Synopsis : Dans un village iranien près de la frontière, un réalisateur voit une histoire d’amour pendant le tournage d’un autre film. La culture et la politique seront-elles bonnes pour les deux ?

Analyse : Jafar Panahi est interdit de filmer et de visiter l’Iran. Pourtant, après ce projet de film, armé d’un ordinateur, d’un appareil photo et d’une caméra vidéo, le cinéaste est allé chercher une expérience artistique d’un collègue. Lui, Mohammad Rasoulof, le grand réalisateur du Diable n’est pas là. Ce voyage dans une ville frontalière est l’espace artistique du réalisateur, un espace politique choisi et une tentative subtile de critiquer la brutalité de l’État iranien. Ainsi, un homme est emmené en captivité dans ce pays, occupé par un citoyen avoué, alors qu’il regarde le film principal qui raconte l’évasion d’un couple iranien. Les erreurs d’Internet, les aléas des tournages à distance, ne l’empêchent pas d’aller au bout de cette histoire turque où les femmes sont filmées sans vêtements et les jeunes s’amusent dans des bars pleins d’alcool.

De manière tout à fait cohérente, Jafar Panahi remplit ici toutes les conditions d’une arrestation par les autorités iraniennes, ce qui malheureusement ne peut manquer d’arriver. Il critique dans le microcosme du village où il vit, les terribles conflits de la dictature où femmes et hommes sont exploités par le Gouvernement, au nom de la culture, pour créer une situation de surveillance et de méfiance entre les peuples. Le film qui en résulte décrit avec force comment le système policier transforme les suspects en criminels. Le simple fait de prendre des photos suffit à rendre l’artiste coupable de sédition, de surveillance et d’immoralité. Même en donnant une puce où se trouvent les photos, il doit renoncer à sa liberté d’expression, de religion et de culture, et jurer dans le Coran qu’il dit la vérité.

Mais tout le monde connaît le célèbre dicton de Jean Cocteau : « C’est un mensonge qui dit toujours la vérité ». Panahi, dans un programme dépouillé mais très écrit, raconte la manière dont les régimes autoritaires ont mis le chaos dans la création artistique, basé sur la peur, l’ignorance et le manque d’éducation du peuple. No Bear n’est pas un film uniquement iranien. Il décrit le monde des images qui existe aujourd’hui, dans les réseaux sociaux, dans la réalité, et est devenu une partie permanente de la vie quotidienne. On ne sait plus, à la fin du film, où sont les limites de la vérité, du mensonge et des récits tant la situation complique l’usage des images et de son film.

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Taxi Driver Tehran propose, de façon très modeste, une œuvre dense et très intelligente. Il montre comment l’art cinématographique n’a pas besoin de milliers de prêts pour exister. Tout dépend de la sagesse de l’époque, de la capacité de prévoyance du metteur en scène à penser la scène et à écrire une histoire qui soit un affichage attentif de la réalité comme une invitation au rêve.

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