En septembre 2021, Etam lançait sa première collection de culottes menstruelles. Avec plus de 230 000 culottes vendues l’an dernier, ce sujet est devenu crucial. C’est pourquoi la marque de sous-vêtements la plus célèbre de France a décidé de compléter sa gamme avec plusieurs nouveaux modèles… et une nouvelle ambassadrice ! Créatrice du compte @Jemenbatsleclito et impliquée dans l’éducation à la sexualité, notamment auprès des jeunes générations, Camille Aumont Carnel rejoint l’équipe d’Etam en tant que porte-parole des militants. Véritable leader d’opinion qui a tout dans son pantalon, cette personnalité a à cœur de déconstruire les idées reçues et les tabous autour des règles. Réunion!

L’interview de Camille Aumont Carnel, ambassadrice de la campagne Etam

Les règles en 2023, c’est encore tabou ?

Le sujet des menstruations en 2023 est apparemment encore tabou, sinon personne ne se poserait la question ! Ce phénomène physiologique est encore considéré comme sale, quelque chose qui vous met mal à l’aise… Il suffit d’en parler au milieu du dîner et vous verrez les réactions. Comme elle est ostensiblement du domaine « intime », elle ne trouve pas sa place dans les débats publics. De plus, comme elle est associée au sang, et donc à la douleur et à la violence, il est forcément difficile pour l’homme de la provoquer. Pour tous ceux qui sont des hommes, c’est presque un phénomène magique… Mais comment saignent-ils tous les mois ? En fait… nous sommes des déesses ! Alors oui, c’est malheureusement encore tabou alors que les règles d’une femme durent entre 3 et 8 jours, et que les symptômes menstruels représentent près d’un tiers du mois. Il faudrait donc en parler beaucoup plus !

Poser pour une campagne de culottes menstruelles est-il naturel ou un challenge ?

C’est aussi naturel que les menstruations, mon corps l’est et mon tonus est libre ! Pour moi, il n’y a pas de challenge dans l’acte de poser. Ce qui est difficile, c’est de s’assurer que le message qui accompagne le produit passe bien. Qu’il s’agisse des chocs toxiques, des tabous autour des protections hygiéniques, des cycles… petit à petit et grâce à ce genre de campagne, il faut se sentir plus libre sur ce sujet. La séance photo elle-même n’était qu’une promenade. Il est important pour moi de montrer qu’il ne faut pas s’excuser d’exister, que tous les corps sont dans la nature et qu’il faut apprécier le vôtre tel qu’il est.

Pensez-vous que cette protection a changé la vie des femmes ?

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Beaucoup ont pris conscience de leur flux et du sang qu’elles perdent à travers leurs culottes menstruelles. Un aspect qu’on a beaucoup moins avec une marque par exemple. Bien sûr, il y a aussi toute la question du choc toxique, qui ne fait pas débat quand on opte pour une culotte menstruelle. Et enfin, il y a la charge menstruelle qui est réduite. On passe moins de temps à acheter des tampons, à se lever la nuit, à réfléchir à notre stratégie pour la journée… Après la liberté, pour moi, la première chose est de savoir que cette option existe et qu’elle conviendra à des femmes plus épanouies, mais que d’autres pas s’y habituer. Le choix est possible ! Et en plus, il est possible de mettre un tampon le matin avec une culotte menstruelle, de l’enlever à midi et de finir la journée comme ça.

Quelles sont les qualités de la collection Etam de culottes menstruelles ?

Sa pluralité ! Des tongs aux bas taille haute en passant par les shorts, il y en a pour tous les goûts… et tous les besoins ! Cette collection vise à dissiper le mythe de la culotte vide et fatiguée que vous avez conservée toutes ces années. Ce n’est pas parce que tu as tes règles que tu dois porter une culotte moins belle, et la preuve avec cette collection ! Ils sont beaux, mais en même temps discrets, ce qui est idéal.

Selon vous, quelle est la prochaine étape sur laquelle travailler pour améliorer la vie des femmes pendant les menstruations ?

Construisez des temples à côté de chaque mairie dans chaque ville pour améliorer nos vies menstruelles. Ce sont les espaces où nous allons quand nous avons nos règles pour en savoir plus sur nos cycles, parler d’endométriose et mieux la détecter, et pourquoi pas se masser les pieds… Des infrastructures dans l’espace public qui pourraient réduire les tabous autour des menstruations et qui aiderait à reconnaître que la vie change pendant la période des menstruations. Les dernières études médicales ont montré que certains pics de douleur ressentis lors des menstruations pouvaient être comparés à ceux d’un infarctus. Je ne pense pas que votre patron vous dise lors d’une crise cardiaque « prenez le Spasphone et retournez-y ». Il est important qu’il y ait plus de personnes qui prennent la parole pour qu’un jour nous puissions réorganiser notre façon de vivre et de travailler pendant ces périodes mensuelles.