Françoise Palle-Guillabert est déléguée générale de l’Association française des sociétés financières. Une structure qui regroupe des filiales de groupes bancaires spécialisées dans la commercialisation de crédits dans les concessions automobiles et des sociétés financières Renault et Stellantis, l’alliance PSA-Fiat.

La location-achat domine-t-elle désormais le marché des véhicules neufs ?

Oui, c’est un mode de financement qui se développe très fortement. En 2021, nos membres ont financé 335 000 voitures neuves pour un montant total de plus de 7 milliards d’euros, soit une augmentation par rapport à 2020, et au premier semestre 2022 LOA continue de croître de plus de 5 %. Globalement, 80% des financements de voitures neuves se font en LOA.

Pensez-vous que sa part peut encore augmenter?

Oui, car il permet au consommateur de s’adapter aux évolutions de l’industrie automobile qui est en pleine mutation. De nouvelles solutions techniques émergent, avec les exigences de la mobilité écologique, et ceux qui utilisent la LOA peuvent toujours restituer leur voiture et en choisir une avec une technologie plus récente et adaptée. Dans nos chiffres, on voit que la LOA accompagne vraiment la transition écologique des ménages vers les véhicules électriques et hybrides.

Ce type de financement affecte-t-il également les opportunités ?

Oui, même si ça a commencé un peu plus tard, ça grandit rapidement. Nous avons eu 60 000 voitures financées en LOA 2021 pour plus d’un milliard d’euros. La tendance se confirme durant le premier semestre 2022 avec plus de 37% des UV financés de cette manière, c’est une explosion. Les difficultés d’obtention de véhicules neufs entraînent une augmentation très importante du marché de l’occasion.

Ils ont un loyer pour l’utilisation, l’assurance, les contrôles techniques, l’entretien, etc. en un seul paiement mensuel. c’est « tout dedans »

Pourquoi les consommateurs choisissent-ils ce mode de financement ?

Il convient de noter que cela a commencé avec une voiture, mais ce n’est pas seulement une voiture ; on voit des financements LOA pour les smartphones, les tablettes, on en a même sur les canapés et les matelas, c’est une tendance sociologique vraiment dure. En ce qui concerne les voitures, la première raison était la possibilité d’acheter un véhicule de classe supérieure que lorsque vous avez un prêt automobile ; c’est tentant. Ensuite, il y a un choix des consommateurs selon l’usage, pas la propriété, et ils ont un loyer pour l’usage, les assurances, les contrôles techniques, l’entretien, etc. en une seule mensualité. C’est « tout compris ».

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Existe-t-il finalement un profil type de client LOA ?

Ce n’est pas générationnel, mais tous, tous les segments de clientèle et tous les types de véhicules.

D’autres financements se sont-ils développés en dehors du crédit auto et des LOA ?

Il y a un bail à long terme, mais légalement ce n’est pas du tout le même produit. Il s’agit exclusivement d’une location, sans possibilité d’achat du véhicule en fin de contrat et sans les dispositions protectrices du Code de la consommation. Le LDD est plus un moyen mis à la disposition des entreprises pour financer leur flotte de véhicules qu’un produit destiné au grand public.

La plupart des contrats sont renouvelés

Sait-on quelle proportion de véhicules a été effectivement acquise à la fin de la LOA ?

Nous nous sommes intéressés à la question car nous voulions savoir si la LOA est une tendance de fond ou un souffle qui va bientôt tomber. Il s’avère que les contrats sont pour la plupart renouvelés.

Quelles précautions prendre lors de l’engagement d’une LOA ?

Il faut bien regarder son contrat sur deux points particulièrement importants : si le kilométrage annuel est limité et quelles sont les conditions de restitution du véhicule.