La France comme vous ne l'avez jamais vue : la Diagonale du Vide de Mathieu Mouillet

De Natacha Marbot | Publié le 05/07/2022 à 18:00 | Mis à jour le 05/07/2022 à 18:00

Photo : La vallée de la Semois, une partie du monde noyée dans la forêt ardennaise © Mathieu Mouillet

Tous les guides tentent de le répéter : « l’aventure commence au pied de chez vous ». Mathieu Mouillet prend cet adage au pied de la lettre et entame un grand voyage à travers les territoires les plus mal aimés de France : la diagonale du vide. Pendant un an et demi, tantôt à pied, tantôt à vélo, il part à la rencontre des Français, qui vivent dans ces lieux reculés, et qui le vivent bien. Qui aurait cru que la France était un pays si exotique ?

Le voyage en diagonale deux visuellement, dépaysant en France est un livre passionnant, plein d’espoir et de poésie qui réchauffe le cœur. Mathieu Mouillet mène plusieurs projets à la fois, et c’est aujourd’hui sur son blog, lesvoyagesdemat.com que vous pouvez le retrouver et suivre ses prochaines aventures à pied, en train et à vélo.

Qu’est-ce que la Diagonale du Vide ?

La Diagonale du Vide est une bande de terre qui va des Ardennes au Pays Basque, traversant la France en diagonale. Sa définition est aussi démographique : la densité de population y est plus faible, par rapport au reste de la France : 110 habitants au km2 en moyenne, contre 55 dans ces territoires, parfois même 4 habitants au kilomètre carré.

Le terme est apparu dans les années 1950, et a quelque peu évolué depuis. Il a notamment acquis une lecture politique lors des Gilets jaunes en 2018, car la plupart des manifestants venaient de la Diagonale du Vide. Ce sont des territoires où de nombreux enjeux politiques sont présents, et apparaissent à chaque campagne électorale : déserts médicaux, accès aux services publics…

Cependant, il existe une grande diversité de situations le long de cette ligne. Au Nord, des villes comme Charleville-Mézières perdent chaque année des habitants, tandis qu’au Sud on parle de Silver Zone grâce aux retraités qui viennent y vivre. La natalité varie beaucoup selon les territoires mais le nom reste important car il reflète toujours une forme exceptionnelle par rapport au reste de la France.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce voyage extraordinaire et à en parler ?

Au départ, je voulais voyager en France en évitant les tartes côtières des routes françaises. Je travaillais alors dans le tourisme et dans tous les guides il est dit que le voyage commence chez soi : je voulais voir si c’était vraiment le cas. Je cherchais alors des itinéraires hors des sentiers battus : j’étais déjà persuadé que l’on pouvait faire des trajets pas très loin, à moindre coût et être complètement émerveillé.

La Diagonale du Vide était parfaite : quand on pense à la Meuse, on pense plus à la Première Guerre mondiale qu’aux bêtises dans les champs. Les rares fois où ces régions sont évoquées, c’est toujours dans un contexte négatif, selon la sévérité de la vie. Parfait! Je vais donc m’attacher à raconter de belles histoires, et montrer aux gens comment ces territoires peuvent être de possibles laboratoires d’innovation sociale et politique.

Ce voyage vous a-t-il fait changer votre vision de la France ?

Non, il m’a plutôt convaincu de mon idée : on a tout à la maison, c’est juste de la curiosité. En revanche, ce qui m’a surpris, c’est la diversité des paysages et des cultures que j’ai traversés. Entre les Ardennes et le Pays Basque il n’y a pas le même accent, les mêmes coutumes, des mots différents, une gastronomie différente ! J’y avais déjà pensé lors de mon voyage en France, mais j’ai été frappé par la force de cette diversité.

Ma décision, lors de ce voyage, a été d’aller simplement rencontrer des gens qui se sentent bien. Je voulais qu’on entende les gens qui ont choisi de rester ou de s’installer sur ces territoires et qui en ont parlé avec des étoiles plein les yeux. Je pouvais aussi voyager pour écouter les « oubliés de la République », mais j’ai fait un choix dès le départ, et je l’ai respecté.

La Diagonale du Vide est-elle un guide ?

Je ne voulais pas écrire un guide disant aux gens où manger et où dormir. Grâce aux années passées à voyager, j’ai réalisé que ce que j’aime dans les voyages, c’est juste se perdre, laisser les choses venir à soi plutôt que de suivre les panneaux de signalisation. Je voulais éveiller chez les gens le désir de lâcher prise. Certaines adresses sont indiquées sur la carte et à travers le texte : je voulais laisser quelques indices aux lecteurs. L’idée principale est de donner envie aux gens d’avoir l’impulsion pour ce type de voyage.

