Brigitte Trochet, locataire depuis 2011, raconte vivre un véritable calvaire dans sa maison près de Dieppe (Seine-Maritime). Elle attend du travail de son propriétaire.

« J’adore cette maison. Mais il ne s’occupe pas de nous », raconte Brigitte Trochet, locataire depuis 2011 avec son mari d’une maison sur la route de Dieppe à Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime).

Elle dénonce un propriétaire « fantomatique » lorsqu’il s’agit d’en avoir besoin. Ce qu’il nie avec véhémence. Sans son intervention, le couple envisage d’intenter une action en justice.

Toilettes bouchées, infiltrations…

Les toilettes sont régulièrement bouchées, raconte-t-elle, ce qui a aussi un impact sur Madame, qui « a attrapé une maladie féminine rare, pour laquelle elle s’est récemment fait opérer », reconnaît-elle.

Mais ce n’est pas tout : dans les logements diverses infiltrations d’eau terreuse sont visibles, dans les pièces à vivre avec l’apparition de champignons ; il n’y a pas de ventilation, l’appartement a une humidité élevée, le système VMC ne fonctionne pas. « L’eau pénètre par le plafond, mais aussi par le sol de la maison. Tout est pourri », se désespère l’ancienne infirmière.

« Le plombier a refusé d’intervenir tellement c’était sale »

Ledit propriétaire, Erik Charpentier, n’est pas du tout d’accord. En 2005, il a déclaré avoir entièrement rénové la maison. Un locataire y habitait depuis dix ans sans jamais s’inquiéter, dit-il. Quant aux locataires, il affirme avoir toujours fait preuve de souplesse dans le paiement du loyer. « À leur demande, j’ai accepté une réduction de loyer et lorsqu’ils ont eu des problèmes pour payer, je leur ai dit qu’ils pouvaient me payer plus tard. Aujourd’hui, ils lui doivent 12 000 euros de loyers impayés. Concernant les problèmes d’isolation, Erik Charpentier confirme avoir isolé le plafond il y a cinq ans. Des travaux qui lui ont coûté 4 000 € et qui ont valu au couple un déménagement pendant l’intervention. Lorsqu’il y a eu un problème de chauffage, le propriétaire est intervenu à nouveau et a fait remplacer le réservoir d’eau chaude. Il estime « qu’il est aussi de son devoir de locataire d’entretenir le bien dans lequel il habite », se défend-il. Le point qu’il dénonce concerne principalement les toilettes et en général l’ensemble du logement : « Tout fonctionnait bien au niveau de la plomberie extérieure de la maison, j’ai donc demandé à un plombier d’intervenir puisque le problème venait de l’intérieur. Le plombier a refusé d’intervenir car c’était très sale. Ces gens vivent dans des conditions tellement insalubres. » Selon le propriétaire, oui, l’appartement est en mauvais état, mais les locataires sont coupables : « Ils n’ont jamais nettoyé, tout a été fermé dans la maison pendant des années, le chauffage fonctionnait à plein régime, donc l’humidité restait inévitablement et les infiltrations est venu. » Cependant, il précise que la maison semble être moins sale depuis un an. Il y a environ six mois, la mairie est venue inspecter l’état de la maison : « Les conseils municipaux n’ont pas déclaré qu’elle était délabrée et inhabitable. » Puisqu’il ne fréquente pas non plus l’Expert pour des raisons professionnelles a pu y assister, il a tout de même demandé des rapports. « J’ai envoyé des e-mails, appelé, mais je n’ai jamais rien reçu », admet-il.

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En avril 2021, le locataire décide de se rendre à la mairie. Le couple a été avisé en contactant leur compagnie d’assurance, qui a engagé un géomètre pour évaluer l’état du logement. Une première évaluation a effectivement été réalisée par Eurexo SAS en août.

Dans le rapport du 31 août 2021, la société note que la propriété est insalubre, sans eau chaude, sans chauffage, sans installations sanitaires efficaces qui présentent un risque pour la santé et de la moisissure dans toute la propriété.

« L’ampleur des travaux à réaliser est importante et il apparaît qu’une relocalisation des assurés sera nécessaire », indique le rapport.

Ce qu’il faut savoirMis à jour le 20 oct. 2022

Les deux locataires ont alors été invités à contacter le Centre de santé environnement de l’ARS, l’Agence régionale de santé. Dans un courrier de la protection juridique en date du 2 septembre 2021, il conseille aux locataires de solliciter auprès de leur propriétaire un nouvel appartement et de contacter la mairie pour obtenir un arrêté d’immondice.

Pour le maire, il y a beaucoup de malfaçons dans l’habitat, mais aussi un mauvais entretien. La maison n’a pas été diffusée et diffusée depuis des mois.

En juillet dernier, le propriétaire avait assuré au maire qu’il réparerait les travaux. « La municipalité n’a donc pas émis d’arrêté d’intégrité depuis la reprise des travaux », explique l’édile.

Il pensait que le travail était fait : « Je pensais que c’était fait. Je m’en suis tenu aux conclusions », avoue-t-il. Ainsi, s’il constate que les travaux ne se poursuivent toujours pas, la municipalité pourrait émettre l’ordonnance d’intégrité physique.

Sans un mot du propriétaire, Brigitte Trochet et son mari louent un appartement à Dieppe. En juillet, le couple a décidé de rentrer à l’intérieur et de travailler seul. Ils concernent principalement le nettoyage des toilettes.

A notre tour, nous avons décidé de ne plus payer le loyer puisque le propriétaire ne nous a pas répondu pour effectuer les travaux.

Un huissier est venu à la maison pour préparer un avis. Près de 10 000 € de dégâts ont été estimés. Avec de la moisissure, vêtements, bijoux, peintures et autres objets sont pourris.

Le 27 juin 2022, la Direction de la Santé, Direction Santé-Environnement, Logement & santé. Et voici le résultat du mail :

« Votre situation correspond au non-respect des conditions normales d’habitabilité prévues par les dispositions du règlement sanitaire départemental dont l’application relève de la compétence du maire. Je lui demande donc par e-mail d’intervenir afin qu’il prescrive des travaux de mise en conformité pour vos propriétaires. »

Aujourd’hui, Brigitte Trochet estime avoir subi un préjudice physique, mental, moral et financier. Elle demande à faire le travail. En attendant, pour joindre les deux bouts et éviter que leurs affaires ne se détériorent davantage, le couple doit quitter sa maison.

Le propriétaire attend d’abord que les loyers lui soient versés pour intervenir : « Je vais prendre un avocat, il devra me rembourser l’argent et s’il n’est pas satisfait il peut partir ! J’aurais dû faire une déclaration beaucoup plus tôt, pour leur bien, pour leur dire que ce n’est pas normal d’être aussi sales et leur demander de partir. Ça m’apprendra à être trop gentille. »