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mardi 22 novembre 2022 à 06:04 M.

Le recrutement se complique pour certains patrons. Pour y remédier et trouver le bon salarié, certains sont notamment disposés à augmenter les salaires de départ, selon une enquête du CPME, révélée par France Inter ce mardi.

Des milliers d’emplois non pourvus

Plus de la moitié des dirigeants de TPE et PME cherchent à embaucher et la plupart d’entre eux ne trouvent pas le bon profil. C’est l’un des enseignements de l’enquête menée par la Confédération des petites et moyennes entreprises, que France Inter vous dévoile ce mardi. Le CPME a interrogé plus de 2 500 dirigeants de TPE et PME dans un questionnaire en ligne. Son rapport donne un aperçu des besoins et des attentes des propriétaires de petites entreprises. Parmi les difficultés : des problèmes de recrutement et des refus de CDI.

Le recrutement est l’une des principales préoccupations des dirigeants interrogés par le CPME. Plus de la moitié (54 %) des managers qui ont répondu au CPME cherchent à embaucher. Et la grande majorité d’entre eux (91%) rapportent des difficultés à trouver de nouveaux employés. D’abord parce qu’il n’y a pas assez de candidats, et parce que les profils ne correspondent pas au poste.

Les patrons prêts à augmenter les salaires

« Il y a entre 300 000 et 400 000 emplois qui pourraient être pourvus aujourd’hui par des personnes en recherche d’emploi », déplore le président du CPME François Asselin. « Depuis la pandémie, les conditions de travail sont entrées en jeu. Cependant, il existe des professions avec du travail de nuit, le week-end, comme le service à la personne, l’hôtellerie et la restauration.

Ainsi, face à cette difficulté de recrutement, les deux tiers des patrons qui souhaitent embaucher sont prêts à augmenter les salaires de leurs futurs salariés. L’enquête du CPME montre également qu’un manager sur deux prévoit une augmentation de salaire à compter du 1er janvier 2023, pour permettre aux salariés de maintenir leur pouvoir d’achat face à l’inflation. « Dans 55% des entreprises concernées, la hausse sera au moins égale à 3% », précise le syndicat.

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Face au manque, orienter vers les métiers en tension

Le CPME rappelle également que le contrat à durée indéterminée « n’est plus considéré comme un Saint Graal pour les salariés ». Trois patrons sur dix ont déjà vu un de leurs ouvriers refuser un CDI, après un CDD. 11% estiment que les salariés qu’ils recrutent ont une préférence pour un CDD plutôt qu’un CDI.

Cette difficulté à recruter a des conséquences sur la santé économique des TPE et PME. Un tiers des managers (33%) déclarent avoir refusé des commandes ou des ventes par manque d’employés.

Favorables à la réduction de la durée d’indemnisation

« Des affaires qui ralentissent, c’est de la richesse qui ne se crée pas, des emplois qui ne seront plus jamais pourvus, c’est très bouleversant », renchérit François Asselin. « Il faut retravailler l’orientation, il faut continuer à faire de l’étude-travail la clé d’entrée dans le métier et l’activité des jeunes de notre pays », poursuit le syndicaliste. « La formation des demandeurs d’emploi doit être améliorée. Il nous faut une orientation qui corresponde aux secteurs qui embauchent ».

Les petits entrepreneurs interrogés par le CPME s’expriment également sur la réforme de l’assurance-chômage, approuvée il y a quelques jours par le Parlement. La durée des indemnités de chômage sera réduite de 25%,

a annoncé lundi le ministre du Travail. Concrètement, un chômeur qui a droit à 12 mois d’indemnisation dans le cadre du système actuel n’aura droit qu’à 9 mois. Une personne âgée qui a droit à 36 mois perdra neuf mois. 81% des chefs d’entreprise se disent favorables à la réduction de la durée de rémunération. Ils sont également 84% à juger opportun de réformer le système de retraite actuel.

Une précédente enquête du CPME