Mohammed ben Zayed a choisi Paris pour sa première visite officielle en tant que président

La capitale française, Paris, a reçu ce dimanche le président nouvellement élu des Émirats arabes unis et émir d’Abou Dhabi, Mohammed bin Zayed Al Nahayan, qui a choisi le pays européen comme destination de son premier voyage officiel à l’étranger depuis son arrivée. pouvoir en mai dernier. En plus de représenter un « geste symbolique » qui « affirme les liens forts » qui unissent les deux pays, a précisé l’Elysée, cette visite de trois jours doit également servir de cadre à la signature de plusieurs accords. Le plus attendu : l’accord sur l’énergie.

« Les deux chefs d’Etat s’attacheront à approfondir davantage le partenariat stratégique qui unit les deux pays, notamment dans le domaine de la sécurité et de la défense, mais aussi dans les domaines de l’énergie et des technologies du futur », a indiqué la présidence française. Elle devrait « renforcer les relations bilatérales déjà étroites » et apporter « des réponses à la crise énergétique mondiale », et motiver « des efforts conjoints pour la stabilité et la sécurité régionales », ajoute-t-il.

Avec ces objectifs en tête, Mohammed ben Zayed a foulé lundi après-midi le tapis rouge dans la cour du palais de l’Élysée pour être officiellement accueilli par son homologue français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron. Cet accueil fut suivi d’une rencontre entre les deux dirigeants et d’un prestigieux dîner d’apparat au Grand Trianon, commandé par le Prince Louis XIV dans le parc du Château de Versailles.

Selon la tradition, Mohammed ben Zayed lui-même recevra de Macron l’insigne de la Grand-Croix de l’Ordre national de la Légion d’honneur et une édition de 1535 de la carte de la péninsule arabique et du Golfe du géographe allemand Lorenz Fries.

Par ailleurs, pour la suite de son séjour, l’agenda du président des Emirats prévoit également des rencontres avec plusieurs hauts responsables français, comme la Première ministre Élisabeth Borne à Matignon, et avec d’autres membres du gouvernement et des chambres parlementaires, au Sénat. et l’Assemblée nationale.

Dans ce scénario, les négociations sur l’énergie sont apparues comme les principaux protagonistes de la réunion. Comme indiqué la semaine dernière, Bin Zayed et Macron vont « annoncer des garanties émiraties sur les quantités d’hydrocarbures (diesel uniquement) livrées en France », a déclaré un conseiller de l’Elysée à l’agence de presse AFP, bien que des détails sur les quantités et la fréquence des transmissions aient pas encore été rendu public aux médias. Les dirigeants devraient également signer d’autres accords sur le transport et la gestion des déchets.

J’ai été ravi d’arriver en France, point stratégique des Emirats Arabes Unis, et de rencontrer mon ami le Président Emmanuel Macron. Nos pays ont des partenariats à long terme dans de nombreux domaines. Nous attendons avec impatience de nouvelles collaborations et le renforcement des liens vers un avenir prospère. pic.twitter.com/6V99L8CCF2

Les Français veulent « diversifier les sources d’approvisionnement énergétique »

La Fédération de Russie est de loin le plus grand fournisseur d’énergie de la Communauté européenne. Rien qu’en 2021, 54,4 % des importations bruxelloises d’énergie provenaient de Moscou. Et cela inclut les stocks de diesel.

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La France, dont la consommation de diesel représente près de 75 % de la consommation totale d’énergies fossiles, est l’une des puissances européennes les plus vulnérables aux effets de l’invasion russe de l’Ukraine. Pour cette raison, le rapprochement avec les Emirats arabes unis sur l’énergie est une nouvelle étape vers « la diversification de ses ressources énergétiques », ont expliqué des sources de l’agence de presse à l’agence de presse EFE.

Alors que les prix du carburant continuent d’augmenter, les puissances occidentales augmentent la pression sur les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite pour les amener à distribuer de plus grandes quantités de pétrole. En effet, la visite de Mohammed ben Zayed à Paris intervient quelques jours seulement après la tournée de Joe Biden au Moyen-Orient, au cours de laquelle le président américain a tenté en vain de débloquer la situation.

« Cette visite a bien sûr une dimension très symbolique ; elle illustre le partenariat stratégique entre la France et les Emirats (…). Il est clair que le voyage sera marqué par les enjeux énergétiques dans un contexte où les pays européens sont préoccupés par la hausse de l’inflation due aux prix élevés de l’énergie », a déclaré à l’AFP Anne Gadel, spécialiste du golf et membre de l’Observatoire Afrique du Nord et Moyen-Orient de la Fondation Jean. Mais « c’est aussi un signal aux Etats-Unis (…) qui signifie que nous ne sommes pas pressés de répondre à tout prix aux exigences américaines ».

De bonnes relations entre les Émirats français

Les liens déjà favorables entre Paris et Abu Dhabi se sont considérablement améliorés sous Macron et Bin Zayed (qui détient le pouvoir de facto depuis que son demi-frère paternel, Khalifa bin Zayed, a été victime d’un accident vasculaire cérébral en 2014), grâce à leur relation personnelle étroite. En témoignent leurs relations énergétiques commerciales, qui ont atteint en 2019 un niveau record de près de 1,5 milliard d’euros d’exportations d’hydrocarbures émiratis vers la France. Cependant, cette offre n’inclut pas le diesel.

Dans le même ordre d’idées, les visites entre les deux chefs d’Etat et les accords conclus à cette occasion se sont également multipliés ces dernières années. En 2021, les Émirats arabes unis ont accueilli le président français à l’Expo 2020 de Dubaï, tandis que la vente de 80 avions de combat Rafale et de 12 hélicoptères militaires Caracal a été signée pour près de 17 milliards d’euros. La plus grande vente d’armes internationale de l’histoire de l’Elysée. En 2022, M. Macron s’est rendu à Abou Dhabi pour rendre hommage au cheikh Khalifa bin Zayed Al-Nahyan, président des Émirats décédé le 13 mai. Pendant ce temps, les deux puissances travaillent ensemble dans la lutte contre le crime organisé et coopèrent dans la guerre contre les Houthis par le biais de l’accord de coopération en matière de défense.