Le grand rabbin de France, Haim Korsia, ne se rendra pas en Algérie à cause du Covid-19

La maladie Covid-19 en Francedossier

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, fils de juifs né en Algérie, testé positif au Covid-19, a dû renoncer à la dernière minute pour rejoindre Emmanuel Macron dans sa visite en Algérie.

Ce sera le signe de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie, mais cela ne se fera pas. Le Premier ministre français, Haïm Korsia, doit renoncer à rencontrer le président de la République en raison d’un test positif au Covid-19. « Je n’ai aucune idée. Il faut faire un test PCR pour voler mais pour moi, il n’y a eu aucun problème. Quand j’ai eu le résultat, j’ai été surpris », a déclaré le grand rabbin de France depuis 2014. C’était la première fois qu’un grand rabbin se rendait en Algérie. C’était un voyage qui lui tenait beaucoup à cœur et il s’y est rendu dans un esprit de « réconciliation », a-t-il avoué à Libération avant de recevoir le résultat de son examen.

« C’est mon premier voyage en Algérie, je n’en avais jamais eu l’occasion auparavant. Mon père vient d’Oran et ma mère de Tlemcen, je suis né en France. Mes grands-parents m’ont beaucoup parlé de l’Algérie quand j’étais jeune. Ce voyage a été un vrai retour aux sources. J’ai le sentiment qu’entre les livres et les témoignages de ma famille, je connais déjà la lumière, l’odeur, la couleur de l’Algérie », nous confiait-il à l’époque.

Une présence critiquée

Une présence critiquée

La présence de Haïm Korsia dans la délégation française a provoqué un flot de critiques. Le quotidien arabe algérien El Khabar pense à « la présence du grand rabbin de France dans la délégation du président français. Que fait Haïm Korsia avec le président d’un pays dont la laïcité est devenue importante ? de lui-même à un pays qui rejette et condamne tout ce que peut représenter pour Israël ? Pour Le Soir d’Algérie, « la présence du grand rabbin de France semble être un élément étranger, très dérangeant dans une délégation où chaque nom a été choisi pour représenter un groupe de dossier que les deux pays doivent faire avancer ».

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Sur les réseaux sociaux, Haïm Korsia est même devenu la cible de calomnies à cause de son voyage prévu dans un pays qui soutient fortement la cause palestinienne. Mais il a nié avoir été contraint de ne pas se rendre en Algérie. « Non seulement il n’y a pas eu de pression, mais le président m’a invité, il a gardé l’invitation. L’Algérie m’a donné mon visa, l’Algérie voulait que je sois là-bas, donc il n’y a pas de problème », a-t-il déclaré à Radio J.

Mémoire des morts

Mémoire des morts

Son but, dans cette visite, est de prendre la parole au cimetière Saint-Eugène d’Alger où reposent de nombreux Français nés en Algérie. « Au Consistoire, notre mission est de continuer et de prendre soin des cimetières dans le respect des lois religieuses. Son patron connaît bien l’Algérie, il est allé là-bas pour faire une explication de toutes les tombes. Le gouvernement français nous aidera davantage dans ce travail parce que le gouvernement algérien y sera ouvert. La mémoire des morts, nous la partageons tous. Nous irons, lors de ce voyage, au cimetière de Saint-Eugène, sur les hauteurs d’Alger. Je me dis, nous sommes en un temps de mémoire, de mémoire, de satisfaction. Au Maroc et en Tunisie c’est possible, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas en Algérie », expliquait-il à Libération alors qu’il pensait pouvoir y aller.

C’est la deuxième fois qu’Emmanuel Macron se rend en Algérie en tant que président, après une première visite en décembre 2017, au tout début de son premier quinquennat. Les relations entre la France et l’Algérie, encore marquées par 132 ans d’occupation française, s’annoncent sous les meilleurs auspices et l’élection du premier citoyen de la Ve République né après 1962. Mais il bute très vite sur une série de malentendus dans cette douloureuse familière l’histoire. S’il a multiplié les réjouissances inédites, Emmanuel Macron n’a pas donné les excuses attendues par Alger.