Orthez : L'ancien presbytère de Chesnelong est mangé par les termites

Par Luce Gardères Publié le 04/09/2022 à 16:06 Mis à jour le 04/09/2022 à 16:10

La grande propriété tombe à l’abandon, toujours au cœur d’une bataille juridique entre le diocèse, l’association qui la gère, et la famille du legs. Un séquestre a été nommé

Triste nouvelle, l’ancienne maison paroissiale de la rue de l’Horloge à Orthez, abandonnée depuis des années, est rongée par les termites. Le nouveau curé Victor Gomès l’a vu avec l’évêque du diocèse Marc Aillet à la fin de l’été dernier. « En l’état, je ne pense pas que l’hémicycle pourra rouvrir en raison du coût énorme des travaux de surélévation », avait alors confié le prêtre. UN…

Triste nouvelle, l’ancienne maison paroissiale de la rue de l’Horloge à Orthez, abandonnée depuis des années, est rongée par les termites. Le nouveau curé Victor Gomès l’a vu avec l’évêque du diocèse Marc Aillet à la fin de l’été dernier. « En l’état, je ne pense pas que l’hémicycle pourra rouvrir en raison du coût énorme des travaux de surélévation », avait alors confié le prêtre. Une rénovation qui me semble de plus en plus inutile tant le monastère des Clarisses remplit merveilleusement cette tâche. Conformément aux projets de l’Église qui souhaite revendre le lieu pour financer les travaux du monastère, l’abbé Gomès restitue au diocèse la responsabilité de régler les litiges autour de l’édifice.

Car la Maison Chesnelong fait l’objet d’un conflit entre l’autorité religieuse, l’association de gestion, et la famille héritière. En août 2018, l’association Maison Chesnelong a été dissoute par ses administrateurs. Cela ouvre la voie à la restitution de l’édifice aux descendants des donateurs, comme prévu dans le legs. Mais le diocèse conteste la légalité du procès, et le 2 février 2021, le tribunal de Pau tranche en sa faveur en annulant la dissolution. La présidente veut alors convoquer une nouvelle assemblée générale extraordinaire, mais elle a démissionné, ainsi que trois autres membres du poste. La situation empire.

« Sujet sensible »

« Sujet sensible »

Ces événements ont conduit le juge à nommer un administrateur judiciaire le 1er juin 2022. Désormais, c’est donc Quentin Roger, du cabinet à Pau FHB, qui est chargé de la gestion de crise. « Nous sommes d’accord pour que l’association soit rétablie, mais les conditions de la succession doivent être respectées, prévient Alain d’Iribarne, l’un des descendants de la famille Chesnelong, prêt à mener la bataille judiciaire. Si nous ne comprenons pas, tout le monde est perdant ! Et ce qui gagne, ce sont les termites… »

Les élus d’Orthez signalent un « sujet sensible », et ne souhaitent pas faire de commentaire. Concernant les laïcs de la paroisse, beaucoup déplorent « l’opacité » dans la gestion du dossier, et plus largement que les conflits, lorsqu’ils surgissent au sein de la communauté catholique, « peuvent difficilement être gérés, sauf par le silence ou l’étouffement dans la prière ».

Qui était Pierre-Charles Chesnelong ?

Qui était Pierre-Charles Chesnelong ?

Charles Chesnelong, né et mort à Orthez (1820-1899), fut maire de la ville de 1856 à 1870, député, sénateur, et l’un des chefs du parti légitimiste, qui tenta de restaurer la royauté en France. En 1848, il fonde la société locale Saint-Vincent-de-Paul pour venir en aide à 500 familles pauvres d’Orthez. C’est lui qui amena le train jusqu’à la ville de Fébus en 1862. Catholique fervent, il fit construire en 1865 le clocher actuel de l’église Saint-Pierre, et supervisa la construction de l’église du Départ. En 1960, ses héritiers laisseront une grande maison familiale située au centre de la ville au profit des œuvres paroissiales. La propriété, longtemps appelée centre Saint-Vincent, fait l’objet d’un conflit depuis 2018 entre l’Eglise, l’association Maison Chesnelong, et les descendants des légataires.