L’Alpe Grand Serre a fermé son domaine skiable vendredi 30 décembre pour ouvrir le bike park @ Matheysine Tourisme

Les températures bien au-dessus des moyennes menacent les stations de sports d’hiver de moyenne altitude en Auvergne-Rhône-Alpes.

Les sites de sports d’hiver souffrent beaucoup du réchauffement climatique. La douceur de l’hiver pendant les vacances de Noël a provoqué la fermeture de la moitié des pistes françaises, selon Domaines skiables de France (DSF). « On a commencé les vacances de Noël avec une bonne situation après une vague de froid et de neige, mais depuis la fin de la semaine dernière, la douceur du temps et les pluies ont provoqué la fermeture de la moitié des pistes », a expliqué à l’AFP Laurent Reynaud, général. délégué du FSN.

173 stations en Auvergne-Rhône-Alpes

La région Auvergne-Rhône-Alpes est la première région mondiale pour les sports d’hiver, avec 173 stations à la montagne. Les stations de basse altitude, qui concernent toutes celles en dessous de moins de 1500 mètres, soit. la majorité des stations du Jura, des Vosges et de la Montagne Centrale, sont aussi menacées que les stations de moyenne altitude (entre 1500m et 2500 mètres), à savoir, les Alpes du Sud, Serre-Chevallier (2491m), Isola 2000 (1800), les Pyrénées , et dans les Alpes du Nord, Saint-Jean-de-Maurienne (540m), Méribel (1400m), Morzine-Avoriaz (1800m), Les Houches (1008m), Samoens (1600m), etc.

Même si les Alpes du Nord, notamment la Savoie et la Haute-Savoie, sont les moins pénalisées, il n’en demeure pas moins que certaines stations de moyenne altitude subissent les conséquences du réchauffement climatique. Parmi ces stations Aurhalpines, certains domaines de basse et moyenne altitude ont fermé partiellement ou totalement leurs remontées mécaniques, faute d’enneigement. Par exemple, en Isère, les secteurs du Col du Barioz (1042m), de Villard-de-Lans (1143m) et de l’Alpe du Grand Serre (1368m) ont tiré le rideau en attendant de nouvelles fortes chutes de neige.

Les conséquences du réchauffement climatique

Le réchauffement climatique tend à s’accentuer en altitude. C’est deux fois plus important que le réchauffement climatique » nous expliquait en 2020 Samuel Morin, chercheur au Centre national de recherches météorologiques, à Saint-Martin-d’Hères (Isère). L’observatoire météorologique de la neige du col de Porte (1 325 m , massif de la Chartreuse) a permis de constater que l’épaisseur moyenne de neige en hiver pour la période 1990-2017 était en moyenne inférieure de 39 centimètres à celle de la période 1960-1990, soit une réduction de 40% et la température de l’air en hiver augmentée de près d’un degré au cours de la même période.

À Lire  Pas le grand luxe | Le Journal de Montréal

Lire aussi : Disparition de la neige dans les stations de ski : pas de solution envisageable

« Plus généralement, selon nos projections climatiques, les précipitations hivernales sont de plus en plus souvent sous forme de pluie que de neige, ce qui explique la chute de l’enneigement, notamment en moyenne montagne (entre 1 000 m et 1 800 m), particulièrement sensible aux fluctuations de la limite pluie-neige Cette limite pluie-neige est l’altitude à laquelle le changement climatique a le maximum d’impact sur l’enneigement.

L’Alpe Grand Serre, station d’été en hiver

Même si le matériel principal manque, certaines installations de sports d’hiver n’ont pas plié. C’est le cas à l’Alpe Grand Serre (1370m), en Isère. Faute de neige et de sous-couche, la commune de communes de la Matheysine, gestionnaire de l’opération, a été contrainte de fermer au public les 55 kilomètres de pistes du domaine skiable, à compter du vendredi 30 décembre. Pour pallier le manque de neige, La Matheysine a prévu d’ouvrir le bike park le week-end du 7 et 8 janvier. « Nous sommes aujourd’hui contraints de nous adapter en proposant une offre au public qui permette de maintenir l’activité économique de nos commerçants et de nos restaurateurs », souligne Caroline Saurat, présidente de la communauté de communes de la Matheysine.

Conscients que l’avenir de la station doit être repensé autrement compte tenu du climat, Caroline Saurat et son équipe réfléchissent à trouver une alternative. « Même si cet épisode n’est pas exceptionnel, nous travaillons sur un projet lié à l’aménagement du domaine skiable été comme hiver. Avec le point culminant à 2200m, nous aimerions avoir un télémix (quatre télécabines et une cabine) pour atteindre le sommet », a ajouté le président Ce projet pourrait profiter aussi bien aux piétons qu’aux randonneurs, vététistes ou autres, et permettre la poursuite de l’activité économique.

La station continue d’accueillir le public pour toutes les activités de montagne, comme la Via Ferrata, les courses d’orientation, les balades, etc.