Après en avoir écrit quelques-uns vous-même, comment voyez-vous les guides de voyage aujourd’hui ?

Un guide est un objet apaisant qui permet de se projeter dans le pays quand on est encore chez soi. Il est important de trouver les ressources, de lire les pages culturelles et historiques pour comprendre le pays dans lequel vous allez. Cela dit, des années se sont écoulées depuis que j’ai effectivement utilisé un guide : je me laisse guider par les personnes que je rencontre. Quand on y pense, absolument tout dans un pays ou une région est visible, surtout quand on n’y a jamais mis les pieds. Nous découvrons des choses tous les jours.

Ce que je préfère, de loin, c’est rencontrer des gens. C’est ainsi qu’on appréhende vraiment le lieu, et pas seulement en visitant l’ancien monument du village. Je trouve que ça rend les voyages plus vivants, et c’est ce qui me convient le mieux.

Est-ce le guide (le seul ?) qui vous emmène vraiment hors des sentiers battus ?

J’espère que ce n’est pas le seul, mais oui, il sort vraiment des sentiers battus dans le sens où ces chemins dépendent de la boussole elle-même. Ce que je trouve formidable dans ces réunions, c’est que lorsqu’on parle aux gens, on met leurs lunettes. Je suis ensuite passé de maire à ornithologue à entrepreneur : ils m’ont tous permis de voir leur environnement d’un point de vue que je n’aurais pas eu seul. Cela apporte, à mon avis, une forme de précision.

Une chose incroyable avec cette façon de voyager, c’est que chaque voyage sera unique, et complètement dépendant des rencontres. J’ai déjà voyagé avec d’autres personnes et pendant le même séjour, nous avons tiré des conclusions complètement différentes, ce qui montre que ce sont des sentiments uniques. C’est à chacun de sortir des sentiers battus.

Une rencontre vous a particulièrement marqué ?

Par hasard dans la Nièvre j’ai rencontré Jean Boyc, metteur en scène et poète qui travaillait alors au Conseil général de la Nièvre. Ce département était le seul où je n’avais absolument aucun contact et c’était une bonne occasion de vérifier si le voyage était tout aussi intéressant alors que nous n’avions rien de prévu. Je suis tombé sur une plaque bleue inscrite : « Cabinet général de poésie » sur un immeuble. Je suis entré dans le magasin qui se trouvait dans une épicerie multiservices (bureau de poste, appartement, etc.) et j’ai demandé. Alors le monsieur m’a donné une prescription poétique. C’était une façon humoristique de mettre le doigt sur le fait que la Nièvre est un désert médical. Jean Bojko installa alors des cabinets de poésie générale, là où il n’y avait plus de médecine générale. Je suis allé rencontrer ce personnage. Il a traité tous les thèmes honteux de la diagonale du vide : le vieillissement de la population, l’accès à la culture, etc., et le tout avec beaucoup de poésie, de modestie et d’importance. Il a fait du bien aux locaux, avec sa camionnette aux allures d’épicerie ambulante. Il est malheureusement décédé en 2018 mais ce furent de très belles retrouvailles.

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Également dans des rencontres notables, il y a Kat, avec qui j’ai eu une histoire d’amour pendant six ans, et à qui le livre est dédié.

Quel projet menez-vous aujourd’hui ?

Je travaille beaucoup sur une nouvelle version de mon blog, ce qui explique pourquoi il semble inactif depuis un moment. J’ai passé beaucoup de temps depuis la sortie de mon livre à en faire la publicité, ce qui m’a éloigné de ce que je préférais faire. Cependant, je n’ai pas arrêté de voyager, j’ai fait de nombreux petits voyages, que j’ai photographiés et racontés, et qui attendent tranquillement sur un disque dur de sortir. J’ai écrit un guide éthique et durable du Champagne, et je suis revenu voir certaines des personnes citées dans le guide avec qui j’avais envie de passer du temps.

Parmi les projets passionnants suivants : Je pars le 1er juillet pour commencer à écrire le livre sur le voyage mondial de la musique que j’ai fait à vélo il y a quelques années. Je l’écrirai en partie dans les Vosges et en partie dans le train. Je pars à l’aventure pendant deux mois, simplement avec un billet solidaire (ndlr : ça donne un accès illimité aux trains en Europe). Je ne veux plus prendre l’avion sauf pour des raisons exceptionnelles – et dans ce cas réfléchir à de vrais moyens de compenser son impact CO2, et pourquoi pas écrire à ce sujet.

