous soyez une PME, une ETI ou une grande entreprise, vous pouvez percevoir, selon votre taille, de 4 à 150 millions d’euros. Mais toutes les entreprises sont éligibles, je veux dire…

MARC FAUVELLE

Donc quelle que soit la taille, mais il y a des critères pour accéder à l’aide.

BRUNO LE MAIRE

Quelle que soit la taille, les critères ont été extraordinairement simplifiés, notamment pour les PME, nous avons supprimé le critère de réduction de profit, avant, il y avait un critère de réduction de profit qui était très compliqué à calculer, il a été supprimé, car il était pénalisant pour les PME. Désormais il n’y a que deux critères pour avoir accès à ce compteur, votre facture d’énergie doit avoir augmenté de 50% entre 2022 et 2021, c’est le cas de presque toutes les entreprises quand on voit aujourd’hui le coût de l’énergie, et d’autre part, votre la facture énergétique doit représenter 3% de votre chiffre d’affaires, car nous voulons simplement cibler les aides sur les plus vulnérables.

MARC FAUVELLE

Mais c’est exactement le nombre…

MARC FAUVELLE

Ce deuxième chiffre qui inquiète particulièrement le CPME, qui vous indiquait ce week-end, 3 % des dépenses en 2021, soit avant l’explosion…

BRUNO LE MAIRE

No, abbiamo ascoltato le preoccupazioni del CPME, ho lavorato quotidianamente con François ASSELIN, con il CPME per rispondere alle loro preoccupazioni, non è il 3% del fatturato nel 2021, è il 3% del fatturato al momento della presentazione della domanda, vale a dire…

BRUNO LE MAIRE

En novembre 2022. Car évidemment, sinon, le critère n’aurait aucun sens. Alors nous avons répondu à ces inquiétudes, cette fenêtre, c’est simple, toute la complexité sera gérée par l’état, c’est énorme et ça va être rapide, les paiements se feront en 15 jours à 3 semaines pour les entreprises qui n’auront qu’à déposer leurs factures au guichet « impots.gouv.fr ». Alors première inquiétude que j’entends ici et là, toutes les entreprises sont concernées, deuxième inquiétude, on me dit : oui, mais c’est pour 2022, que se passera-t-il en 2023, et effectivement, le boulanger, le boucher, la petite entreprise du BTP dit : bon, ok, j’ai des aides pour 2022, mais c’est 2023 qui m’inquiète, je rappelle qu’en 2023 il y aura une réduction immédiate de la facture pour toutes les PME de l’ordre de 25%, voilà ce qu’on a appelé avec le Premier ministre l’amortisseur énergétique des PME. Enfin, troisième inquiétude que j’entends un peu partout, les entreprises françaises seront moins protégées que les allemandes…

SALHIA BRACHLIA

nous étions sur le point d’en parler…

BRUNO LE MAIRE

Non, les entreprises françaises seront autant protégées que les entreprises allemandes…

MARC FAUVELLE

Mais vous avez mis 10 milliards d’euros, les Allemands n’en ont mis que 200.

BRUNO LE MAIRE

Oui, mais les Allemands ne mettent pas 200 milliards d’euros pour soutenir les entreprises, ils mettent 200 milliards d’euros pour soutenir les entreprises et le soutien aux familles, sur lesquels, je le rappelle, nous les Français avons déjà mis plus de 110 milliards d’euros en 2021 , 2022, 2023. Dans ce budget de 200 milliards, vous avez aussi un soutien à l’énergéticien allemand UNIPER, pour 40 milliards d’euros. Alors comparons ce qui est comparable.

SALHIA BRACHLIA

Mais ce n’est pas ce que dit Geoffroy ROUX DE BEZIEUX, le patron du MEDEF, qui était à votre place jeudi dernier, il est inquiet, il dit : il y a une concurrence déloyale.

BRUNO LE MAIRE

Mais c’est la responsabilité de Geoffroy ROUX DE BEZIEUX, du patron de l’UIMM, Eric TRAPPIER, de François ASSELIN, le patron de la CPME, de défendre les entreprises, ils sont parfaitement dans leur rôle et je les comprends…

SALHIA BRACHLIA

Mais a-t-il tort lorsqu’il parle de concurrence déloyale ?

BRUNO LE MAIRE

Je suis ici pour répondre à leurs préoccupations. Je leur garantis qu’on appliquera les règles de concurrence en Europe et les règles de concurrence en Europe, elles ont été établies par la Commission européenne, il y a un cadre pour cette aide, on ne peut rien faire, on ne peut pas avoir un pays qui soutient ses entreprises 100% sur la facture énergétique et une autre qui n’aurait droit qu’à 50 ou 60%, les règles seront les mêmes pour tout le monde, on fera en sorte qu’elles soient respectées et que les entreprises françaises soient soutenues autant que les entreprises allemandes. J’aurai l’occasion d’en parler ce soir avec le ministre allemand de l’Economie, Robert HABECK, je le vois ce soir, je verrai le ministre des Finances jeudi, nous avons travaillé côte à côte avec l’Allemagne avec un objectif : défendre notre Des entreprises françaises au même niveau et allemandes et, croyez-moi, le vrai problème n’est pas la concurrence avec l’Allemagne. Le vrai argument, c’est la concurrence avec les Etats-Unis d’Amérique, qui ont un prix de l’énergie 5 à 10 fois inférieur à ce que nous avons en Europe, alors regardons plutôt le vrai risque, le vrai risque, c’est l’effondrement de l’énergie prix aux États-Unis et un prix beaucoup plus élevé en Europe. Concentrons-nous sur les vrais problèmes.

