Près de 6 millions d’arbres sont jetés chaque année. Les professionnels se sont donc lancés dans le métier de la location. Plus gênant, la pratique s’avère vertueuse.

Sinistres, ils gisent sur nos trottoirs ou au fond des containers… L’image des sapins rabougris, abandonnés aux gelées hivernales, marque chaque année la fin des vacances de Noël. Chaque année, 5,8 millions de conifères sont jetés par les Français, selon Kantar. Un geste qui va à l’encontre de la consommation responsable à laquelle notre époque nous invite et qui est de plus en plus appréhendée par les professionnels du secteur.

« Alors qu’on fait la promotion de la seconde main et de la seconde main dans tous les domaines (textile, ameublement, technique, etc.), pourquoi ne pas le faire avec les sapins de Noël ? », demande Nicolas Talliu, fondateur de La Société Productive des Plantes (SPV), une pépinière de 350 mètres carrés – qu’il compte doubler prochainement – ​​située en plein cœur de Lyon.

LIRE AUSSI Stopper la frénésie consumériste de Noël, quelle bonne idée !

Poussé par l’envie de « lutter » contre le « gaspillage » répété de ces conifères, le jeune homme de 30 ans, paysagiste à l’origine, a opté l’an dernier pour la location de sapins en pots (livrés à vélo, insiste-t-il). Vos clients : commerces, entreprises, écoles, mais aussi particuliers.

Une tendance aux Etats-Unis, qui attire de plus en plus de familles. « Beaucoup d’entre eux sont sensibles au processus. En plus de son aspect « responsable », il crée une joie nouvelle et particulière, celle de retrouver le même arbre que l’année précédente… » fois plus que l’année précédente.

Des conditions particulières

L’arbre de location (qu’il soit de Normandie ou d’épicéa) a plus de contraintes que de l’acheter : « Il faut l’arroser, l’arroser, le tenir à l’écart des sources de chaleur… Il est vivant ! », rappelle Nicolas Talliu, qui récupère systématiquement le conifère au bout de deux semaines. , pour pouvoir le replanter dans le sol. « Plusieurs familles essaient de négocier pour le garder plus longtemps, mais c’est une des conditions de leur survie. »

À Lire  Google Lens : la recherche textuelle bientôt détrônée par les images ? (Partie 1) - Actualités SEO et moteurs de recherche

Des paramètres qui ne surchargent pas toutes les entreprises : une petite poignée d’entre elles (parmi les plus référencées sur Internet) n’imposent pas de conditions de maintenance à leurs clients. « Je n’ose pas imaginer l’état dans lequel ils ont trouvé l’arbre. Il risque de finir à la poubelle quand il reviendra. »

LIRE AUSSINoël 2022 : Découvrez les produits à éviter sur la table du réveillon

« On peut parler de coup d’État… », déplore-t-il, alors que louer des arbres coûte plus cher que de les vendre. Un coût justifié par la logistique que les arbres en pot imposent aux producteurs. « Il faut récolter, transporter, installer, replanter. Ça n’a rien à voir avec un arbre à vendre, qu’on abat en quelques minutes, qu’on compacte dans un filet et qu’on met dans un véhicule », explique Pierre-Louis Clémenceau, cogérant d’un autre acteur du secteur, le société de scénographie événementielle Global -Vegetable.

Le jeune homme, qui s’approvisionne en pépinière, s’est lancé dans l’aventure il y a cinq ans et compte cette année un tiers des loyers (soit une soixantaine d’arbres) pour les deux tiers des ventes. « C’est la première fois qu’on nous demande autant d’arbres en pot ! » précise le professionnel, dont l’arbre de taille moyenne loué pour un mois coûte environ 300 euros.

Une pratique de niche

Mais combien de vies un sapin de Noël peut-il avoir ? Outre les accidents de la route (transport, mauvais entretien, etc.), qui peuvent être mortels, c’est « sa taille qui détermine son utilisation ». « Comme l’arbre grandit à chaque replantation, il arrive inévitablement un moment où il devient trop imposant pour s’inviter dans le salon du client », explique Clémenceau. Alors, « il est temps de le remettre définitivement sur le terrain ».

Un cercle vertueux… Mais « tout cela est encore récent ». Il y a encore peu de fournisseurs et beaucoup de Français ne connaissent même pas le concept », nuance le professionnel. Qui garantit : « Cette pratique de niche peut devenir une tendance durable. 🇧🇷

Je souscris

Contenu de points illimité