En revanche, voir une mairie s’engager dans la démarche est un peu plus inédit. Dans ce cas, c’est la commune de Saint-Maximin, par l’intermédiaire de son élu à l’environnement et à l’agriculture Christophe Audibert, qui prend l’initiative. Et déjà les premiers sapins de Noël sont arrivés à la ferme des Conillères.

Intrigués au départ, les animaux de Loïc Laval ont vite oublié leurs inhibitions pour se jeter sur les branches des sapins, pour un goûter imposé par l’enclos mis en place par l’éleveur. « Si on leur donne le choix, les chèvres préféreront plus naturellement les glands, en particulier les chênes verts, ou les graminées d’hiver comme le chiendent. Mais le sapin, elles en mangent aussi sans problème. »

« Branches, épines, écorce: tout y passe!

Cependant, Loïc sait qu’il doit faire attention. « Lorsque la municipalité m’a approché pour me proposer de récupérer les arbres pour mes chèvres, j’ai demandé des informations. Et la règle principale est : cette nourriture ne doit pas être donnée exclusivement ».

Bien : « Mes animaux broutent tous les jours. Alors quand je les mets au contact des arbres l’après-midi, ils ont déjà mangé autre chose. »

D’autres précautions, souvent de bon sens, doivent être observées : « Les arbres ne doivent pas être souillés par des produits chimiques, comme la neige carbonique par exemple. Et bien sûr toutes les décorations doivent être enlevées».

Mais après cela, tout va bien dans l’arbre. « La capacité d’un ruminant à manger ce qu’il veut est forte ! Des branches, des épines et même de l’écorce – tout est permis. »

Et le goût de la résine dans le fromage?

Pour ce producteur de fromage fabriqué avec le lait de ses 85 chèvres, une autre question se pose : quelles sont les conséquences sur la qualité de la production laitière des animaux ?

La saveur résineuse du conifère se retrouvera-t-elle dans les fientes ou les tomes ? Des doutes vite dissipés : « La période de production n’est pas encore arrivée, donc l’alimentation d’aujourd’hui n’aura aucun effet sur les fromages que nous fabriquerons dans quelques mois ».

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Une fois les craintes oubliées, le pasteur évoque les effets positifs : « Des études récentes parlent de bienfaits potentiels, notamment pour ses bienfaits antiparasitaires. »

En plus de l’apport vitaminique tant vanté, le sapin serait-il capable d’évacuer les vers intestinaux ? « On ne peut pas remplacer un traitement chimique par ce type d’aliment, détrempe Loïc Vidal. Mais puisqu’il faut désormais éviter un traitement annuel à base de médicaments, la prétendue qualité vermifuge des sapins peut être un bon moyen de faire de la prévention ».

A proximité pourtant, c’est sans hésiter que les chèvres affluent vers les sapins de Noël. Et si les animaux avaient des hochets, tu parierais qu’on les entendrait tinter…

A l’initiative de la mairie

Pour les 85 chèvres de Loïc, ce partenariat avec la mairie de Saint-Maximin est un gros plus. Sentiment partagé par Christophe Audibert, conseiller municipal chargé de l’agriculture et de l’environnement : « On avait vu ce type d’initiative, dans certains territoires, et on s’est dit que ça pouvait être décliné ici. Ensuite, quand on a cherché un éleveur de chèvres, c’était simple : il n’y en a pas 36 à Saint-Maximim ! »

Présent sur le marché pour ses fromages et yaourts les mercredis de mars à décembre, le berger accueillera donc plusieurs fois le camion des services techniques en janvier pour récolter les arbres Maximinois. « Nous avons voulu faire un geste pour l’environnement, précise Christophe Audibert. Nous avons remarqué que les sapins étaient laissés dans les jardins ou abandonnés près des poubelles. Et le traitement en déchetterie génère des coûts, notamment le transport. un recyclage respectueux de l’environnement pour ces arbres ».

Pour donner votre sapin aux chèvres de Loïc, vous devez apporter le sapin aux points d’apport suivants : place Malherbe, de la Victoire, Jean-Mermoz, Barboulin.