En France, 61% des hommes sont déjà victimes de troubles de l’érection, selon une nouvelle étude Ifop publiée mercredi. Un sujet encore majoritairement « tabou » chez les hommes, souligne l’étude.

Une étude de l’Ifop pour la plateforme santé Charles.co, publiée ce mercredi, montre que jamais autant de Français n’ont souffert de problèmes d’érection. Pas moins de 6 hommes sur 10 ont connu au moins une fois dans leur vie des troubles de l’érection : un chiffre en constante augmentation depuis 15 ans.

En 2005, ils n’étaient « que » 44% à avoir déjà rencontré quelqu’un, contre 61% aujourd’hui. Et pour beaucoup de ces hommes, il ne s’agit pas d’un lointain souvenir ou d’une vague expérience de jeunesse, puisque plus d’un sur trois (38%) admet avoir éprouvé une forme quelconque de désir ou de dysfonction érectile au cours des 12 derniers mois.

Dépendance aux écrans et baisse de libido

Parmi les principales variables qui influent sur ce type de trouble figurent l’âge, le stress et le lieu de résidence. Les hommes vivant en région parisienne (46 %) y sont beaucoup plus exposés que les ruraux (36 %).

Pour la toute première fois, cette étude montre également que l’addiction aux écrans peut avoir un impact sur la libido masculine. Chez les moins de 35 ans, le nombre d’individus victimes de troubles du désir est nettement supérieur à la moyenne chez les hommes qui « visionnent quotidiennement des vidéos pornographiques, des réseaux sociaux, des applis d’information ou des films et séries comme su’ proposer des services comme Netflix look ». .

Un sujet encore tabou 

Pourtant, même en 2019, ces troubles génèrent des complexes chez les hommes qui ont « une vision très phallocentrique du plaisir sexuel ». Selon l’étude, les hommes concernés ne sont pas toujours prêts à parler de ces troubles, que ce soit avec leur partenaire ou avec un spécialiste de la santé.

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Près des deux tiers d’entre eux (63%) ont déjà des complexes sur leur capacité à avoir une érection, et 62% sur le maintien de leur pénis en érection pendant toute une période de rapport sexuel. Ainsi, le nombre d’hommes qui n’en ont jamais consulté un médecin s’élève à 72%, et seulement un quart des hommes concernés en ont déjà parlé à quelqu’un.

Un homme sur trois (33%) avoue avoir déjà donné de fausses excuses à son mari pour cacher un problème sexuel, la fatigue physique étant de loin l’argument le plus avancé. De plus, les chiffres montrent que les hommes souffrant de dysfonction érectile sont deux fois plus susceptibles d’être complexes en raison de la taille de leur pénis.

« Une conception pénétrative du plaisir sexuel »

Cette étude montre que « le sexe masculin a encore « une conception très pénétrante du plaisir sexuel masculin ». 56% des hommes, et 64% des hommes de moins de 30 ans, estiment qu' »une relation sexuelle doit passer par la pénétration pour être pleinement satisfaisante pour être » .

Afin de retrouver le désir, la plupart des hommes impliqués dirigent l’usine à fantasmes. 43 % se tournent vers le porno et 42 % repensent aux rencontres sexuelles précédentes. Mais en général, les Français restent réticents à utiliser des médicaments pour améliorer les problèmes d’érection, même si 56% d’entre eux pourraient l’envisager.

Les jeunes hommes de moins de 30 ans se distinguent de leurs aînés par le fait qu’ils recourent davantage à des produits psychoactifs comme le Viagra, à de fortes doses d’alcool, ou encore à des drogues et produits aphrodisiaques.

Etude IFOP pour Charles.co réalisée en ligne du 19 au 24 avril 2019 auprès d’un échantillon de 1 957 personnes, issues de la population française masculine âgée de 18 ans et plus, résidant en France métropolitaine.