François Ruffin, député de Picardie, se déclare désormais « social-démocrate ». Alors « avec Mélenchon, la fracture est consommée, et la relation est quasi inexistante » (Marianne, 24 novembre 2022). « Je prends les deux mots au sérieux. Ce qu’on fait, c’est du réformisme. Jaurès a dit du réformisme révolutionnaire. Ce n’est pas un oxymore », a-t-il déclaré (L’Express, 24 novembre 2022). ». Pour ce faire, il a dévoilé une grande idée : « Déjà, la gauche n’est pas morte en France, et ça, on le doit beaucoup à Jean-Luc Mélenchon. Il a rallié la jeunesse verte du centre-ville, c’est un motif d’espoir. Grâce à lui, la gauche a retrouvé la citoyenneté dans la ville, donc ça va mieux. Avec, c’est évident, un gros trou dans le paysage : les sous-préfectures françaises, les « gilets jaunes », les bassins industriels, les ouvriers à 1.500 euros, les plus de 60 ans… C’est un obstacle à surmonter, pour le premier tour : agrandir . base populaire » (L’Obs, 10 novembre 2022). vaste programme.

Ruffin oublie le point central : la classe ouvrière ne bénéficie pas, au moins, de l’immigration.

Pourtant, les immigrés constituent une base électorale importante de LFI ; l’exemple le plus frappant est celui de la Seine-Saint-Denis où Insoumis a remporté huit sièges sur douze aux élections législatives de juin (Alexis Corbière, Eric Coquerel, Raquel Garrido, Bastien Lachaud, Clémentine Autain, Jérôme Legavre, Thomas Portes, Nadège Abomangoli). Donc deux lignées dans LFI : Mélenchon (trotskyste) et Ruffin (picard). Quel a été le choix des six députés bretons insoumis ? Andy Kerbrat (centre de Nantes), Mathilde Hignet (Redon), Ségolène Amiot (Nantes-Saint-Herblain), Frédéric Mathieu (Rennes-Bruz), Matthias Tavel (Saint-Nazaire) et Murielle Lepvraud (Guingamp) ne se prononcent pas sur ce sujet dans la presse régionale ; c’est dommage. Pour les aider dans leur réflexion, on peut prêter attention à cette analyse de Jean-Claude Michéa sur le processus « d’américanisation de la culture de gauche française. Et notamment sur la LFI, passée en quelques années de la lignée du Front populaire incarnée par François Ruffin à l’époque libérale-réveillée (qui symbolise aujourd’hui Aymeric Caron et Mathilde Panot). Le recours de LFI à la rhétorique de la « gauche » par le passé ne doit pas nous induire en erreur. Il vise essentiellement à masquer, en fait, l’efficace Le ralliement de la stratégie de cette formation a été instauré en 2011 par le célèbre disque Terra Nova.

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C’est-à-dire le principe d’alliance privilégiée entre la nouvelle classe moyenne des grands centres métropolitains et les différentes « minorités » sexuelles, ethniques ou autres. (Le Figaro, samedi 26-dimanche 27 novembre 2022)

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2 réponses

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Mélanchon a fait un coup de maître en fédérant la gauche sous la NUPES, comme Mitterrand et le programme général, mais comme lui il a vite compris que lorsque l’événement était passé, c’était plutôt un mariage de poissons rouges et de lapins qui l’emportait. pouvoir politique réel. Si Ruffin vise à gagner la gauche à la prochaine élection présidentielle, il peut se lever le matin et convaincre ses « coreligionnaires » d’abandonner leur politique immigrationniste.

Le prolétariat dit de gauche a disparu depuis que l’usine de production a quitté la France. La NUPES fait élire ses représentants dans les zones sensibles (territoire de la République perdue) et s’appuie sur les votes de toutes les minorités devenues à la mode et le Wokisme ambiant… Le discours de Mélanchon reste dans un cercle restreint et n’existera jamais. peut (heureusement) prendre le pouvoir. F.Ruffin a tenu un discours plus nuancé mais il était trop utopique pour former la majorité du gouvernement.