« Au début, je ne pouvais même pas…

« Au début, je ne pouvais même pas m’asseoir. « Avec une certaine émotion, il assure que sans ses proches, il ne serait pas là aujourd’hui. « Je suis très reconnaissant envers ma famille, ma femme et mes amis de m’avoir soutenu. Quand on est seul dans ces moments-là, il est très difficile de se lever. »

Matthieu Soubieille est sportif depuis son plus jeune âge. Il a fait du football, du cyclisme et de la boxe au Stade Montois. Mais après son accident, il était hors de question pour lui d’entendre parler de sports modifiés. «Je voulais rester aussi proche que possible de la normale. Pratiquer des sports handisport m’aurait mis dans une case. »

Dans la rue, il fait face à un nouveau visage. « Je suis devenu le centre de l’attention du jour au lendemain, et malgré moi. « Il lui a fallu beaucoup de temps pour s’adapter. Lorsqu’un événement traumatisant de ce type survient, il est difficile pour certains d’accepter cette nouvelle vie forcée. Le déclic s’est produit lorsqu’un de ses amis d’enfance, qui connaissait bien le handicap de Matthieu, l’a convaincu de franchir le pas. Cet homme connaît bien le monde de la course à pied et ne court que… pieds nus. Il suffisait de prouver à Matthieu que tout est possible et qu’il ne fallait s’arrêter devant rien.

En fauteuil de ville

Aujourd’hui, le Montois est bien dans sa peau. Sous le soleil hivernal du parc des Nahuques à Mont-de-Marsan, il dit vouloir relever tous les défis qu’il peut. Le joueur de 32 ans participera donc à la course Guadarun Tour en avril. Cet itinéraire qui traverse les îles de Guadeloupe se compose de six étapes de 15 à 25 kilomètres chacune. C’est un total de 150 kilomètres en six jours. Un gros morceau qui aurait pu refroidir Matthieu, mais non. Il suivra le tracé modifié, sans les sentiers escarpés, en gardant le même dénivelé.

En revanche, pas question de lui parler de matériel de course. Il sera avec sa chaise de ville ou rien. Il veut se mettre au défi et trouve inhabituel de rester dans un siège urbain pour une telle course. « Vous ne changez pas de jambe lorsque vous courez. Moi, c’est pareil, mais c’est le fauteuil. Cependant, il admet que cela le fait prendre plus de risques. « La descente en fauteuil roulant est compliquée. Nous n’avons pas vraiment de freins, ce sont nos mains. Il y a un côté excitant mais aussi très dangereux. Si vous tombez, c’est face cachée directement. »

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Un objectif : fédérer

Afin de se préparer à cette belle aventure, Matthieu enchaîne les courses. Il a participé avec ses amis et sa famille aux 10 kilomètres du Marathon des Landes. La première fois que vous êtes actif dans votre fauteuil. Il avait fait plusieurs courses en Myolib (un fauteuil roulant tout terrain poussé par d’autres personnes) mais il en avait marre de ne rien faire. « Moi aussi, je voulais transpirer. « Il s’entraîne beaucoup avec son kiné, ce qui lui donne un énorme coup de pouce. Renforcement, cardio, musculation, le tout deux ou trois fois par semaine. « J’essaie de mettre toutes les chances de mon côté pour pouvoir y aller. »

Depuis octobre, Matthieu ne fait plus de sport seul. Il a rencontré Sylvie Charlet, et elle l’a motivé pour cette course. « Je l’ai contactée par l’intermédiaire de ma femme, elle a adoré mon profil, elle m’a parlé du projet et ça a tout de suite frappé. Cette année, Sylvie Charlet participera à son sixième et dernier Guadarun, Matthieu espère donc l’accompagner et « reprendre le flambeau ».

Matthieu Soubieille ne veut pas faire de sport juste pour rester physiquement actif. Ce qu’il veut, c’est une fédération, que tous les athlètes soient mixtes. « Le mariage du valide et de l’invalide est magique ! » C’est ce que je veux! »

Celui qui a toujours été en compagnie de ses proches lors de ses dernières courses se sent « invincible » et souhaite « exposer sa garde rapprochée ». Baigné dans le sport depuis tout petit, le partage est sa seconde nature. « Tout est possible, tout peut être fait avec n’importe qui, donc je veux que ma famille et mes amis courent avec moi dans chaque défi. »