Aujourd’hui, l’hygiène intime se partage entre deux aspects. D’une part, des tabous persistants autour de la zone périnéale. D’autre part, une envie de libérer la vulve et les discours qui s’y rapportent, avec des étagères entières de bonbons roses dans les drugstores et des posts Instagram tous plus dangereux les uns que les autres – vous vous souvenez de la tendance « ail » ? dans le vagin » pour lutter contre les mycoses ?

Entre les deux, une zone grise, celle de toutes les personnes vulvaires qui font ce qui leur semble le plus logique pour soigner cette partie de leur anatomie. Selon une étude Edelman Intelligence pour Mylan publiée en septembre 2019, 68% d’entre eux la lavent au moins une fois par jour et 20% au moins une fois par semaine. Mais le font-ils correctement ?

Entretien avec Gilbert Bou Jaoudé, médecin sexologue et directeur médical de la plateforme Mia.co. « Il n’y a pas grand-chose à savoir, mais vous devez savoir », annonce-t-il immédiatement. Élaborons.

Toilettes et toilette

Premier point : aller aux toilettes. Là, il suffit de s’essuyer d’avant en arrière, pour éviter d’amener des bactéries de l’anus vers l’urètre et le vagin avec le risque de développer une cystite et/ou une vaginite. Pour le PQ, on évite les fioritures en le choisissant doux et sans parfum. Envie d’un peu de fraîcheur dans la journée avec des serviettes ? « Pas de problème si ce sont des serviettes prévues à cet effet et à condition de les rincer en fin de journée », précise Gilbert Bou Jaoudé.

Cela nous amène naturellement aux toilettes. Hormis la période avec les règles où l’on peut se laver 2 fois par jour, celle-ci se fait une fois par jour, ni plus ni moins, et ce même si on ne se douche pas ou ne se baigne pas quotidiennement (notre volonté de vouloir être sobre énergétiquement réhabiliter le bidet ? Peut-être pour le bien de nos chats et de la planète). Et pour le moment ? « Plutôt en fin de compte », conseille le médecin sans être définitif.

Parlons savon maintenant. L’idée est de miser sur la simplicité et de viser des produits adaptés avec un pH neutre. « Svagina a un pH de 3,5-4 », explique Gilbert Bou Jaoudé. « Utiliser un savon au pH neutre évite de tuer les bonnes bactéries indispensables à la flore vaginale » et évite ainsi les infections fongiques et autres.

Dans le même esprit, il faut faire attention aux éventuels décapages, ce qui signifie que vous utilisez votre main avec douceur et que vous évitez les débarbouillettes et autres fleurs de douche, qui sont abrasives et peuvent éliminer les bonnes bactéries, voire créer des microlésions.

Après l’application du savon, rincez soigneusement et c’est tout : inutile d’ouvrir les lèvres ou d’essayer de nettoyer au-delà de la vulve, car le vagin possède un système d’auto-nettoyage très efficace qu’il ne faut pas dérégler. Pour les accros du bain, c’est simple : Rincez avec un léger jet d’eau – plus fort, ça a d’autres intérêts (clin d’oeil clin d’oeil), mais là n’est pas la question.

Enfin, séchage obligatoire, mais toujours avec précaution avec une serviette propre et tamponnée délicatement. Aussi?

Alors c’est tout. « Il faut éviter les déodorants ou les parfums pour la vulve », insiste Gilbert Bou Jaoudé. « Si vous voulez améliorer le goût et l’odeur de votre vulve, mangez simplement des fruits acides et limitez la viande et les aliments qui sentent le soufre, comme les oignons. » Ronde générale de groseilles, donc. (A noter que si l’odeur change vraiment et que l’écoulement a une apparence inhabituelle, mieux vaut consulter car cela peut être dû à une infection.) Eventuellement, s’il y a sécheresse ou picotements, utiliser un lubrifiant ou une crème hydratante/lotion pour cela but est possible.

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Coton et serviettes

Après le lavage, parlons des sous-vêtements : l’idéal est de privilégier le coton et de réserver les matières synthétiques pour les grandes occasions. Idem pour dormir : le coton et surtout les tenues un peu amples sont conseillés. Exit les tongs et les leggings, bonjour les shorts et les pantalons confortables.

Venons-en à la protection. Quant aux protège-slips non menstruels, ils n’ont pas d’intérêt particulier, sont chers et ne sont pas des plus bio. Mais si c’est votre truc, changez-le tout au long de la journée. Dans tous les cas, dès que les pertes changent d’aspect, deviennent plus épaisses, jaunâtres ou verdâtres, on consulte.

En matière de protection périodique, on préfère celles à usage externe – serviettes, culottes menstruelles… – aux tampons et autres coupes susceptibles, bien qu’assez rares, de créer des infections voire des chocs toxiques. Nous privilégions la simplicité en évitant les produits parfumés et privilégions les gammes en coton et hypoallergéniques.

Il est bien connu que les chats ont peur de l’eau froide – surtout à la mer ou à la piscine.

Après un bain de mer, avec de l’eau salée qui a tendance à dessécher les muqueuses, rincez bien et n’hésitez pas à utiliser un lubrifiant lorsque la zone est bien séchée – rappel : macérer c’est ouvrir la porte (ou les lèvres) en grand ouvert. pour les infections à levures, car les champignons se développent dans des endroits sombres et humides.

A son tour, l’eau de la piscine, gorgée de chlore à des fins de désinfection, a tendance à décaper et à déséquilibrer la flore vaginale. Là aussi, le rinçage est nécessaire, quitte à se contorsionner un peu pour le faire discrètement sous la douche.

Avant le sexe, lavage des mains obligatoire

Enfin, abordons la question de l’hygiène intime autour des rapports sexuels. S’il n’est absolument pas nécessaire de se laver complètement au préalable – 32% des femmes le font pourtant – le lavage des mains (et des sextoys, cela va sans dire) est obligatoire pour les deux partenaires. Et couper ou limer les ongles est fortement recommandé, avec le risque de créer des microfissures ou des microlésions lors des caresses.

Question caresses mais aussi pénétration, la seule règle est d’éviter de passer de l’anus au vagin, pour les mêmes raisons que l’on s’essuie d’avant en arrière. Alors oui au doigté dans le cul et à la sodomie, mais de préférence en fin de partie.

Enfin, s’il est conseillé d’uriner après un rapport sexuel pour éviter la cystite – 59% des femmes le font -, il n’est pas nécessaire de se précipiter aux toilettes dès la fin du rapport sexuel : « Tant que la personne urine dans les deux heures, poursuivez avec , c’est bien, explique Gilbert Bou Jaoudé. En revanche, il est médicalement déconseillé de se laver après un rapport sexuel, sauf si vous avez utilisé un « lubrifiant parfumé » ou d’autres produits ou aliments pouvant agresser la muqueuse.

Pour résumer, en matière d’hygiène vulvaire : restez simple et ne vous déshabillez pas.