Posté le 4 oct. 2022, 16:31. Mis à jour le 5 octobre. 2022, 8 h 29

A première vue, il s’agit d’une hausse des prix moins sensible que celle de l’énergie : les ménages paient leurs factures d’électricité ou de chauffage tous les mois, mais achètent un logement neuf beaucoup moins souvent ! Toutefois, la remontée des taux hypothécaires s’est accélérée ces dernières semaines après des années de baisse.

Selon les estimations avancées de la Banque de France, le taux d’intérêt du crédit immobilier à fin septembre s’établissait en moyenne à 1,72 % (hors assurance emprunteur). Il s’agit d’un retour en arrière pour le crédit, qui n’avait pas atteint un tel niveau depuis août 2016. Il reste néanmoins historiquement bas, et surtout inférieur à l’inflation, proche de 6% en France.

La Banque de France considère d’ailleurs cette hausse des taux comme « très progressive ». L’accélération s’est surtout opérée ces dernières semaines, puisque le taux moyen était encore à 1,58% fin août, un niveau proche de celui de juin 2018. Encore un symbole fort de cette longue période de taux bas qui perdure depuis 2019. ., et encore une fois, jusqu’en juillet dernier, les taux débiteurs étaient restés inférieurs à 1,5 % en moyenne.

Une politique monétaire moins généreuse

Cette hausse des taux d’intérêt est la conséquence directe du changement de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) qui, pour lutter contre l’inflation, a dû décider en juillet, puis à nouveau en septembre, de mettre fin à son offre ultra-généreuse depuis 2015 en vigueur et donc relever les taux directeurs.

Les banques européennes ont commencé à répercuter cette augmentation sur les emprunteurs, mais le mouvement s’est jusqu’à présent ralenti en France pour deux raisons : Premièrement, les prêts sont accordés à taux fixe, ce qui signifie que la mensualité de l’emprunteur ne varie jamais. La hausse de prix ne s’applique donc qu’aux nouveaux crédits.

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Ensuite l’usure, le taux maximum auquel une banque est autorisée à emprunter, freine le mouvement à cause de la formule de calcul qui souffre d’un effet de retard – elle est basée sur la moyenne des prêts consentis sur trois mois plus un tiers. Ce dernier est passé à plus de 3 % au 1er octobre, contre 2,6 % jusqu’alors.

Une hausse trop lente ?

Selon les intermédiaires de crédit, ainsi que certains banquiers, cette hausse « trop ​​lente » des taux d’usure a laissé certains emprunteurs – notamment les plus modestes – sans financement alors que les banques se heurtaient à cette barrière.

Un argument régulièrement contesté par la Banque de France, chiffres à l’appui : à fin août, période théoriquement basse, les banques prêtaient encore 21,2 milliards d’euros de prêts, contre 21,8 milliards en juillet. « Ce niveau reste élevé après le pic de 26,8 milliards en mai », note la Banque de France, soulignant que cette production est « proche de la moyenne quinquennale » de 20,3 milliards.

Recul des foyers modestes dans la production

Autre indicateur mis en avant par l’institution : Contrairement à ce qu’ont réussi à obtenir les acteurs du crédit, la part des primo-accédants – ceux qui achètent pour la première fois – dans la production de crédits (en vue de l’achat d’une résidence principale) reste remarquablement stable dans le temps. Cette part oscille entre 40% et 50% depuis cinq ans et est restée assez élevée ces derniers temps.

En revanche, un fait semble alarmant, avec l’accent mis au sein de la population des primo-accédants sur les ménages dits « modestes » : à fin juillet, ils représentaient 19,2 % de la production (en vue d’acquérir la résidence principale ). Trois ans plus tôt, ils étaient près de 24 %.

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