Longtemps perçue comme un « plan B », la formation professionnelle est encore peu connue, mais est de plus en plus perçue comme un véritable choix de carrière.

« Il y a vraiment une amélioration dans la perception » de ce type de formation, se réjouit Chantale Beaucher, directrice de l’Observatoire de la formation professionnelle de l’Université de Sherbrooke.

Selon une enquête récente, la formation professionnelle ne représente une option par défaut que pour une minorité d’étudiants.

Au secondaire, ces formations sont maintenant perçues comme tout aussi valables que celles offertes au cégep, ajoute Geneviève Baril, conseillère à l’école publique La Camaradière à Québec.

« Avant, quand je présentais les brochures PF dans un groupe, il y avait des élèves qui levaient la main pour le prendre, un peu gênés, raconte-t-il. Maintenant, j’ai une vingtaine de mains levées. Nous manquons de flyers ! »

Cependant, il reste encore du chemin à parcourir dans plusieurs écoles. Plusieurs étudiants en formation professionnelle ont déclaré au Journal qu’ils n’avaient presque jamais entendu parler de ces programmes pendant leur scolarité au secondaire.

C’est le cas de Mattéo Bérubé. Étudiante au cégep à l’automne 2020, elle « s’est cognée » seule devant son ordinateur, en suivant des cours en ligne.

« C’était vraiment difficile. Nous n’avons parlé à personne et j’étais seul à la maison. Je me suis dit qu’il fallait que je m’en aille avant que ça n’empire », raconte-t-il.

Il a tout quitté pour travailler dans une quincaillerie jusqu’à ce qu’il décide de s’inscrire en aménagement paysager au Centre de formation horticole de Laval. « J’étais très motivée, cette formation touche vraiment à tous mes centres d’intérêt, raconte une diplômée depuis début juillet.

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Mattéo, qui a étudié dans une école secondaire privée de Montréal, regrette de ne pas avoir entendu parler davantage de la formation professionnelle dans les banques scolaires. « Nous avons eu plusieurs séances d’information et des visites du cégep. Dans ma tête c’était CEGEP ou rien. J’ai su… »

Pourtant, après deux ans de pandémie et d’école en ligne, Geneviève Baril estime que la formation professionnelle pourrait être encore plus attractive pour certains.

« Les jeunes sont assis depuis deux ans, ils sont fatigués, ils en veulent plus », a-t-il déclaré. Sa motivation scolaire en a été affectée, on entend souvent : « Madame, à quoi me serviront les mathématiques ? ». Je pense qu’il est encore plus temps de mettre en avant ces formations qui sont plus concrètes.

– Avec la collaboration de Dominique Scali

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