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Le 24 juillet 2021, un passager d’une voiture a perdu la vie dans un accident à Saint-Michel-Loubéjou. Le conducteur était ivre, sous l’emprise de stupéfiants et conduisait sans permis. Il a été jugé ce jeudi 27 octobre au tribunal correctionnel de Cahors, pour l’homicide involontaire du passager de sa voiture.

« Il était écrit que ça allait se terminer comme ça », assure le procureur de la République. Ce jeudi 27 octobre, Nicolas* a comparu devant le tribunal de Cahors. Dans la soirée du 24 juillet 2021, Nicolas, alors âgé de 25 ans, conduisait sa voiture, dans la commune de Saint-Michel-Loubéjou, au lieu-dit La Roquette. Le véhicule de marque BMW a été acheté quelques jours auparavant. Nicolas est sous l’emprise de stupéfiants, avec un joint fumé l’après-midi. Il est également sous l’emprise de l’alcool : 1,97 gramme d’alcool par litre de sang. Autre circonstance grave, il roule avec son permis de conduire révoqué fin 2019. En fait, il n’a pas non plus d’assurance. Quant à la plaque d’immatriculation du véhicule, elle est composée : le R se transforme en B, et le 9 se transforme en 8.

Le passager meurt sur le coup

Sur le siège passager, un de ses amis, Hugo*, 32 ans. Avant de prendre la route, Nicolas est allé au restaurant puis au bar avec son cousin. Il boit du rosé, de la bière et trois ou quatre verres de whisky et de coca. Hugo le rejoint alors et monte avec lui, pour continuer la soirée avec la copine du cousin Nicolas.

Mais sur la RD19, Nicolas perd le contrôle de son véhicule, quittant la route. Les photos jointes au dossier montrent une sortie de route violente, avec de très longs freinages visibles sur la chaussée. La voiture est tombée dans un champ en contrebas, faisant une chute d’une trentaine de mètres. Sur son chemin, il abat une clôture agricole, heurte et casse un arbre. Après plusieurs roulades, la machine se retrouve sur le toit. Sous la violence de l’impact, la voiture est complètement détruite. Nicolas est éjecté du véhicule, grièvement blessé. Hugo meurt aussitôt.

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Coupable de l’ensemble des faits reprochés

Aujourd’hui, Nicolas a encore les séquelles de l’accident, qu’il gardera toute sa vie. Le côté gauche de son corps a été particulièrement touché. Le jeune homme est également atteint psychologiquement, avec un syndrome anxio-dépressif et des pensées morbides. « Je ne l’ai pas connu longtemps. Mais j’ai bien aimé, quand on se voyait, on parlait beaucoup », raconte-t-il à propos d’Hugo. « Je suis désolé pour cet accident », a-t-il déclaré au tribunal. « Je ne comprenais pas du tout les risques que je prenais », a déclaré le prévenu. Ce n’est pourtant pas sa première tentative : il a neuf mentions à son casier judiciaire. Sa première comparution devant le juge remonte à 2013, alors qu’il était encore mineur, pour vol. Il a ensuite été condamné pour usage illégal de stupéfiants, conduite sans permis et sans assurance. « Suspension, probation, emprisonnement, qu’est-ce qui s’est passé ? » Quand vas-tu comprendre les choses ? « demande le président du tribunal. Nicolas dit connaître la gravité des faits, et dit réfléchir « tous les jours » à l’accident.

« Il était volontaire, courageux, travailleur, plein de vie », énumère au sujet de la victime Me Benazdia, l’avocat de la famille. « Il y a eu un mort ce jour-là, mais il aurait pu y en avoir beaucoup plus. Quand il met Hugo dans son véhicule, il l’amène à la mort », lâche-t-il, qualifiant Nicolas « d’ange de la mort ». « Il a assumé sa responsabilité dès le début », se défend Me Broussaud, l’avocat du prévenu. » L’état de santé de Nicolas ne peut être ignoré. Il ne doit pas dicter votre décision, mais il est là. La douleur que vous déciderez s’ajoutera à la douleur qu’il portera pour le reste de sa vie. Chaque mouvement lui rappelle qu’il ne doit pas pour qu’il prenne la voiture ce soir-là », argumente-t-elle.