La « Diagonale du Vide » est une large bande de territoire français qui s’étend de la Meuse aux Terres où les densités de population sont relativement faibles par rapport au reste de la France.

Pourquoi un espace de faible densité Peut-être convoité ?

Pourquoi un espace de faible densité Peut-être convoité ?

– La faible densité est une valeur pour le tourisme, qui recherche de grandes réserves d’espaces peu transformés. – les activités sont diverses : parcs naturels, parcs d’attractions, tourisme vert, séjours saisonniers à la montagne. · Tourisme vert : tourisme rural.

Pourquoi la Creuse est-elle une zone à faible densité ? a/ A propos de la Creuse on peut dire que c’est un territoire isolé par rapport à sa très faible densité de population : 22 hab/km2, soit 5 fois moins que la densité moyenne française qui est de 115 hab/km2. b/ La Creuse est en effet un département « isolé et vieillissant ».

Où se situent les espaces de faible densité ?

Zone à faible densité : territoire dont la densité de population est inférieure à 30 habitants au km². Ce sont les régions les moins peuplées de France. Les zones les moins peuplées sont : la diagonale du vide mais aussi les zones rurales (campagnes, forêts) et les montagnes.

Pourquoi les espaces de faible densité attire de nouveaux types d’habitants ?

Certains espaces à faible densité accueillent de nouveaux résidents à la recherche d’une meilleure qualité de vie : tranquillité, proximité avec la nature, ensoleillement (à l’Ouest comme au Sud).

Comment calculer la longueur d’une diagonale ?

Comment calculer la longueur d'une diagonale ?

La ligne jaune (appelée la diagonale) est calculée par le théorème de Pythagore et est égale à la racine carrée de (a² + b²).

Comment calculer la longueur des diagonales d’un carré ? La formule de Pythagore est : AB² = AC² BC², où AB² serait d, la diagonale du carré. Ainsi, pour calculer la diagonale d’un carré, il faudra utiliser la formule suivante :, où d est égal à c fois la racine carrée de 2.

Quelle est la diagonale d’un rectangle ?

La diagonale d’un rectangle est le segment qui joint deux arêtes non consécutives de la figure. Ainsi, chaque rectangle a deux diagonales. Autrement dit, les diagonales sont des lignes obliques qui joignent deux sommets opposés de la figure.

Comment calculer la longueur de la diagonale d’un losange ?

Pour calculer une des diagonales du losange connaissant son aire, on fait : Grande diagonale = (Surface X 2) / (petite diagonale) ou encore petite diagonale = (Surface X 2) / (grande diagonale).

Comment calculer la longueur d’une diagonale d’une pyramide ?

Ses côtés [SA] et [SC] ont pour longueur la longueur des arêtes de la pyramide. La longueur du côté [AC] est la longueur d’une diagonale du carré de base (est calculée dans le triangle rectangle ABC en B : AC2 = BA2 BC2).

Quels sont les atouts et les dynamiques de la région rurale cévenole ?

7- La région rurale des Cévennes est peu peuplée. Elle possède des activités telles que ses paysages naturels (Gorges du Tarn, montagnes) qui sont protégés grâce au classement de la région en parc national. Ce classement permet de protéger le patrimoine naturel et culturel d’une région.

Pourquoi peut-on dire que Val d’Isère est un territoire attractif ? Le rôle de la Maison de Val est d’assurer la cohérence entre la population permanente et les touristes. Il permet également d’assurer une vie locale et culturelle lorsque la fréquentation touristique est moindre.

Quelle sont les atout des Cévennes ?

Terre de refuge, les Cévennes sont connues pour leurs paysages d’exception, leur authenticité et leur nature. Ce territoire propice aux découvertes et aux rencontres s’étend sur plusieurs départements : Gard et Lozère pour l’essentiel, mais aussi Ardèche et Hérault.

Quels sont les atouts et les dynamiques des espaces de faible densité ?

Atouts exploités par les zones peu denses Les massifs montagneux sont occupés par des infrastructures de sports d’hiver qui attirent de nombreux touristes. Ils essaient aussi de diversifier leurs activités pour attirer les familles l’été : VTT, escalade, sports de rivière, randonnées, équitation…

Pourquoi habiter au Cévennes ?

Terre de migration par excellence, les Cévennes sont aussi réputées pour les activités nautiques, comme la baignade, la pêche, le canyoning et surtout le canoë le long de l’Hérault. Les falaises du Thaurac à Saint Bauzille de Putois offrent de très belles voies d’escalade.