Les étudiants de l’Université de Franche-Comté peuvent désormais utiliser gratuitement des tampons et serviettes 100% coton bio dans les différentes composantes et lieux de vie de l’université. Ce dispositif s’inscrit dans une démarche globale : un engagement à favoriser la santé et le bien-être des élèves en sensibilisant au quotidien à l’égalité et à la diversité.

En France, un tiers des étudiantes déclarent avoir besoin d’une aide financière pour acheter des articles d’hygiène*. Cette menstruation précaire est économique et affecte directement la réussite des élèves

L’accès à la protection périodique est un véritable enjeu de santé, mais c’est aussi une question de solidarité et d’égalité des chances. C’est pourquoi l’Université de Franche-Comté s’engage dans la lutte contre la précarité menstruelle. Le projet est né pendant la crise sanitaire. L’Université de Franche-Comté s’est penchée sur la précarité étudiante en mettant en place une commission sur le sujet, composée d’élus étudiants bénévoles. « N’importe qui pouvait soulever un sujet sur lequel l’université pouvait se concentrer. L’insécurité menstruelle est l’un des premiers sujets qui est venu sur la table », explique Inès Laville, docteure en sociologie et ancienne membre du comité de recherche de l’université.

Cette Commission Précarité a alors lancé un questionnaire à destination des étudiantes en juin 2021 dans le but d’identifier les difficultés et les besoins liés à la précarité menstruelle. En deux semaines, les étudiants sélectionnés recevront plus de 800 réponses. « Nous avons constaté que pour la majorité des étudiants il est nécessaire d’installer des distributeurs de protections sanitaires », témoigne Inès Laville, élue étudiante à la Commission Précarité.

1 étudiante sur 10 contrainte de fabriquer ses protections elle-même

En effet, le coût des protections hygiéniques oblige certains élèves à choisir entre produits d’hygiène et produits de première nécessité. « Cette menstruation incertaine peut les empêcher de terminer leur entraînement dans de bonnes conditions. Certains étudiants restent à la maison pendant leurs règles », explique Wiam Bama, étudiante en master de socio-anthropologie, élue CGT au CVFU. En France, selon l’enquête FAGE*, 1 écolier sur 10 est contraint de se protéger.

« Nous sommes une université de valeurs et parmi ces valeurs on retrouve l’engagement et la qualité. Il est clair que les menstruations n’affectent que les femmes. Puisque les règles ne concernent que nos étudiants, cette taxe rose ou taxe tampon ne concerne que leur budget. Il nous a semblé nécessaire de ne pas accentuer leur précarité et de rétablir l’égalité », assure Anne Tatu, vice-présidente à la vie étudiante.

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En partie financées par la région Bourgogne-Franche-Comté et le Crous Bourgogne-Franche-Comté sur fonds CVEC et avec la participation de l’AGEA Bourgogne-Franche-Comté, ces box seront installées dans les différentes composantes de l’université sur l’ensemble de ses sites : Besançon, Belfort, Montbéliard et Vesoul (liste complète des lieux de boxe).

Avoir ses règles ne devrait pas être une honte

« Nous reléguons quelque chose de privé dans des lieux publics. Outre la symbolique public/privé, il est question d’une question sociale, explique Wiam Bama. Avoir vos règles ne devrait pas être une honte. Les boîtiers sont intégrés dans les composants au plus près des étudiants sur les sites d’étude.

En fait, le choix du lieu a été fait de manière concertée, en tenant compte des résultats du questionnaire. « Nous ne voulions pas cacher ces distributeurs. Dans certaines composantes, ils sont installés dans des toilettes mixtes, même si cela signifie qu’un élève peut s’abriter pour un autre élève. C’est important que ces boîtes soient montrées dans la vie de tous les jours », explique Anne Tatu.

Cette visibilité aide à briser le tabou. « On appelle les règles des noms d’oiseaux inimaginables : ‘les coquelicots’, ‘les anglais qui débarquent’, on va leur trouver des expressions qui permettent d’éviter le mot, illustre le vice-président de la vie étudiante. Mais c’est la menstruation, c’est la menstruation, ça arrive tous les mois et il n’y a pas de quoi avoir honte. »

Ce dispositif s’inscrit donc dans une démarche globale : un engagement à favoriser la santé et le bien-être des élèves en les sensibilisant à l’égalité et à la diversité au quotidien.

On retrouve dans ces coffrets 4 types de protections, toutes en coton 100% biologique. L’université est également engagée dans le développement durable. « On a l’idée d’aller encore plus loin », précise Anne Tatu. La deuxième étape de ce projet est de pouvoir proposer des protections réutilisables telles que des culottes menstruelles et des coupes. Aujourd’hui, nous devons penser à plus long terme en cherchant des moyens de financer et de distribuer ces protections permanentes et de sensibiliser à leur utilisation. »

* Enquête de la FAGE (Association des Syndicats Généraux des Etudiants) à partir de 2021