Le moral des 18-30 ans n’est pas bon, selon le baromètre annuel de la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative publié en janvier 2022. Un tiers d’entre eux a souffert de solitude pendant la crise du salut.

La crise sanitaire pèse lourdement sur le moral des jeunes. Interrogés en mars et avril 2021 dans le cadre du baromètre de la DJEPVA (direction jeunesse, éducation populaire et vie associative sur la jeunesse), 59% estiment que leur vie actuelle correspond à leurs attentes, soit le niveau le plus bas observé. depuis la création du baromètre en 2016.

Un jeune sur deux considère donc la pandémie comme une période très difficile à vivre. Les jeunes interrogés ont notamment mis en avant les difficultés psychologiques et le sentiment d’isolement face aux difficultés socio-économiques.

Des attentes fortes d’aides pour trouver un emploi

Les jeunes qui ont le plus souffert de la crise sanitaire, ont souvent rencontré des difficultés en matière d’emploi. La période a été particulièrement difficile pour les jeunes au chômage et en intérim (+5 points), et pour les jeunes qui ont quitté leur emploi durant la période (+4 points).

Dans ce contexte incertain, les jeunes attendent beaucoup des pouvoirs publics : près d’un tiers souhaiteraient que ces derniers les aident à trouver un emploi. Une augmentation de huit points par rapport à 2020.

Sentiment de solitude et manque de contact

La baisse du moral des jeunes a également été liée à un retour chez leurs parents. En 2021, 17 % des jeunes vivront chez leurs parents après avoir vécu dans un logement indépendant, contre 12 % en 2019 et 14 % en 2018. Le baromètre met en évidence l’impact sur leur bien-être : 53 % des jeunes qui sont revenus leurs parents après avoir quitté la maison trouvent la période de pandémie difficile contre 44 % pour les jeunes qui ne sont jamais sortis de chez eux.

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Le sentiment de solitude a été particulièrement aggravé par la crise sanitaire. En janvier 2021, 33 % des 18-30 ans se sentaient seuls contre 21 % de la population en moyenne, un écart qui s’est creusé depuis le début de la pandémie.

Ralentir ou même cesser les relations sociales a été difficile pour ce groupe d’âge. Elle arrive à un moment crucial pour la constitution du réseau social. La rencontre du premier partenaire sexuel se fait en effet majoritairement sur le lieu d’étude et celle du premier conjoint lors de soirées entre amis, indique l’étude.

Depuis le début de la pandémie et les mesures de distanciation, 63% des jeunes de 18 à 30 ans souffrent d’un manque de contact avec leurs amis et connaissances. Dans la tranche d’âge 18-24 ans, un tiers déclare des syndromes dépressifs à la mi-février 2021.

Une hausse de l’engagement et du bénévolat

Pour autant, la pandémie n’a pas freiné l’engagement des jeunes dans des associations ou des bénévoles, le bénévolat régulier a même augmenté par rapport au début de l’année 2020. Un report favorisé par une augmentation du temps disponible.

Le sport est le premier domaine d’engagement dans une association ou autre organisation. Il a toutefois connu une baisse, puisqu’il représentait 31 % en 2021, contre 35 % l’année précédente. L’engagement dans le domaine de la jeunesse et de l’éducation, quant à lui, a légèrement augmenté, passant de 18 à 19 %.

Enfin, le baromètre s’est penché sur l’aide alimentaire et psychologique. Plus de la moitié des jeunes ont déjà entendu parler des mesures mises en place spécialement pour eux à cause du Covid. La multiplication des aides a atténué le sentiment de non-recours : 24 % des jeunes déclaraient ne pas avoir bénéficié des aides auxquelles ils avaient droit en 2021, contre 29 % en 2020. Dans le même temps, le baromètre constate une diminution de la connaissance des aides préexistantes.