Par Coralie Lamarque – montdemarsan@sudouest.frPublié le 16/09/2022 à 08:08

Une salle de santé étudiante ouvrira en octobre à l’IUT de Mont-de-Marsan. La finalité de ces services médico-sociaux : lutter contre la précarité étudiante

Dans le salon de l’IUT (Institut Universitaire de Technologie) un stand a été installé sur la précarité menstruelle le mardi 13 septembre. Cette séance de prévention annonce l’ouverture d’une salle de santé au sein de l’institut pour les étudiants en octobre. Avant l’arrivée des élèves pour le déjeuner, une cinquantaine de culottes menstruelles et de préservatifs sont prêts à être distribués gratuitement…

Dans le salon de l’IUT (Institut Universitaire de Technologie) un stand a été installé sur la précarité menstruelle le mardi 13 septembre. Cette séance de prévention annonce l’ouverture d’une salle de santé au sein de l’institut pour les étudiants en octobre. Avant l’arrivée des élèves pour le déjeuner, une cinquantaine de culottes menstruelles et de préservatifs sont prêts à être distribués gratuitement. « Certains n’osent pas nous demander des préservatifs, alors on les éparpille sur les tables de la salle », explique Christiane Inirra, infirmière à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA).

Une fois par mois, Christiane Inirra et sa collègue Aurélie Labbé, seule assistante sociale des 14 000 étudiants des cinq sites de l’université, viendront assurer la permanence à l’IUT de Mont-de-Marsan. « L’espace santé englobera à la fois le médical et le social, car l’un va de pair avec l’autre. L’arrivée de cet espace de santé s’inscrit dans la politique de santé de l’UPPA, désormais présidée par Laurent Bordes », assure Stéphanie Rabiller, vice-présidente adjointe à l’état de vie et de santé des étudiants de l’université, qui a initié le projet. Les rendez-vous sont pris mis en ligne, bien qu’il y ait des créneaux d’urgence.

« Cette salle de santé est principalement destinée aux 400 étudiants, car le personnel de l’IUT n’a pas à s’occuper directement de la précarité étudiante », précise le directeur Bertrand Charrier. « La crise du Covid-19 n’a pas été sans conséquences, mais la précarité étudiante a déjà accru les besoins des étudiants avant la pandémie, poursuit Aurélie Labbé. La première permanence aura lieu en octobre, car les animateurs admettent qu’il a été compliqué de mettre en place le dispositif avant la rentrée. Des formations aux premiers secours en santé mentale seront également prévues au cours de l’année.

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Bordeaux : la pandémie passe, la précarité étudiante demeure

Tous les lundis à 19h, l’association Linkee, qui a ouvert une antenne à Bordeaux depuis cette année, distribue de la nourriture et des produits de première nécessité aux étudiants au Wanted Café, près du marché des Capucins.

Un panier équilibré

La première vague d’étudiants arrive dans le salon pour la pause déjeuner. Ils s’arrêtent à table pour récupérer un sac kraft rempli de fruits et légumes du potager des Jardins de Nonères et parfument l’intérieur à la verveine. Des éplucheurs sont également distribués, plus d’excuse pour ne pas se servir si ce n’est le fait que vous n’aimez pas les légumes comme Claire. « Je préfère ne pas le prendre, car ce serait dommage », explique le deuxième.

Comme beaucoup, elle a apporté des culottes menstruelles avec sa pochette fabriquée par Esat. Une forme de protection périodique qu’elle n’avait jamais essayée auparavant, car la capacité d’absorption la rendait sceptique et le prix unitaire, autour de 25 euros, était un frein. Un distributeur de protections sanitaires gratuites est également prévu par l’IUT à partir de la semaine prochaine. Clément et Tewis, en première année de Sciences et Génie des Matériaux, ne se sont pas arrêtés à l’état de précarité menstruelle. Ils étaient plus intéressés par le bon de 15 euros valable à la SNCF TER Nouvelle-Aquitaine pour tous les étudiants de l’IUT. Ils auraient aussi aimé voir la distribution d’éthylotests.

L’événement semble avoir fait l’unanimité auprès des étudiants, même si la plupart admettent ne pas avoir prêté attention aux courriels et aux affiches annonçant la séance d’information et la distribution de fournitures de base. Même s’ils auraient préféré une annonce en classe, les étudiants interrogés estiment que l’IUT se soucie de leurs problèmes, qu’une permanence par mois leur semble suffisante et qu’ils comptent réserver leur plage horaire pour la permanence de la salle de santé au besoin. .