Et si le salut du Bonsaï venait d’Europe et même de France ? L’idée plane sur le ficus du Bouddha. L’arbre sacré au pied duquel le chef spirituel est devenu Bouddha l’Eveillé.

L’arbre est là, dans ce jardin extraordinaire, caché au cœur d’une clairière inattendue du boulevard Gambetta, où l’on évoque l’avenir de l’arbre nain. Cet arbre, qui se traduit par « l’évocation de la puissance de la nature en miniature », souffle Jonathan Pons.

Tout savoir sur le bonsai center

Ce passionné est responsable du centre du bonsaï, temple des plantes en pot après avoir été prélevées dans la nature. Seul lieu du genre dans la région à co-organiser, du samedi 8 au lundi 10 octobre – avec l’Association pour la Promotion de l’Exportation d’Akaishi Goyomatsu d’Ehime – une exposition spéciale au Musée Départemental des Arts Asiatiques.

Histoire de découvrir les plus beaux spécimens que les connaisseurs s’arrachent.

Mais qu’est-ce que ce centre de bonsaï perdu au bout d’une allée pavée ? Une crèche. « On y expose des arbres, on les vend, on en prend soin, on les entoure de plein de conseils, on explique aux gens comment les soigner. »

Jonathan, assisté de Jean-Marc Gubbiotti, technicien-artiste, a fait dévoiler l’arbre nain dans cette boutique, créée en 1988 par son ancien patron, Michel Franco. Il raconte les trois raisons de cet engouement pour ces arbres. « J’ai toujours aimé planter des arbres, j’ai grandi avec un ami lao qui se laissait bercer par les statues de Bouddha, l’encens… Et puis j’ai rencontré Michel Franco, qui m’a fait confiance. Il m’a fait confiance. Employé en 2000, et j’ai repris le magasin en 2014. »

Depuis, au milieu des troncs et des branches, parfois séculaires et aux torsions étranges, sous cette aura de verdure spirituelle autant qu’apaisante, se déroule un carrousel quotidien.

Les anciens viennent s’y promener et profiter des changements de saisons, lorsque les fleurs poussent au printemps, les feuilles virent au brun rougeâtre en automne, l’écorce prend le relais en hiver. Les amateurs de ce vert aux accents asiatiques soignent les arbres parfois malades, les font garder pendant les vacances, apprennent à tailler et à tordre les branches pour leur donner forme, tandis que les enfants préfèrent observer le petit bassin aux poissons rouges. « Nous parlons tous, nous partageons des moments de gratitude, nous changeons le monde. » Le monde du bonsaï. Chinois d’abord, puis agrandi par les Japonais.

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« C’est une contemplation de la nature. Plus une adaptation de cette nature qu’un travail de l’homme. L’arbre est extrait de son cadre et il reste naturellement petit et épais. »

Conseils gratuits

Ici, le service après-vente est énorme.

Conseils? Disponible. « Je l’ai appris avec des maîtres japonais renommés qui ne m’ont pas fait payer mais m’ont demandé de faire la même chose lors de mon voyage, explique Jonathan. Quant à la garde des enfants, c’est seulement 40 centimes par jour pour l’eau d’irrigation.

Nous écoutons le silence. On boit vert. Nous rêvons. Et pourtant… Au Japon, on se désintéresse de plus en plus du bonsaï. Jonathan le déplore. Mais en Europe, en France et à Nice, on aime toujours ces arbres sauvages apprivoisés par des pots savamment choisis.

Pour éviter que la culture ancestrale ne meure : gros plan sur l’exposition

Il y aura une dizaine de bonsaïs au Musée Départemental des Arts Asiatiques. Tous les pins Akaishi Goyomatsu. Le plus beau de l’île de Shikoku, orné d’un feuillage persistant composé de cinq aiguilles vert très clair. C’est une première. Nous le devons à un concours de circonstances. Ou peut-être un alignement des astres…

Le centre de bonsaï est au courant de l’événement. Ainsi qu’un couple de retraités, récemment installés à Nice. Lui, Max-Michel Grand, a travaillé dans la haute couture. Elle, Akiko Grand, japonaise, a une amie. Cet ami connaît Junichi Moritaka, né et élevé au milieu des plantations de bonsaï à Shikoku. Il a 63 ans et il est ingénieur spécialisé dans le béton.

En 2006, après le décès de son grand-père, grand cultivateur de bonsaï, il décide de lui succéder et de perpétuer la tradition ancestrale et familiale. D’autant plus que le mode de vie des Japonais en quelques décennies a changé, les producteurs ont vieilli et la forte concurrence des autres pays asiatiques voisins du Japon, cultive des bonsaïs low-cost mais bon marché. Pour éviter la disparition de spécimens de haut niveau avec une longue histoire, Junichi Moritaka a commencé à promouvoir le bonsaï à l’exportation, notamment en Europe, à travers son association, co-organisatrice de l’exposition.

Le bonsaï star du week-end est chez Jonathan depuis janvier.

Pour des raisons de santé, nous avons dû planifier à l’avance. Très prisés, très chers (estimés entre 2 900 et 8 900 euros), ils s’apprêtent à participer à une autre exposition en cours au musée de l’Arénas : l’exposition du peintre-dessinateur-graveur du XVIIIe siècle Hokusai, célèbre pour La grande vague de Kanagawa.

Une autre bonne raison de se laisser emporter par la magie japonaise.