Souvent proposé par les courtiers, le prêt multilignes permet d’économiser aussi bien sur l’assurance emprunteur que sur le montant des intérêts. Impossible, malgré tout, d’y voir une solution miracle pour passer sous le taux d’usure et obtenir à coup sûr son crédit immobilier.

Avez-vous déjà entendu parler des prêts multilignes ? Une proposition hier pour séduire les profils prometteurs (clientèle à haut niveau d’épargne et cadres dirigeants) en leur proposant le tarif le plus compétitif, cette solution est avant tout aujourd’hui, en cette période de hausse des tarifs, une très bonne solution pour optimiser son financement, selon Cécile Roquelaure, porte-parole du courtier Empruntis. « Le crédit multiligne permet de jouer sur deux lignes de prêt, voire trois dans certains cas. Le but est d’accélérer un peu votre crédit par rapport à une ligne de crédit simple car plus le crédit est court, plus le taux est bas. Cela permet de réduire les intérêts sur une partie du financement. »

Exemple d’un remboursement de crédit simple VS crédit multilignes

Alice et Clément veulent acheter une propriété, d’une valeur de 400 000 euros. Pour les prêts sur 25 ans, la banque leur propose un taux de 2,48%, assorti d’une assurance de 0,15% par tête. Les frais de dossier s’élèvent à 3 000 euros. Dans ces conditions, l’emprunteur doit s’acquitter d’une mensualité de 1 890,44 euros. Leur intérêt total s’élève à 137 132,29 euros, auxquels s’ajoutent 30 000 euros d’assurance et 3 000 euros d’honoraires, pour un coût total du crédit de 170 132,29 euros.

Imaginez maintenant que le couple se voit proposer un prêt multiligne. Leur conseiller bancaire propose donc une première ligne de crédit d’un montant de 150.000 euros sur 15 ans, à 2%, puis une deuxième ligne de crédit d’un montant de 250.000 euros sur 25 ans, avec 2,48%. Sur les prêts à court terme, l’assurance est de 0,10 % et de 0,20 % sur les prêts à long terme. Le couple paiera 2 500 euros de frais de dossier sur le prêt de 250 000 euros et 1 500 sur le prêt de 150 000 euros, soit 4 000 euros de frais au total.

Cependant, avec cet arrangement, le couple gagne sur le coût total du financement. En effet, Alice et Clément devront débourser 1 817,99 euros par mois, assurance comprise (977,76 euros pour le prêt sur 15 ans et 840,23 euros pour le prêt sur 25 ans). Au final, leur coût total sera de 149 395,80 euros (intérêts + assurance + frais bancaires), ce qui représente une économie de 20 736,49 euros.

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Exemple réalisé avec les calculatrices MoneyVox.

Pour autant, la formule n’est pas à tous les coups gagnante : « Si les intérêts et les cotisations d’assurance sont réduits, les frais fixes comme les frais de dossier vont s’accumuler, prévient Cécile Roquelaure. Il faut donc que ce que vous gagnez sur vos intérêts soit supérieur à ce que vous perdez en frais. »

Réduire la charge d’intérêts et d’assurance de l’emprunteur, ne serait-ce pas une solution miracle pour passer sous le taux d’usure ? Pour rappel, ce taux maximum auquel les banques ne peuvent pas prêter, comprend à la fois le taux d’intérêt créditeur, les frais de dossier mais aussi l’assurance emprunteur. « Si cela peut, dans de rares cas, être une solution pour éviter le taux usuraire, le prêt multiligne n’est pas une solution miracle car le TAEG se calcule de toute façon sur les deux lignes de votre prêt et non sur la ligne la plus basse, explique Maël Bernier, porte-parole. pour le courtier Meilleurtaux. De plus, toutes les banques ne proposent pas ce type de prêt. »

Une solution à l’usure dans de très rares cas

Discours confirmé par Cécile Roquelaure : « Il y a quelques mois, les banques avaient tendance à regarder le TAEG général du plan de financement, aujourd’hui le projet est scruté ligne par ligne. Cependant, lorsque vous faites un prêt court, les frais fixes prennent proportionnellement plus de place. Ce n’est donc pas la solution au problème du taux d’usure. »

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L’avantage de ce type de prêt est donc ailleurs. Car le montage multifilière permet, en plus de l’épargne, d’anticiper les évolutions financières, comme la future retraite. Les revenus ayant tendance à diminuer en fin de vie active, l’emprunteur peut donc décider de contracter un prêt multiligne afin de rembourser la majorité du capital emprunté durant les premières années.

« De même, l’emprunteur qui anticipe un revenu important, car il vendrait un bien dans les prochaines années par exemple, a tout intérêt à faire une ligne de crédit plus courte dans son prêt », explique Cécile Roquelaure. Cela permet à l’emprunteur de maîtriser ses frais de remboursement anticipé, car ceux-ci sont limités et ne peuvent représenter plus que l’équivalent de six mois d’intérêts dus sur le capital versé d’avance ou l’équivalent de 3% du capital restant.

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