2022 aura été l’année des morts oubliées du COVID-19 et de l’impact d’Omicron sur les jeunes enfants, avec sept décès associés, six fois le nombre d’hospitalisations et sept fois le nombre d’admissions en réanimation où le COVID n’était en cause qu’en 2021.

Même si la pandémie du siècle n’est plus sur le radar de beaucoup, les résultats de l’année écoulée montrent que ses répercussions sur le système hospitalier sont encore lourdes. En 2022, elle a laissé 5 688 décès dans son sillage, soit plus qu’en 2021 (3 296), et entraîné plus de trois fois plus d’hospitalisations par rapport à 2021 (15 264) et 2020 (14 779), même si, dans certains cas, la COVID n’était pas le diagnostic principal.

Vagues chez les jeunes

L’infectiosité très élevée d’Omicron a particulièrement touché davantage les enfants. Plus de 2 500 jeunes âgés de 0 à 19 ans atteints de COVID-19 ont été hospitalisés, que la maladie ait été le motif d’admission ou non, et 171 enfants, souvent avec d’autres conditions, ont été admis aux soins intensifs.

Mais selon les chiffres compilés depuis l’arrivée d’Omicron par l’Institut national de santé publique du Québec pour mesurer le fardeau réel du COVID dans les hospitalisations d’enfants infectés par le SRAS-CoV-2, le coronavirus a eu un impact significatif sur les hospitalisations d’enfants. Dans près de 75 % des hospitalisations « COVID » de moins de 5 mois, ce diagnostic était à l’origine. C’était le cas pour 55 % des hospitalisations de 6 mois à 4 ans, mais seulement 36 % de 5 à 11 ans et 24 % de 12 à 17 ans.

« Il est vrai que les enfants étaient les plus touchés en 2022. Car avant Omicron, très peu de personnes contractaient le COVID. C’est le volume important de cas d’infection qui explique cette explosion des hospitalisations. Mais, en pourcentage, il n’y a pas une proportion plus élevée d’enfants infectés qui entrent à l’hôpital ou en soins intensifs à cause du COVID », explique le Dr. Caroline Quach, pédiatre et infectiologue au CHU Sainte-Justine.

La plupart des enfants décédés (7) ou admis en soins intensifs (171) avaient des problèmes de santé sous-jacents, en particulier les nourrissons, a-t-elle déclaré.

Bien que le COVID-19 reste présent, c’est un cocktail de virus respiratoires qui a rempli les lits d’hôpitaux pédiatriques et causé la majorité des admissions en soins intensifs pour les jeunes enfants depuis l’automne.

« Ce n’est plus notre ennemi numéro un maintenant, la COVID. Surtout, les infections bactériennes s’ajoutent à la grippe et aux autres virus respiratoires. Mais les enfants atteints de maladies complexes sont plus vulnérables lorsqu’ils ont la COVID », explique la Dre Valérie Lamarre, spécialiste en maladies du CHU Sainte-Justine.

À Lire  France v Australie : pourquoi les Bleus ne sont pas près d'avoir leur nom au dos de leur maillot

Cependant, de nombreux médecins s’interrogent sur l’impact que pourrait avoir une infection antérieure par le SRAS-CoV-2 sur la capacité du système immunitaire des jeunes enfants à combattre les infections virales et bactériennes impliquées dans les hospitalisations en cours, précise l’infectologue.

« Nous savons qu’après la rougeole, par exemple, les enfants sont beaucoup plus vulnérables aux infections graves. Le COVID aurait-il le même effet ? Nous ne savons pas. Il est trop tôt pour le dire. Nous allons avoir besoin d’immunologistes pour enquêter là-dessus et de plus de données pour élucider cela », ajoute le Dr. Lamarré.

Une chose est sûre, les deux infectiologues rappellent que les parents devraient prendre des précautions supplémentaires le soir de Noël pour protéger les petits, notamment les bébés. « Aller à une fête de famille avec un bébé de moins d’un mois, oubliez ça. Les personnes âgées de plus de 6 mois peuvent recevoir au moins le vaccin contre la grippe et le vaccin monovalent COVID. Restez également à la maison si les enfants plus âgés présentent des symptômes », conseille le Dr. Quach.

« Nous devons adapter notre conduite au contexte familial. Mais nous ne sommes pas en mesure de recevoir des personnes présentant des symptômes, même si ce n’est pas le COVID, même avec un masque. Si on a un bébé prématuré, on reste à la maison », ajoute le Dr. Lamarré.

Les morts oubliées

Si le fardeau de la pandémie a augmenté chez les enfants en 2022, il reste minime par rapport à celui des personnes vulnérables et des personnes âgées, qui meurent encore en grand nombre du COVID. Il y a eu près de 5 000 décès en 2022 parmi les personnes âgées de 70 ans et plus, contre 2 800 l’an dernier. Depuis Omicron, il y a eu plus de décès parmi les personnes âgées de 60 à 69 ans (492), de 50 ans (174) et de 30 ans (19) qu’à tout autre moment depuis le début de la pandémie.

« Les chiffres disent quelque chose de complètement différent du sentiment général que les gens ont, à savoir que la pandémie est derrière nous », explique le Dr. Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal.

« Beaucoup de personnes vulnérables ou immunodéprimées meurent encore et cela ne va pas disparaître », dit-elle, « car pour ces personnes le vaccin est moins efficace et les anticorps monoclonaux ne fonctionnent plus avec Omicron. »

« On peut fêter Noël, dit le Dr. Tremblay, mais dans un esprit de solidarité et de bon sens : ne visitez pas si vous avez des symptômes ! »