SALHIA BRACHLIA

Alors, quand Emmanuel MACRON reçoit ce soir les 50 plus grandes entreprises européennes basées en France, est-ce pour les convaincre de ne pas délocaliser ?

BRUNO LE MAIRE

C’est pour leur rappeler qu’on a des atouts, on a par exemple en France, je le rappelle, la moitié de la facture des entreprises qui bénéficient d’un prix de l’électricité plus bas, ça s’appelle l’ARENH, c’est un atout stratégique que la France a, ça est pour leur rappeler que dans quelques jours nous irons à Washington, et nous défendrons les intérêts français et les intérêts européens face à l’Inflation, Reduction Act, c’est-à-dire la législation américaine, qui ne permet que la défense des entreprises américaines. L’Europe a des ressources, la France a des ressources, nous sommes devenus le pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe. Et nous avons l’intention de le rester.

MARC FAUVELLE

Bruno LE MAIRE, son collègue du gouvernement, Olivier DUSSOPT, présentera dans quelques minutes aux partenaires sociaux le dispositif adopté par le gouvernement dans la réforme de l’assurance chômage qui prévoit de réduire la durée d’indemnisation du chômage lorsque le chômage baisse, il s’agit d’une mesure punitive pour les chômeurs?

BRUNO LE MAIRE

Non, c’est une juste mesure pour l’emploi. Et je tiens à rappeler que depuis plus de 5 ans nous avons des succès notables sur l’emploi, qui sont imputables à Emmanuel MACRON, nous avons un taux de chômage à peine supérieur à 7%, c’est le niveau le plus bas que nous ayons atteint depuis des années. Nous avons un nombre d’apprentis jamais atteint en France depuis des décennies, nous sommes sur la voie du plein emploi…

MARC FAUVELLE

Mais disons, par exemple, à ceux qui ont été licenciés pour motif économique : raccourcit-on la durée de votre allocation pour vous pousser à trouver du travail plus rapidement ?

BRUNO LE MAIRE

Ce que je vois, Marc FAUVELLE, aujourd’hui, c’est une situation incompréhensible, dans laquelle il y a des entreprises qui manquent de main d’oeuvre, dans le bâtiment, les travaux publics, la restauration, l’hôtellerie, enfin, je vois des entrepreneurs désespérément chercher du travail et ceux qui n’en sont pas capables Pour le trouver. Et d’autre part, les règles d’assurance chômage qui ne changent pas, donc je pense qu’il est juste et nécessaire de changer ces règles d’assurance chômage, de manière souple, comme le propose Olivier DUSSOPT. Quand ça va mieux, on resserre les règles, quand ça va moins bien sur le front de l’emploi, on protège davantage. Le but ultime est le plein emploi, et croyez-moi, les derniers mètres…

SALHIA BRACHLIA

Mais vous vous présentez, Bruno LE MAIRE…

BRUNO LE MAIRE

Les derniers mètres seront les plus difficiles à atteindre, car atteindre 7% est déjà un magnifique exploit, atteindre 5% de chômage, c’est-à-dire le plein emploi, serait un exploit, étant donné que cela ne s’est pas produit en France depuis le début des années 1970, ça fait un demi-siècle, eh bien, malgré tout ça, il faut mettre tous les moyens de notre côté, plus de formations et de qualifications, on le fait, plus d’accompagnement à l’apprentissage, on le fait, et des règles d’assurance contre le chômage plus dures…

SALHIA BRACHLIA

Vous souligniez…

BRUNO LE MAIRE

Quand les temps sont bons. Nous le ferons.

SALHIA BRACHLIA

Vous mettiez en évidence les postes vacants par rapport au nombre de chômeurs indiquant actuellement le chômage, mais si les qualifications ne sont pas les mêmes que les postes que vous recherchez, que dites-vous à un plombier, eh bien, vous devez devenir, je ne sais pas, un serveur dans un restaurant, il faut accepter ces métiers, même s’ils ne conviennent pas ?

BRUNO LE MAIRE

Je dis simplement que nos compatriotes ne comprennent pas que lorsqu’il y a une telle pénurie de main-d’oeuvre dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment, les travaux publics, l’agroalimentaire, en même temps on a encore un taux de chômage de 7 %, et que , donc, il nous faut une politique globale, notre politique ne se limite pas à la réforme de l’assurance chômage, mais elle est nécessaire, elle est juste et je soutiens pleinement le travail fait par Olivier DUSSOPT, il y a aussi du travail à faire sur la formation et qualifications, nous le faisons, pour orienter les gens vers les emplois disponibles, et il y a aussi un travail à faire sur l’apprentissage, sur l’école professionnelle, ce que nous faisons aussi, et toutes ces mesures que nous poursuivons avec une grande détermination doivent nous conduire au plein emploi en 2027. Croyez-moi, le jour où la société française aura le plein emploi, ce sera bien mieux pour tous ncesi ais et pour la nation française.

