Le meilleur d'ailleurs sur grand écran

Le retour « mondial » du Festival des films du monde fin août-début septembre en a surpris plus d’un. En attendant, la FFM a entamé une rentrée pleine de découvertes. L’événement récent nous a rappelé à quel point le paysage cinéphilique a changé.

Après deux ans de pandémie, ne devrait-on pas parler de transformation radicale ? Les craintes sanitaires persistent, mais si beaucoup n’ont pas hésité à affronter les aéroports bondés pour aller ailleurs, de nombreux spectateurs sont aussi prêts à se presser dans les cinémas pour faire de même, sinon. Et il n’y a pas besoin de l’application ArriveCan à la sortie des cinémas.

Direction Asie

Direction Asie

Beaucoup ont découvert le dynamisme culturel de la Corée du Sud en regardant Gangnam Style ou en regardant la série Squid Game dans l’horreur. Comme Bong Joon-ho (Parasite), Park Chan-wook (Old Boy, Stoker) représente son pays de manière brillante sur le cinéma de la planète grâce à une succession de films coriaces. Dans Décision de partir (21 octobre), il tisse une histoire d’amour complexe avec un roman policier tordu, le tout dans un style visuel qui lui est propre.

Après sa parenthèse française (La Vérité), le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda (A Family Affair) explore à nouveau la complexité des liens du sang et la profondeur de la base humaine.

Dans Les Bonnes Etoiles (7 octobre), la vente d’un enfant par deux criminels à un couple ayant les moyens de cette transaction douteuse devient le prétexte d’une nouvelle radiographie implacable d’une société en perte de repère moral.

Vive la France !

Vive la France !

Autrefois puissance dominante sur nos écrans une fois l’été passé, le cinéma français occupe toujours sa place, même si la production annuelle a un peu baissé – et aussi la plupart des budgets, ce dont les cinéastes français se plaignent amèrement.

Claire Denis, ne semble pas souffrir. Prolifique, inspiré et toujours étonnant (Un beau soleil intérieur, High Life et peu de temps avec amour et implacable), il s’aventure cette fois au Nicaragua en compagnie de l’actrice Margaret Qualley (My Salinger Year) pour proposer un deal vraiment dangereux. à midi (14 octobre).

Danger aussi avec Michel Hazanavicius, le réalisateur de L’Artista, qui retrouve un état d’esprit qu’il avait un peu perdu ces dernières années. Bien qu’il s’adonne aussi à la mode des zombies, son peuple va surtout nous faire rire dans Cut ! (7 octobre), une comédie qui illustre les dessous d’un tournage où le sang coulera et les esprits s’échaufferont.

Que serait le cinéma français sans l’omniprésence de Gérard Depardieu ? La voici dans une posture pleine d’autodérision dans Robust (23 septembre), de Constance Meyer, qui lui offre le rôle d’une star de cinéma grincheuse, capricieuse et discrète. On pense qu’il ne s’est pas trop éloigné des motivations psychologiques de son personnage…

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Les craintes sanitaires persistent, mais si beaucoup n’ont pas hésité à affronter les aéroports bondés pour aller ailleurs, de nombreux spectateurs sont aussi prêts à se presser dans les cinémas pour faire de même, sinon.

Olivier Dahan a presque frappé l’imagination depuis La Môme, mais avec Simone, le voyage du siècle (23 décembre), il ne pouvait pas mieux tomber pour raconter l’histoire de ce brave homme politique, figure d’exception, brisé par la Seconde. Guerre mondiale mais confiant devant la construction de l’Europe. Elsa Zylberstein a la lourde tâche d’incarner Simone Veil, cette icône du nom d’une loi de 1975 sur la dépénalisation de l’avortement.

Pour les enfants qui rêvent déjà de Noël, de beaux cadeaux sont annoncés. On verra le retour du Petit Nicolas dans Le Petit Nicolas. Qu’attendons-nous pour être heureux ? (23 décembre), par Amandine Fredon et Benjamin Massoubre, précédés d’Ernest et Célestine. Le voyage en Charabie (16 décembre), de Julien Chheng et Jean-Christophe Roger.

Filmer à l’anglaise

Filmer à l’anglaise

Le chanteur Harry Styles, avant le groupe One Direction, aime cultiver une ambiguïté sexuelle, et cela devrait bien servir dans My Policeman (21 octobre), de Michael Grandage.

A une époque et dans une société britannique où il valait mieux se marier que d’afficher son homosexualité, les mensonges finissent par avoir un prix, et parfois ils paient pendant de longues décennies.

Tom (le seul et unique Timothy Spall), est au bout de son voyage, et décide de faire un dernier voyage après la mort de sa femme.

Grande particularité : il n’utilise que le bus, voyageant très légèrement, faisant même la grimace de veuf désespéré, dans Le dernier bus (2 décembre), de Gillies MacKinnon.

Ailleurs en Europe

Ailleurs en Europe

Quel est le point commun entre un musée d’art contemporain et une croisière de luxe ? Tous deux sont allés au cinéaste suédois Ruben Östlund, qui a remporté à chaque fois la Palme d’or, d’abord pour The Square et cette année pour Triangle of sadness (14 octobre).

Cet autre portrait au vitriol cette fois des membres du 1% et aussi de la course aux influences. Plaisirs féroces garantis. Le surpoids et la cour d’école vont rarement de pair. L’Espagnole Carlota Pereda avait déjà découvert le sujet dans un court métrage. Revisitée dans Piggy (14 octobre), la trajectoire parfois sanglante d’un adolescent à la croisée des chemins, notamment face à ses agresseurs.

Photo: AZ Films