MARC FAUVELLE

A partir de janvier, Bruno LE MAIRE, les remises à la pompe laisseront place à un nouveau système dont les contours sont encore un peu difficiles à définir. Elisabeth BORNE précise qu’elle touchera environ la moitié des familles, sur quels critères ?

BRUNO LE MAIRE

Alors, c’est normal car ce n’est pas encore définitivement arbitré…

MARC FAUVELLE

Vous ne le connaissez pas vous aussi ?

BRUNO LE MAIRE

Bon, on discute, on le fera dans les prochaines semaines, ce qui est certain c’est qu’on passe d’un appareil générique, la remise à la pompe de 30 centimes d’euro pour tous ceux qui utilisent leur véhicule à un appareil ciblé. C’est conforme à la philosophie que je poursuis depuis plusieurs mois maintenant, de dire qu’après le grand choc de 2022, il faut aller vers des appareils ciblés qui soutiennent les plus fragiles. Donc des mesures plus justes et plus efficaces.

MARC FAUVELLE

Alors pas seulement les ouvriers ?

BRUNO LE MAIRE

On verra, on est…

BRUNO LE MAIRE

Retraité, inactif…

SALHIA BRACHLIA

Parce que nous avons entendu les grosses… les grosses bobines…

SALHIA BRACHLIA

Qu’a dit Gabriel ATTAL…

BRUNO LE MAIRE

Je ne vais pas préjuger des discussions que nous aurons avec Gabriel ATTAL, avec le Premier ministre, tout cela, en parfaite intelligence pour trouver la meilleure cible possible pour cette allocation carburant qui sera mise en place au 1er janvier 2023, et qu’elle remplacera la remise globale, qui a, à mon sens, le principal défaut, tout d’abord, ce n’est pas juste puisqu’elle touche tous les Français en même temps, donc c’est effectivement une mesure que nous prenons d’urgence pour soulager les Français et amortir le choc inflationniste, mais au fond, on donne la même chose à ceux qui ont beaucoup d’argent et à ceux qui n’en ont pas, donc je pense qu’il faut changer ça, et puis, on n’est pas fait pour financer pays producteurs de pétrole. Or, une indemnité générale est une allocation qui finance les pays producteurs de pétrole.

SALHIA BRACHLIA

Parlant d’inflation, Michel-Edouard LECLERC, le patron des magasins du même nom, s’attend à une inflation à deux chiffres pour janvier prochain tirée par les prix alimentaires, qui s’envolent également. A-t-il raison ?

BRUNO LE MAIRE

Non, il n’a pas raison, on n’aura pas une inflation à deux chiffres sur tous les produits français en 2023, je ne crois pas à cette hypothèse…

SALHIA BRACHLIA

Mais on voit la fin de la vague, voyez-vous la fin de la vague inflationniste ?

BRUNO LE MAIRE

Je vais être très précis, l’inflation à 2 chiffres, ça existe déjà pour les produits alimentaires. Donc je suppose que c’est de cela que Michel-Edouard LECLERC parle…

BRUNO LE MAIRE

Mais l’inflation pour l’ensemble de 2022 en France sera d’un peu plus de 5%, c’est beaucoup pour ceux qui la soutiennent, surtout quand il s’agit de l’alimentation, mais c’est quand même le niveau d’inflation le plus bas de la zone euro, grâce à l’anticipation dont nous avons fait preuve avec le Président de la République, établissant le bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz. L’inflation est-elle toujours à un niveau très élevé ? Oui, est-ce extraordinairement difficile pour tous nos compatriotes ? Oui, surtout sur les prix alimentaires…

SALHIA BRACHLIA

Pour l’année prochaine, augmentera-t-il ?

BRUNO LE MAIRE

Là où effectivement il y a une inflation à deux chiffres, mais où toute notre politique, notamment l’objectif d’aide, vise à faire en sorte qu’en 2023, l’inflation redescende, et cela reste notre hypothèse de travail centrale, l’inflation doit diminuer au cours de 2023.

MARC FAUVELLE

Emmanuel MACRON s’est fait une promesse, c’est le dividende salarié car le travail – c’est sa formule – rapporte plus. Geoffroy ROUX DE BEZIEUX, encore lui, pardon, qui était à votre place jeudi dernier, le patron du MEDEF, dit ne pas comprendre ce que c’est précisément, qu’aujourd’hui il y a déjà les dispositifs, la participation, l’intéressement, la prime Macron, qui ne comprend toujours pas ce qu’est le dividende des employés. Pouvez-vous l’éclairer et nous éclairer en même temps ?

BRUNO LE MAIRE

Je vais essayer, le principe du dividende salarié c’est que lorsqu’une entreprise a les moyens de verser un dividende à ses actionnaires, elle doit augmenter la rémunération de ses salariés…

MARC FAUVELLE

Verser également des dividendes ou autrement?

BRUNO LE MAIRE